(English translation below)
En refeuilletant mon doujin, j’ai réalisé un quiproquo culturel qui colle en fait super bien aux personnages je trouve!
Sur ces deux scènes, Ken n’est pas positioné pareillement vis-à-vis de la porte et c’était voulu.
Or, dans la culture japonaise, les personnes sont assise autour d’une table selon un ordre hiérarchique: le plus haut rang a la place la plus éloignée de la porte, parce que si un assassin rentre, cette place sera la plus difficile à atteindre. Par conséquent, les places assises les plus proches de la porte sont réservées aux bas rangs, parce que si elles crèvent, c’est moins grave. Ce code provient d’une autre époque, mais il est toujours en rigueur au 21ème siècle. Par conséquent, selon cette vision, Unji considère Ken comme inférieur à lui, alors que Jin se place en protecteur.
Sauf que j’suis pas japonaise! Et je n’ai pas dessiné ces scènes avec ce code en tête. Non pas qu’il n’y ait pas de places hiérarchisées à table en Europe, mais je les ai pensées avec le code de survie d’une femme! Si je me retrouve seule dans une pièce avec un rencard et que la personne est un peu trop insistante, j’aimerais avoir accès à la sortie le plus aisément possible. Avec ce code, les deux scènes ont une toute autre signification.
Dans son fantasme, Unji place Ken près de la porte pour qu’il ait la possibilité de partir s’il le veut. Son corps ne fera pas entrave. (Mais non seulement, Ken veut rester avec lui, mais il fait le premier pas! Unji s’imagine désiré sans contrainte.) À l’inverse, j’ai dessiné Jin entre Ken et la porte parce que Jin veut se déclarer et pour ça, Ken doit rester en place et ne pas s’enfuir.
Au final, cet éveil au code japonais reflète assez bien leur passé. Jin a vécu avec ses parents et a été complètement éduqué par eux. Il connaît donc sûrement cette tradition. Par contre, Unji a perdu sa famille très tôt et a vécu en marge de la société. Il ne connaît donc probablement pas tous les codes sociaux japonais et pense plutôt par instinctif et expériences vécues.
Mais du coup, aux yeux des autres personnages japonais et éduqués, Jin paraît «bien» et Unji paraît «mauvais». Pas étonnant qu’il ne soit qu’avec des personnes qui le connaissent au-delà des apparences.
(Notez qu’on peut aussi interprêter différement l’assise du groupe. À la japonaise, il me semble qu’Unji serait le plus haut rang puisque quatre personnes plus une cinquième en perpendiculaire peuvent se sacrifier pour lui en cas d’attaque. À l’européene, il s’est littéralement foutu au coin pour déranger un minimum parce qu’il a un gabarit imposant!)
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While leafing through my doujin, I realised there was a cultural misunderstanding that actually fits the characters really well, I think!
In these two scenes, Ken isn’t positioned in the same way relative to the door and that was intentional.
However, in Japanese culture, people sit around a table in a hierarchical order: the highest-ranking person sits furthest from the door, because if an assassin were to enter, that seat would be the hardest to reach. Consequently, the seats closest to the door are reserved for those of lower rank, because if they die, it’s less of a problem. This code stems from a bygone era, but it’s still in force in the 21st century. Consequently, according to this view, Unji regards Ken as his inferior, whilst Jin positions himself as a protector.
Except that I’m not Japanese! And I didn’t draw these scenes with that code in mind. Not that there aren’t hierarchical seating arrangements at the table in Europe, but I conceived them with a woman’s survival instinct in mind! If I find myself alone in a room with a date and the person is being a bit too pushy, I’d like to have the easiest possible access to the exit. With this code, the two scenes take on a whole new meaning. In his fantasy, Unji positions Ken near the door so that he can leave if he wants to. His body won’t get in the way. (But not only does Ken want to stay with him, he’s the one making the first move! Unji imagines himself being desired without any constraints.) Conversely, I drew Jin between Ken and the door because Jin wants to declare his feelings, and for that to happen, Ken must stay put and not run away.
Ultimately, this awareness of Japanese social codes reflects their past quite well. Jin lived with his parents and was fully brought up by them. He is therefore surely familiar with this tradition. Unji, on the other hand, lost his family at a very young age and lived on the margins of society. He is therefore probably not familiar with all Japanese social codes and tends to think more instinctively and based on his own experiences.
But as a result, in the eyes of the other Japanese and well-educated characters, Jin appears ‘good’ and Unji appears ‘bad’. No wonder he only associates with people who know him beyond appearances.
(Note that the seating arrangement of the group can also be interpreted differently. In the Japanese style, it seems to me that Unji would be the highest-ranking, as four people plus a fifth sitting perpendicular to him could sacrifice themselves for him in the event of an attack. In the European style, he’s literally shoved himself into the corner to cause the least disturbance because he’s such a large figure!)