Simon C.
Noah Kahan
𓃗
Not today Justin
Keni

tannertan36
One Nice Bug Per Day
Claire Keane
Mike Driver

macklin celebrini has autism

bliss lane
Jules of Nature
taylor price
he wasn't even looking at me and he found me
Sade Olutola
todays bird
hello vonnie

#extradirty

titsay
🩵 avery cochrane 🩵
seen from Dominican Republic
seen from United Kingdom

seen from United States

seen from Australia
seen from United States

seen from Türkiye
seen from United States

seen from France

seen from Australia
seen from United States

seen from Australia

seen from United States

seen from Singapore

seen from Spain

seen from France

seen from United States

seen from Türkiye
seen from United States

seen from Japan
seen from United States
@theexpressmusic
Simon C.

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch • No registration required • HD streaming
Arctic Monkeys – Tranquility Base Hotel & Casino
Les singes de l'arctique ont-ils été victimes du réchauffement climatique ?
Belle tornade que souffle cette sortie d'album pour l’une des grandes références de l’Angleterre. La notoriété mondiale a grandi au fil des ans, et au poil de barbe près sur le menton des quatre hommes transformés. L’oubli du fluorescent adolescent est total, la trentaine est un tournant ; une invitation qu’Alex Turner a écrit sur son Steinway Vertegrand depuis son exil à Los Angeles. Tranquility Base Hotel & Casino est loin de l’album type des Arctic Monkeys. Le manoir de Bruce Wayne en est le décor : un piano à queue, des cigares et une sordide monture à verres fumés des années 70. C’est donc un quartet plus imaginatif et boîteux qui a été découvert le 11 mai 2018. Un disque de transition nourri par les grands auteurs, qui tente de cueillir la fleur de lys à la musique française.
Dès les premières lignes de Star-Treatment, le parolier se soulage de l’autodérision indie rock dans laquelle il aurait pu basculer s’il avait écrit un album similaire à AM. Le « I wanted to be one of The Strokes » fait résonner un style 60’s/70’s osé pour les Arctic Monkeys. La ritournelle baroque a le ton contemplatif, et s’accompagne de quelques envolées en voix de fausset. La sonorité des rimes rend le tout plus chaleureux. De toute évidence, cela s’accorderait bien sur un fond cinématographique : une influence évidente des Last Shadow Puppets en moins électrique, puisque que l’on quitte le monde du sombre far-west pour une piscine luxueuse dans une villa.
L’image de l’« héroïque malgré soi » du passé est vite effacée. La production est passée entre les mains de James Ford et Turner, qui ont dévié sa trajectoire vers une guitare discrète, et autres claviers à l’élégance vintage. Une entrée en matière plus surprenante que déplaisante, si l’on en juge le risque d’ouvrir l’œuvre avec autant de déroute. Même changement sur One Point Perspective, qui s’écoute devant un coucher de soleil, en plus d’une guitare qui cicatrice le ciel de son solo bluesy. Un genre joliment réussi.
On arrive sur le très court American Sports au refrain volatile, et coincé dans la trame d’une mauvaise démo. C’est un échec rattrapé par le titre éponyme : Tranquility Base Hotel & Casino qui répond à la fois au groove et à un côté classieux. Les quelques notes piquantes jouées au clavecin favorisent la tension amenée par le chorus. Persiste tout de même une impression de redondance rythmique, et durant ces 11 titres, on passe de moments flottants à ceux difficiles à saisir. Golden Trunks paraît fantomatique, et tient du secondaire : une mélodie qui se n’apprête pas à un bon refrain, et une guitare timide qui ne l’emporte pas. L’autre difficulté de la première écoute est le manque évident de singles accrocheurs (Science Fiction, The Ultracheese).
Heureusement, Four Out of Five rassemble tous les bons éléments de l’album : une ballade énigmatique qui avance lentement vers une outro superbement orchestrée. Sous l’air de faux-crooner qu’arbore Alex Turner, il montre sa nouvelle disposition pour faire de la pop décontractée. Pour rappeler au mieux l’atmosphère des singes, She Looks Like Fun oscille entre le calme et le rêche en une seule et même chanson plutôt soul. L’originale Batphone se remarque d’autant plus par sa facette dramatique et ses quelques accords jazzy dans un slow de bal, là où le masque aide les anglais à s’évader avec distinction.
Tranquility Base Hotel & Casino est un nouvel univers à part entière : le « je » a pris le pas sur le « nous ». Musicalement, le leader a réalisé le disque qu’il s’est promis, et non celui que les fans de la première heure attendaient. C’est une nouvelle teinte, et surtout un accès à un niveau bien au-dessus en termes de composition. Après tout, un renouvellement aussi marquant ne serait-il pas synonyme d’une écriture plus libre et maîtrisée - même loin de l’indie ?
Note de la rédaction : 5.5/10
Tango with Lions – The Light
L’indie rock tentaculaire de Tango with Lions repousse les limites de la folk et de la country jusqu’au space-rock, au cœur d’un troisième microsillon intimiste et sentencieux. Après 5 ans de plumes trempées dans l’encrier, Kat (pour Katerina Papachristou) veille sur toute l’écriture de « The Light » avec une représentation plus éclatée de sa musique. Pour la première publication de l’année dans le catalogue du label indépendant grec Inner Ear Records, Hellas se démasque à l’Europe pour une cure de vocalises inspirées. Un mouvement ascendant qui galantise autant les envolées de Radiohead que celles de Sufjan Stevens.
Le premier accès au disque, Back To One, pose les bases grâce à des notes de guitares acoustiques qui s’acclimatent au doux fil de la musique et à des arrangements succins. C’est aussi sombre et poignant que la suite Proof Of Desire, qui intensifie la complainte dans un final explosif trip-hop, là où les choses s’enclenchent. Le groupe se déplace toujours là où on ne l’attend pas. Contrasté par Last Thrill où dialoguent harpe et claviers de Metronomy, le titre éponyme suivant montre la voie à suivre. De quoi dépeindre une ballade aux lignes vocales harmonieuses et à l’innocence programmée par le « children’s choir of Spyros Lambrou ».
Sur un ton plus tendre, Phoenicia raconte un quotidien amoureux dépouillé d’artifices, accéléré d’un tempo modérément insouciant. Comme le veut l’esthétique, Tango With Lions mélange avec aisance les parties concertantes de chaque instrument afin de servir autant la légèreté que le détail, à travers le country-esque Restless Man. Mais aussi surprenants qu’ils puissent paraître, Katerina et ses musiciens s’aventurent dans des résonnances psychédéliques figées sur peu d’accords. What You’ve Become tente de rappeler l’engouement peace and love du rock’n’roll (« Do you hear voices ? And do they approve of what you’ve become ? »).
L’album se referme sur l’obsessionnel The Go-Betweens, dans un paysage où le froid reprend le dessus, comme un écho inévitable à son ouverture. En se terminant par un poème musical désenchanté, L’Ombre est un morceau où l’on écoute le vent souffler par-dessus cette voix lead rayée au plan d’annonce, au travers d’un mégaphone saturé. Tout s’éteint avec effroi sur les mots « Pour tous ceux qui ferment la porte car ils ont peur et ne peuvent pas dormir ».
The Light a intensifié la musique de Tango with Lions, et ne représente pas seulement un nouvel essai discographique. Katerina Papachristou et sa bande gravent le plus recherché de leurs disques, en faisant abstraction du cliché folk, avec une armure musicale antinomique mais noblement impliquée.
‘ Tango With Lions - The Light ‘
Note : 7/10
Singes de l'Arctique à Sheffield.
Les Arctic Monkeys ont une carrière étonnante depuis leur arrivée fracassante sur le marché du rock indé en 2005. À ce moment-là, ils ont 19 ou 20 ans, et aucune réelle envie d'aller à la fac. Entre quelques concerts sulfureux dans les bars, le quatuor enregistre des démos tous les deux/trois mois. Ce sont ces morceaux que le groupe donne gratuitement sur CD lors des fins de concerts, puisque « Personne ne les aurait achetés à l'époque », si l’on en croit le parolier d'une génération désabusée, préférant soumettre sa timidité à la musique.
23 Janvier 2006, les stocks de Whatever People Say I'am, That's what I'm Not (réplique tirée du film Saturday Night, Sunday Morning) sont dévalisés. L’Angleterre rencontre encore une fois l'Europe avec ses singles sous la main, comme si c'était aussi simple de réunir une usine à hits pour un premier album. Le groupe a 4 ans de pratique instrumentale, et dote son esthétique d’un excellent batteur (cf. The View From The Afternoon) et de guitares aussi naïves que géniales. Plus tard, les jeunes hommes s'amusent à dire qu'ils ont battu les scores de ventes des Beatles, mais juste pendant les premières semaines. Tout comme pour les Fab Four, le charisme a opéré : les filles écoutent autant que les garçons cette musique entraînante et pleine de sens, de l'adolescence à l'âge adulte. Et puis Fake Tales Of San Francisco, ça fait danser différemment de Franz Ferdinand. Alex Turner est surtout un malicieux génie derrière sa Stratocaster américaine, blanche comme celle de Jimi Hendrix.
La date qu’on veut retenir, c’est celle du 23 avril 2007. À un moment où la pression devrait être gigantesque, la réalité est noyée dans le rêve et le cirque obscur, au regard de la pochette de Favourite Worst Nightmare. Pourquoi ça devrait être celui-ci, le meilleur album du groupe ? Pourquoi pas Suck It And See ? Humbug ? Oui, mais il y a le premier jet aussi, dont on parlait juste avant. Pour y voir plus clair après onze ans qui vont bientôt nous séparer de sa sortie, on tentera de voir comment l'œuvre des AM demeure un classique du rock indie purement britannique.
Écouter Favourite Worst Nightmare à fort volume en 2018, ça fait encore son effet. À l’époque, les garçons renvoyaient Brianstorm à la face du monde, conscients de leur succès. Un mur de son remplit le lieu dans lequel est diffusé ce premier single de l'album. Un morceau étrange au premier abord, mais terriblement efficace. Le groupe a l'allure d'un TGV pour les quatre morceaux d'entrée : Brianstorm, Teddy Picker, D IS For Dangerous, Balaclava. Après la violente ouverture en fa mineur, le speed Teddy Picker nous parle des machines à pinces qui n’attrapent que très rarement les peluches lors des fêtes foraines bondées. Et voilà qu’apparaissent de nouveaux sons très intéressants, comme cette guitare hurlante qui ondule à travers une cabine Leslie dans le solo de Teddy Picker. Que dire de D IS For Dangerous, pendant laquelle Matt Helders parvient à chanter et jouer de la batterie en même temps ? Et tout va très vite rythmiquement. Pour sûr, ils gagnent en maturité. Tandis que la secousse Balaclava porte en elle un riff et un débit de paroles significatifs, on tombe inexorablement sur une madeleine de Proust : Fluorescent Adolescent, le morceau pop et quasi-enfantin par excellence. Mais entre les lignes, les relations sont montrées du doigt : jamais évidentes. Avec des paroles qui abordent le sexe et l'amour, Alex Turner analyse différents aspects comportementaux d'une jeunesse vouée à l'échec amoureux.
À l'heure où le relationnel est difficile, la musique continue sur Only Ones Who Know, une ballade secrète et intimiste. « That true romance can't be achieved these days » chante Alex dans les dernières lignes des paroles, d’un ton impétueux. Bien évidemment, la passion authentique est l'atout charme de la chanson mélancolique.
Le sentiment d’évasion que procure Favourite Worst Nightmare va encore au-delà. La conception de cet album, scindé en deux parties distinctes à la manière d’un vinyle, nous offre une face B plus sombre, plus expérimentale et davantage osée ; nous sommes dans le cirque de Mr. Kite, plus que jamais. Do Me A Favour réanime les interrogations laissées en suspens dans un crescendo poignant, les singes sont surdoués pour le contemplatif et le rock épais.
On trouve un son plus industriel dans la production des deux joyaux que sont This House Is A Circus et If You Were There Beware, grâce à des atmosphères qui selon nous changent radicalement les Arctic Monkeys. La sauvagerie qu'est This House Is A Circus lâchée par un « In dead man’s eyes », est lancée par le jeune cyclone AM et vacille sur deux accords instables. Le champ de bataille est encore perceptible avec la suite : une transition vers un rêve inachevé. If You Were There Beware est très atypique, et si loin du AM des débuts. Un esprit plus mélancolique et vaporeux gravite. Encore une fois, on assiste à une dualité qui oppose le calme à la tension nerveuse : Alex Turner s'est trouvé une guitare Gretsch particulière qui sonne presque comme une basse durant le pont, et apporte encore une fois du génie au renouvellement du rock indé.
Après l’énergie enchanteresse de The Bad Thing, transition sur Old yellow Bricks. Car on trouve encore à ce stade de l’album un titre qui pourrait faire office d’un single obscur. Toujours dans une alchimie détente/tension qui tourne sur elle-même, le morceau a tellement plu que deux ans plus tard, Britney Spears (vous avez bien lu) s’empare de la mélodie pour son morceau If U Seek Amy, le tout dans un clip évocateur. Oui, les jeunes de Sheffield ont fait danser indirectement les fans de Britney !
La scène finale est romantique et très imagée. 5:05, c'est l'heure à laquelle le protagoniste sera de retour, là où il met fin à l'attente d'une jeune femme recroquevillée dans sa chambre d'hôtel. Une vague histoire qui pousse à l'imagination dans une atmosphère intime installée par l'orgue. Non sans douleur, le troisième couplet explose. Les notes cristallines de Miles Kane à la guitare surgissent avec délicatesse, après toute la tension accumulée jusqu'ici. Il parvient à nous faire rêver, comme toujours. Tout s'est éteint dans le calme brumeux du final de Favourite Worst Nightmare ; on a la sensation d'avoir appuyé trop vite sur l'interrupteur. L'album s'achève en un magnifique drame. Plus tard, Alex Turner version cheveux gominés et cigarette au coin de la bouche reparlera d'une secrète chambre d'hôtel dans Fireside, soit deux albums plus tard...
La culture des Arctic Monkeys est allée, à ce moment là, plus loin que le simple phénomène hype qui embrassait tout le monde sans peine. C'est avec Favourite Worst Nightmare que tout s'est déclenché dans le bon sens, que ce soit du point de vue des compositions structurées avec bizarrerie, ou d’un son et des paroles allant en profondeur des choses. Est-ce nébuleux ? Oui, toujours. Quoi de bien fou que de proposer le premier single hors norme Brianstorm, qui répondait à l'urgence d'un succès stimulé ? Favourite Worst Nightmare remet en question l'ordre établit du précédent disque : la ferveur s'écoute et s'entend sur ce que l'on prétend être l'album parfait, celui qui s'écoute d'une traite et sans ménagements.
Qui sait ? Peut-être que l'on dira que Suck It And See est un écho en tonalité majeure à FWN ? Ou bien que Humbug est forcément l'authentique brèche discographique du quatuor ? Autant de questions qu'il y a de force qui s'échappe du deuxième LP d'AM.
L’année 2007 confirmait ce succès avec un Brit Award du « meilleur album de l'année » au placard. Alors qu’on leur demandait lors d’une interview : « Quel membre a conservé le trophée dans son appartement ? », Jamie Cook répondait vouloir mettre le Brit Award au four pour « voir s’il fond ». Non, aucune mouche n’avait piqué les jeunes hommes. Quoi que maintenant, on ne sait plus trop…
“Well see you later, innovator”
Jen Gloeckner – VINE
Jen Gloeckner avait déjà un sens aiguisé des mélodies dans son album folk Miles Away. À présent, elle revient transformée après quelques années d’absence ; un rendez-vous avec l’album le plus brillant de sa discographie. Enregistré et produit « dans sa chambre » (pour reprendre les mots du livret), VINE s’inspire de Radiohead, Portishead ou encore Massive Attack. On apprécie aussi bien les petites ballades que la musique quasi-trance de Firefly (War Dance). Jen mélange les genres sans donner l’impression que l’album est hétérogène. Un monde où cohabitent l’electronica psychédélique et les arrangements de cordes. Elle est un mélange de Bjork et de Sufjan Stevens à elle seule…
Premier morceau que l’on associe à une introduction très planante, vine est une musique douce : une rencontre première avec une voix chaleureuse et particulière sur un beat electro. Quant à la suite, on rentre directement dans le trip-hop instrumental qui rappelle la musique de films qu’affectionne Luc Besson : fou, mais très prenant.
Puis les virages musicaux viennent secouer tout ça. Ginger Ale est sans doute l’apothéose pop de l’album, avec des arrangements instrumentaux qui pullulent et un refrain franchement sublime. Une similarité néanmoins bien accordée au titre suivant The Last Thought, que l’on ajoute à la liste des titres qui marquent.
L’esprit de ballade est souvent de mise tout au long du disque. Prayers, avec sa structure rêveuse, nous transporte ailleurs comme si de rien était. L’ambiance de cette dernière moitié d’album est un voyage dans les nuages. Plus éloignée du côté sombre des premiers titres, la chanteuse dessine sa musique par des touches impressionnistes.
VINE joue sur le fil du rêve déstructuré qui anesthésie la pop-synthétique pour lui redonner un nouveau souffle débraillé. Jen Gloeckner est aussi insolite que palpitante, curieuse et surtout surprenante.
Ecoute de l’album
Note de la rédaction : 7.5/10

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch • No registration required • HD streaming
Royal Blood - How Did We Get So Dark ?
Quand vient le temps du deuxième album, la pression est grande. L’idéal n’est-il pas de faire aussi bien que le premier disque ? Voire mieux, afin de confirmer son intérêt ? Car aussi fulgurante qu’elle soit, la carrière des Royal Blood a décollé telle une fusée, et ce grâce à de nombreux éloges de la presse, mais aussi au soutien de Jimmy Page. En vrai, tout le monde se les arrache : des premières parties d’Arctic Monkeys à celles des Foo Fighters, en passant par Glastonbury ; le tout avec un seul album au compteur. Tout est allé très vite. Les deux gars de Brighton ont remanié l’idée qu’on se fait des duos de garage rock. Son de basse ou son de guitare ? Les deux, en fait. Avec en plus une batterie qui tabasse, Royal Blood est un espèce d’OVNI, et comme tout nouvel objet, il questionne autant qu’il peut intéresser. L’idée première qu’on se fait des duos rock : « Y en a des centaines, pourquoi encore un ? ». Ce n’est pas faux. Mais si on y regarde de plus près, ils ont tous un petit truc à eux. Les Kills, les White Stripes, les Black Keys pour les plus connus, se sont différenciés. Royal Blood ne prêchent pas le hard-blues en permanence. Loin de là, et c’est plus rude que ça. How Did We Get So Dark? nous secoue dans cette virée d’octaves, de structures décomplexées, et de cette usine à riffs. How Did We Get So Dark? démarre plutôt bien et révèle instantanément que le groupe s’est remis en question. Grâce à un mixage audio bien au-dessus du premier album, une voix plus assumée, on arrive à quelque chose qui en jette. Ce premier titre au son pourtant violent a pourtant son côté pop, ce qui n’enlève en rien l’efficacité du refrain. Le groupe bouscule sur le lancinant I Only Lie When I Love You, passe par trop de similarités avec Queens Of The Stone Age sur She’s Creeping, mais propose du nouveau. Le groove de Lights Out fait tout trembler, et transforme le titre en tornade sonore. Et c’est encore pire sur Hook, Line & Sinker, où l’on approche l’énergie du métal. Puis il y a des morceaux plus étranges à aborder. Don’t Tell, c’est plutôt du déjà fait pour les Royal Blood. Hole In Your Heart dénote également, les claviers manquent le coche. Le dernier morceau est une synthèse de l’album, du calme à la tempête. À travers ce deuxième disque, les Royal Blood ne se sont pas trompés. Ils confirment tout de même leur concept en plus développé. Un disque charnière qui marquera leur identité ?
Ecoute de l’album
Note de la rédaction : 8/10
Pixx - The Age Of Anxiety
Hannah Rodgers alias Pixx est une jeune londonienne qui s'est faite connaître dès son premier EP, Fall In, en 2015. Loin d'être brouillon, ce premier essai qui mélangeait pop rêveuse et folk connaît maintenant une suite logique, avec cette fois-ci un vrai album : The Age Of Anxiety, sur le label 4AD. Croisement entre l'électro-pop de CHVRCHES ou de Pulp et la musique ambiante/new-wave, l'album de Pixx fait preuve d'une maturité déjà bien avancée. The Age Of Anxiety est un album agréable qui s'écoute facilement. Avec une production impeccable aux sons noyés dans les réverbérations, on pense que l'influence de St.Vincent y est pour quelque chose. I Blow Down ouvre les hostilités avec entrain, le tout dans un cadre pop rock et une dynamique qui se fait attendre sans pour autant tomber dans la frustration. Cependant, l'ouverture du disque ne reflète pas l'ambiance générale qui est elle plus intimiste, comme renfermée dans un cocon introspectif. En effet, le deuxième titre Toes représente un peu plus l'idée directrice de The Age Of Anxiety : une sorte de mélancolie digitale étroitement liée aux vagues synthétiques et à la guitare chorus vacante. Et ce qui ficèle le tout avec charme, c'est bel et bien la voix pure et maîtrisée de la jeune femme. Les singles accompagnés de leurs vidéo clips mettent l'eau à la bouche. Le très dansant Waterslides représente l'une des pierres précieuses de l'album avec efficacité et jovialité. Pour le coup très homogènes, les douze morceaux proposent tous un petit quelque chose de différent dans la même ligne éditoriale, sans pour autant se répéter : on ne s'ennuie pas face à Pixx. Tandis que Grip repose les oreilles dans un calme doux affecté par cette même guitare qui traîne de temps à autre, Everything Is Weird in America marque à nouveau l'amour des synthétiseurs et des refrains accrocheurs. Un peu plus loin, Baboo augmente un peu plus la dose de guitares mais avec parcimonie, dans un mood plus dream-pop, rendant l'album encore plus plaisant qu'il ne l'était déjà : magnifique, épuré et respirant. C'est vers cette tournure plus atmosphérique que concluent les derniers titres de The Age Of Anxiety. Hormis le fait que le morceau The Girls radote quelque peu par rapport ce que l'on a déjà entendu, Mood Ring Eyes, en revanche, ne nous laisse pas sur notre faim : les pistes vocales brillent à nouveau dans un climat reposant, emprisonnées de quelques petites envolées tout à fait délicates. Si l'électro-pop devient ce qu'elle devient à l'heure actuelle dans un bouillonnant et riche paysage musical, Pixx s'éloigne des grands clichés du genre. On sent, de la part de la chanteuse, une véritable recherche musicale, sans pour autant tomber dans les artifices que peut offrir le studio. Pixx est un véritable hybride synth-pop qui ne tombe jamais dans le mauvais goût.
Ecoute de l’album
Note de la rédaction : 8/10
Kasabian - For Crying Out Loud
C'est sûr, Kasabian est dans le « game » depuis longtemps sur la scène indie rock anglaise. Ayant vendu plus de cinq millions d'albums, des tournées qui n'en finissent pas, des awards par pluie, Kasabian s'est forgé une solide réputation au fil d'une carrière dense. Le groupe serait-il pour autant un manège à sensations, s'il sortait ce dernier album comme s'il était le premier ? Franchement, pas sûr. L'avant dernier, 48:13, avait déjà provoqué une division chez les fans ; entre les fervents supporters des débuts et une musicalité qui s'éloigne parfois un peu trop dans le mielleux, For Crying Out Loud risque de ne pas plaire à tout le monde. Et nous ne mentionnerons pas The Stones Roses. Dès III Ray (King), une ouverture typique de Kasabian avec toute la grandiloquence qu'elle implique, on en prend plein la tête directement. Un exercice devenu rituel. Passons au single You're In Love With A Psycho qui, par des traits poppy, subjugue la brit-pop (oui encore elle, dans un piteux état), mais rien ne décolle comme on le voudrait. Un titre trop plat, peut-être ? À vrai dire, Kasabian est un groupe plus approprié au rock musclé dans lequel il excelle, dans cette conquête du son énorme et massif, vous voyez ? Mais voilà, le groupe déjà bien rôdé a souhaité se dénoter dans la pop parfois réussie, parfois chewing-gum. Good Fight se situe un peu entre ces deux mondes : ce n'est pas déplaisant à écouter tant les codes pop sont ancrés dans nos têtes, mais le morceau n'est aucunement caractéristique du talent de Kasabian, plus inspiré auparavant. On note tout de même des prises de risque dans ce For Crying Out Loud, si l'on se rend compte des styles abordés. Wasted (et son nom l'indique) fait musicalement penser à un mauvais remix dance plutôt qu'au groupe. C'est plus loin qu'il faut aller les chercher : les dernières pistes attestent d'un monde psychédélique plus coloré, sans compter The Party Never Ends, une transition qui plaira aux fans de l'album AM. Là où tout bascule, le groupe a le contrepoids. À partir de la huitième piste, nous sommes enfin dans le vrai de Kasabian, celui qui transmet la jovialité. Are You Looking For Action est un trip typé électronique des années 90 que les Chemical Brothers ne renieront pas vraiment. Une petite folie de plus de huit minutes qui englobe la transe à la guitare talk-box, qui mêle le côté improvisé à des notes de saxophone dans une atmosphère aérienne. Pour se reposer, la ballade acoustique suit une bonne logique quant au choix des enchaînements. Kasabian est aussi une machine à « hymnes », des refrains proches de leur culture pour le ballon rond ont toujours été l'une des caractéristiques du groupe. Et c'est évidemment là ou l'on veut en venir lorsqu'on écoute Sixteen Blocks : une mélodie très entêtante et efficace. Et qui ira de pair avec l'avant dernière chanson Bless This Acid House, très punk des belles années. Le groupe s'en va avec une dernière chanson qui rendrait hommage à Tender de Blur, dans l'esprit. Celle-ci se laisse écouter sans être très percutante à l'esprit. Le groupe de Leicester n'est pas le plus en forme sur cet album. Celui-ci se trouve assez sectionné, la magie n'opérant pas sur l'homogénéisation de l'ensemble affecté par cette déficience. L'autre et intéressante façon serait de découvrir leurs morceaux ancrés aux classiques du groupe dans une tournée, qui imaginons-le, sera synonyme encore une fois de show démesurés.
Note de la rédaction : 5/10
Desperate Journalist – Grow Up
Trois ans se sont écoulés depuis le premier album du même nom. La formation londonienne Desperate Journalist calque son nom sur un titre de The Cure, avec une légère tendance new-wave dans sa musique (Resolution). L’ensemble contrasté défend lourdeurs des guitares et cordes vocales féminines liquoreuses. Grow Up est un album varié qui rend la pop britannique moins clichée et plus chaotique.
Des influences plurielles dessinent le fond musical du groupe, héritées des Smiths, de Suede et d’autres du genre. L’efficacité et le dynamisme des premières pistes laissent planer le bon présage. Le groupe semble avoir pris son temps avec maturité pour cette fameuse étape du second essai. Hollow, le single Be Kind ainsi qu’All Over proposent de l’épique dans un espace rêveur. Quelques titres sortent du lot dans cet esprit positivement pop ; c’est le cas de Why Are You So Boring ? qui relève du lendemain difficile de Purple.
C’est cet autre aspect qui est aussi majoritaire dans le disque : progresser vers l’épuré en laissant de côté les murs de sons de guitares. Là est la véritable différence avec le premier album éponyme. La seconde moitié l’album est davantage dans la retenue, pour un dénouement mélodieux. De bons enchaînements permettent à chaque fois de relancer la machine sans qu’on se lasse rapidement. I Try Not To est incroyablement bien construite, et les arrangements de claviers en deviennent oniriques. Ils ne mentent pas sur la définition d’une musique persuasive. Tandis qu’Oh Nina représente l’une des pierres précieuses de l’album, la fin littéralement opposée à l’ambiance précédente est constituée d’une ballade piano/voix plus mélancolique. En fait, le groupe aurait pu s’en passer car celle-ci laisse un peu sur la faim sans apporter de choses en plus sur le disque.
Pour Desperate Journalist, Grow Up est une avancée empirique. Le travail studio a fait gagner au quartet un autre angle musical, coloré et réverbéré. Il ne leur manque plus qu’une ultime flamme qui les fera reconnaître comme un groupe assidu de la scène indie rock anglaise. Qui sait ?...
Ecoute de l’album
Note de la rédaction : 3/5
ALEXIS TAYLOR - Listen With(out) Piano
Vocaliste et multi-instrumentiste émérite, l'évadé de Hot Chip Alexis Taylor a sorti les couverts en argent. En cette période où un autre membre du groupe (Joe Goddard) et lui sortent chacun un disque, Mr Taylor joue la carte de l'innovation, en réarrangeant son disque Piano paru l'année dernière. Dans sa publication en version deluxe, Listen With(out) Piano restitue l'album sans piano, puis avec instruments dans le second disque. L'instrument à cordes frappées étant la base des chansons, sa démarche s'avère intéressante et nous allons voir pourquoi. On est loin, voire très loin de son groupe poppy-électronique. Alexis Taylor laisse tomber la dance pour quelque chose de plus intimiste et travaillé ; une période classique et romantique pour le chanteur. Les instruments principaux sont tous malignement représentés sur la pochette, histoire de dire que sa musique dépouillée respire plus l'organique que l'électronique. I'm Ready, en guise d'introduction, déclame d'ailleurs très bien cet aspect « plus simple, mais plus beau » ; un démarrage où les voix planent et s'entremêlent dans une atmosphère paisible. Mais les changements les plus notables sont aussi plus flagrants dans cette version de l'album où ce fameux piano est absent. En effet, Alex Taylor a su profiter de son savoir empirique pour donner à sa musique très calme, une autre ampleur bien plus profitable. Des nappes de claviers, des réverbérations et bizarreries électroniques constituent le nouveau « background » de l'album Piano. Le traitement et le mixage des voix ont été également revus, et ces dernières en ressortent améliorées. Non pas que le couple piano/voix soit une mauvaise idée, mais comme on l'exposait dans notre dernière chronique consacrée au compositeur britannique, Piano était assez easy-listening. Ici, Listen With(out) Piano est plus recherché et plus « expérimental » dans ses arrangements. Crying In The Chapel est la preuve que l'accompagnement instrumental, moins limité, fait preuve d'une nouvelle recherche qui conclue indéniablement sur le beau. L'album aux sons prolifiques et parfois psychédéliques reste dans la retenue. Alors que lui reprocher, si ce n'est l'absence d'une section rythmique, qui au final, dénaturerait l'effet escompté ? Alexis Taylor réinvente ses compositions donnant un rendu, disons plus intéressant et un peu moins soporifique. Un travail allant bien au-delà qu'une simple re-masterisation, qui de toute façon, n'aurait pas eu lieu d'être. Listen With(out) Piano rend ainsi bien plus service à la musique que son précédent jet très dépouillé.
Ecoute de l’album
Note de la rédaction : 6.5/10

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch • No registration required • HD streaming
Sleaford Mods - English Tapas
L’univers minimaliste et argotique des Sleaford Mods est un succès depuis pas mal de temps déjà. Critiques à l’égard de la société motivée par la conviction de lutter contre les injustices (leur sujet favori), ils racontent la rue et la classe ouvrière comme un serment. Ce nouveau « rendez-vous » via leur actuel label Rough Trade Records promet plus qu’un apéro. Nommé English Tapas, le disque est un recueil de poésies contemporaines « schlag » fortes de sens. Et on aime être bousculés. Habituellement, un album de Sleaford Mods est toujours synonyme d’un travail studio court, concis et enregistré sur le vif, une énergie ressentie dès la première piste. Comme chacun le sait, leur truc à eux, ce sont les textes : Jason Williamson est un anti-leader provocant. N’oubliez jamais que le groupe s’oppose à la plupart des trucs. Chaque chanson propose son lot d’attaques : « Punk's Not Dead, Well, it is now or does no one care about you ? ». Ça amène à se demander : qui s’occupe de quoi que ce soit, de toute façon ? La vision des Sleaford Mods est véridique et sincère. Leur parole, elle, ne fait pas dans la dentelle. Et dès que le disque démarre, on se prend une bonne baffe. Hargneuse, underground et répétitive, la musique se limite à la boîte à rythmes sous une ligne de basse souvent hasardeuse... mais foutrement géniale. L’album est cinglant dans son ensemble, ce qui n’empêche pas quelques nouvelles recherches au niveau des boucles : ça reste primaire, bien sûr. Mais quelques instrumentations sont intéressantes dans le style, de Daytrone Manored avec son ton décapant à Cuddly, avec son aspect plus électronique. Les histoires racontées ont un point de vue interne assez convaincant. English Tapas est un album social. Les anglais crachent sur la société de consommation (et ses dirigeants) en couvrant ceux qui n’en profiterons certainement jamais. Il est clair que le Brexit ne leur a pas remonté le moral. L’aspect « No Future » n’est-il pas d’autant plus vrai aujourd’hui ? L’album permet à Sleaford Mods de continuer la lutte interminable des classes. Finir par I Feel So Wrong, c’est dire si le problème persiste. Le sentiment de traîner des pieds farouchement sur le sol persiste, mais les membres de Sleaford Mods font partie des rares artistes actuels à être défaits d’une quelconque aliénation outrancière. Leurs pieds sont sur terre, fait assez rare pour être souligné.
Ecoute de l’album
Note de la rédaction : 8/10
Dutch uncles – Big Balloon
En 2011, les revendicateurs de la heavy pop étaient représentés par les mancuniens de WU LYF. En 2017, Dutch Uncles développe la math-pop, un style fait de structures complexes mélangeant différents genres. En gros, ça part dans tous les sens et sans prévenir. Mais qu’est ce que c’est fou ! Et lorsque les membres du groupe s’expriment sur leur disque Big Balloon, ils disent avoir été inspirés par la solitude, la thérapie, le cerveau de Bowie et le poulet frit.
Indescriptible ? Cela ne fait aucun doute. On a l’impression qu’il y a deux ou trois chansons en une. Pourtant, l’ouverture est assez classique. Big Balloon est un rock binaire ensoleillé et convaincant. La voix de ténor rappelle beaucoup les sonorités utilisées par le groupe Hot Chip : on retrouve une technique vocale aiguisée qui se frotte à l’amusement. Après le titre pop Baskin’, Big Balloon lâche une bombe. Avec Combo Box, l’ambiance est dansante. Le groupe chavire sur du funk synthétique qui transpire la méga-production. Un grand clin d’œil au géant Prince qui plaira au plus grand nombre. Same Plane Dream continue dans le délire funk-adélique du style Honky-Tonk futuriste souvent décousu, avant d’être rattrapé par l’évidence des refrains.
En milieu d’album, on retrouve cette facilité à pondre des moments absolument brillants d’ingéniosité mélodique. Ballade pianistique et arrangements de cordes orchestrent Achameleon dans un sublime voyage au-dessus des nuages. Un grand « oui » pour ce coup de cœur. La fin de l’album, elle, va crescendo. Les morceaux qui n’ont pourtant pas beaucoup de similitudes se retrouvent reliés les uns aux autres, comme un livre ouvert. Hiccup rajoute un peu plus de folie, digne d’une diligence qui avance à toute allure. Après les claviers à la The Who dans Streelight, Oh Yeah sera peut-être le point faible si l’on est tatillon. Overton ferme l’album dans un rythme fort décadent. Psychédélique à souhait, le rock expérimental entraîne dans la spirale des sixties/seventies.
Avec une bonne récurrence d’idées nouvelles et une certaine habilitée à jouer avec la mélodie, Big Balloon détruit les codes et propose l’inhabituel plutôt que la redite. Même si l’album n’est pas facile d’accès pour tout le monde, quelque chose nous dit que chacun peut y retrouver son compte. De façon novatrice, Dutch Uncles est un bijou difforme et rare de l’indie pop.
Ecoute de l’album
Note de la rédaction : 8/10
Toothless est le side-project d'Ed Nash, bassiste du quatuor Bombay Bycicle Club, et sans le savoir, on repère vite les similitudes. Un album qui se veut déjà convaincant après la sortie du single Sisyphus en novembre dernier. Mélodieux et agréable, The Pace Of Passing réécrit une page de l'indie pop avant de démarrer une tournée dans son pays natal. Charon est une introduction smooth assez décevante qui ne reflète pas du tout l'album. Passons donc sur le vrai charisme du disque. La production doit être relevée puisque elle met en évidence avec brio les voix cristallines, et nous fait croire que nous sommes dans un cocon. L'appui de la chanteuse Marika Hackman donne du souffle et une ambiance angélique dans Palm's Backside. Même si les guitares sont souvent en retrait, les claviers, eux, brillent dans l'opportunité planante qui leur est laissée, et la chanson Party For Two en featuring avec Liz Lawrence ne nous fera guère mentir. Sans tomber dans le cliché synth-pop, le fil de la musique est logique, et le musicien a l'aisance de proposer une alternance entre des morceaux doux et d'autres plus denses. De construction quasi-jumelle, ce sont You Thought I Was Your Friend (I Want To Hurt You) et The Sun's Midlife Crisis qui suivent. Si on peut étiqueter ces morceaux comme des « ballades », il y a toujours un moment où tout décolle avec un tutti instrumental, et c'est bien le plus important. Comme vous l'écouterez, peu de titres sont à jeter et chacun a un bout de paradis comme dans le refrain de Alright Alright Alright, ainsi que dans le plus lancinant The Midas Touch. Toothless nous convainc qu'écrire des chansons assez lentes ne va pas forcément de pair avec l'ennuyeux. La fin de l'album est un véritable coup de cœur, résultat d'idées musicales encore plus rafraîchissantes. The Sirens et Terra explosent à chaque fois d'une énergie dantesque qui nous laisse penser à un tableau de la nature. Ed Nash débute de manière joviale en proposant une réelle alternative à Bombay Bicycle Club, en plus nuancé. Même s'il ne s'agit pas d'un album parfait, le résultat est prometteur, prouvant qu'il y a bien un après dans la carrière du bassiste.
Ecoute de l’album
Note de la rédaction : 7/10
LED ZEPPELIN
Le groupe était destiné à se cracher au sol comme un ballon dirigeable selon Keith Moon et John Entwistle des Who. Pourtant ce qu’il nous reste aujourd’hui de Led Zeppelin n’est pas une simple collection de standards du rock. Jimmy Page a donc décidé de s’occuper de la réédition complète du catalogue des Zeppelin l’année dernière. Mais c’est en septembre 2016 que la dernière réédition a eu lieu : il s’agit du disque BBC Sessions (enregistré entre 1969 et 1971) qui comporte les débuts du groupe, et quelques inédits. La boucle est bouclée, on vous donne cinq bonnes raisons de réécouter les quatre surdoués :
1. Ils ont posé les bases du Hard-Rock.
2. Jimmy Page a supervisé chaque enregistrement du groupe, il en était le producteur. A chaque fois.
3. Entre la quadrilogie Led Zeppelin, Houses Of The Holy et Physical Graffiti, vous hésiterez toujours à nommer votre album préféré.
4. Le groupe a toujours cherché à se renouveler : du blues au folk, de la pop au rock en passant par les musiques traditionnelles orientales et celtiques non sans oublier la country, le groupe savait à peu près tout faire.
5. Parce que nous ne trouverons plus jamais de batteur à la hauteur de John Bonham qui a réinventé l’utilisation de l’instrument.
Et parce qu’il n’y pas que Stairway To Heaven dans la vie, vous trouverez ci-dessus une playlist de trois heures afin de réécouter le monument musical qu’a créé le groupe.
Young Legionnaire – Worship
Trio de rock barré d’outre-manche, Young Legionnaire nous présente un enregistrement ambitieux, solide et foutrement énervé. À la frontière entre le métal et le punk, le groupe fait contraste avec un chant clair saisissant ainsi que des envolées instrumentales à la hauteur de ce style qui alterne entre le doux, le beau et surtout l’énergique.
Year Zero démarre les hostilités dans une tourmente psyché tout à fait planante, entrecoupée d’un refrain engagé pour le moins sonore. Mais ça, c’était avant. En effet, le groupe propose un sacré lot de déflagrations sonores. Heart Attack est la rythmique bancale saupoudrée d’atmosphères lentes rendant le calme encore plus excitant. C’est d’ailleurs dans cet esprit que les chansons fonctionnent. Malmenées dans le noise, les mélodies redescendent souvent vers quelque chose de plus chaleureux lors des ponts et des transitions : une technique complètement schizophrénique qui fait ses preuves en retenant notre attention. Puisqu’avec eux on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre, la pseudo-ballade Simone est la preuve que rien n’est aussi doux que son introduction. Histoire d’en rajouter une couche, la fabuleuse piste Candidate en laisse bouche bée plus d’un, de par la puissance qui émane d’elle. Ici, on se rapproche plus d’un pitbull agressif qui n’a rien à se mettre sous la dent, plutôt que du yorkshire de grand-mère…
Crescendos et décrescendos passent à vitesse grand V. L’auditeur est sous la pression après la pop héroïque de Balaclava. Quant à Shawn-off Shotgun, l’une des chansons sulfureuses qui fonctionne le mieux, fait (sans doute malgré elle) de l’ombre à You & Me, qui a pourtant son charme. Cependant, l’impression de déjà vu est là. Hospital Corners relance la machine infernale du Young Legionnaire dans des épopées toujours aussi fascinantes d’énergie violente positive, tout comme Disappear, d’ailleurs. Et si ces murs de sons ne se sont quasiment pas tus depuis, c’est pour garder le plus « sensible » pour le final. L’au revoir dégouté du titre There Will Be An Escape Hatch apparaît comme une douceur malformée. Contrairement à ce qui vient d’être annoncé, cela ne pourrait déplaire, si ce n’est cette fausse montée instrumentale qui s’effondre rapidement dans un paysage brumeux.
Worship est pour le groupe une façon de montrer que son potentiel n’est pas dû au fruit du hasard. Ce deuxième essai est plus convaincant et plus travaillé grâce à une production qui homogénéise le tout dans un cadre propre à l’esprit rebelle. Pas de doute, les Young Legionnaire écrivent leur musique singulière à la mention purement glorificatrice, dans un style rock aux dérivés hautement infatigables.
Titres conseillés : Heart Attack, Candidate, Shawn-off Shotgun, There Will Be An Escape Hatch
Ecoute de l’album
Note de la rédaction : 7.5/10

Anya is live and ready to show you everything. Watch her strip, dance, and perform exclusive shows just for you. Interact in real-time and make your fantasies come true.
Free to watch • No registration required • HD streaming
TOP 20 des albums de 2016
Thomas Cohen - Bloom Forever
Slaves - Take Control
Radiohead - A Moon Shaped Pool
Beyonce - Lemonade
Drake - Views
Anderson Paak - Malibu
Frank Ocean - Blond
David Bowie - Blackstar
Cymbals Eats Guitars – Pretty Years
Mr Oizo – All Wet
Mac Miller - The Feminine Divine
Wilco - Schmilco
M83 - Junk
Deftones - Gore
Diiv - Is The Is Are
The Last Shadow Puppets - Everything You’ve Come To Expect
Wire - Nocturnal Korean
Kanye West - The Life Of Pablo
Blossoms - Blossoms
Kendrick Lamar – Untitled Unmastered
Funeral Suits – Islands Apart
On resitue le contexte : Dublin, un petit quatuor de pop/rock alternatif compose depuis 2008 des chansons ambiancées, pleines de grandiloquence. Il est possible que cela plaise davantage au public qui bave devant M83 et Passion Pit plutôt qu’à celui de U2. Après un premier album mitigé selon certains, on réalise finalement qu’il ne l’est pas tant que ça… Lily of the Valley paraît bien meilleur que le dernier, qui, à notre avis, sera vite oublié. Sachez néanmoins que c’est après leur séparation qu’est né ce projet d’offrir aux fans ce disque ultime. Vous l’aurez compris, nous partons mal.
En effet, ce nouvel album produit par Jochen Schmalbach n’est vraiment pas un succès : il est comme écrasé dans le paysage musical représenté par les idoles du groupe. Des chansons trop mielleuses qui caricaturent le genre electro-pop, apportent un résultat un brin énervant qui ne les mène pas à la maturité escomptée. C’est, comme toujours, la difficulté du deuxième. Le titre Kick fait office d’introduction et s’éternise un peu trop dans le style de M83. Pour ceux qui se lassent vite, ça va être plus compliqué. À partir de là s’enchaînent des titres similaires à l’aspect fadasse, jusqu’au moment où l’on pense les perdre : Slow Motion les enfonce un peu plus dans un style carrément parodique, un vrai coup dur pour le manque de folie et d’invention vocale. Tout n’est que répétitions. On va tout de même chercher une note positive avec Tree Of Life, plus convaincante que le reste, grâce à une structure plus aboutie et un ensemble plus unitaire.
Noyé dans ce fourre-tout, on est forcés de constater que la production est impeccable. Pourtant, pas moyen de décrocher la petite étincelle. Tangle est la preuve que la composition tient debout, avant de s’écrouler avec le dernier titre qui démolit tout ce qui a été fait. The Pounding Of Hearts ennuie, dans un crescendo qui ne décolle pas par manque d’entrain.
Pour sûr, cet album laisse perplexe ; c’est ainsi que Funeral Suits s’est essoufflé avant de quitter les planches de la sévère scène electro-pop en vogue…
Titres conseillés : The Way Back, Tree Of Life, Tangle
Ecoute de l’album
Note de la rédaction : 2/10