Hier soir, on vous parlait du dernier album de Blondstone et de leur desert grunge explosif. Aujourd’hui, on vous cause de Wonderflu et de leur nouvel EP. Groupe parisien de son état que j’avais découvert complètement au hasard au détour des internets, Wonderflu nous revient avec un opuscule plus court de 5 titres.
Le souvenir que j’avais gardé de leur musique était celui d’un groupe frais, reniflant le rock aux accents pop des 90’s de Nada Surf et de Weezer. Ce nouvel EP, intitulé What’s Inside, renforce ce souvenir plaisant. On y retrouve la formule simple et efficace du groupe, bien que penchant plus du côté pop que l’opus précédent. Ce qui n’est en soi absolument pas un problème, et même, cet EP accompagnera votre printemps et le retour des beaux jours à merveille. Comme quoi, légèreté d’esprit ne rime pas avec compromission musicale. L’ensemble, autant dans la production que dans la composition possède une couleure tellement rétro 90’s qu’on ne tombe pas dans la simple nostalgie croulante, mais plutôt on se surprend à redécouvrir ces sensations de nonchalance et d’optimisme candide qui laissaient le futur totalement ouvert aux possibles.
On regrettera l’aspect peut-être trop court de cet EP tant on reprendrait bien une petite tranche d’optimisme, mais bon, on ne peut pas tout avoir, et si j'ai appris une chose, c'est qu'il vaut mieux un EP court et maîtrisé de bout en bout qu'un album long truffé de morceaux moyens. Bref, on se trouve devant l'exemple typique d'un EP vraiment sympa qui ne demande qu'à être écouté et qui donne envie d'aller partager tout ça en concert. En attendant, What's Inside trouvera parfaitement ta place dans ta playlist de bringue et te donnera sûrement la force de vaincre ta timidité et d'inviter Stéphanie à boire un verre avec toi.
Maintenant, en parenthèse de conclusion (oui oui), j'aimerais parlé du magnifique outil développé par leur label : le band finder. Comme son nom l'indique, ce petit moteur de recherche permet de trouver des groupes. Il suffit d'entrer le genre de musique et la ville que l'on souhaite pour tomber sur une liste de divers groupes correspondant à ses critères. Ça ne paraît un peu con comme la Lune comme principe mais pensez-y : vous déménagez dans une nouvelle ville et vous voulez découvrir la scène locale ? BIM ! Vous en avez marre de vos groupes locaux et vous voulez vérifier si l'herbe est plus verte ailleurs ? RE-BIM ! (Et surtout) Vous avez un groupe et vous voulez organiser une tournée dans des villes que vous ne connaissez pas et vous voulez trouver des groupes avec qui jouer ? ET-BIM-DE-DER ! Bien sûr, quand on navigue un peu dans le "circuit" on peut très bien se débrouiller avec des associations, des tourneurs, des échanges de contact etc... mais justement, quoi de mieux que de directement échanger des contacts entre musiciens ?
Je pourrais prendre des pages et des pages de volumes sur l'indépendance pour expliquer en quoi c'est une bonne chose mais je vais résumer cela en quelques mots : le seul moyen de créer une véritable scène (que ce soit comme les punk de SoCal, l'école de Cambridge, le NY-HxC ou le Seattle Sound) c'est en faisant communiquer les groupes entre eux. C'est peut-être mes vieux réflexes proto-libertaro-communistes qui parlent mais quand les groupes mettent leur Ego de côté au profit de la coopération, cela donne des choses absolument merveilleuses : le partage de concerts, les split-albums, des labels indépendants, des collaborations artistiques collectives... bref tout ce qui peu ou prou sert de condition sine qua non à un mouvement artistique en bonne santé (cela vaut autant pour la musique que pour l'art en général, que ce soit en peinture ou en poésie). Je veux dire c'est simple : plus de voix = plus de bruit. Un groupe d'ados qui jouent vite dans un garage c'est juste une curiosité de voisinage, plusieurs garages qui font le même genre de bruit et qui échangent entre eux, c'est le germe d'un mouvement.
Et Wonderflu, autant dans la musique que dans l'esprit, renvoi à un genre de mouvement qui a eu ses heures de gloires dans les 90's : l'indie-rock. Aujourd'hui, ça ne veut plus dire grand chose, mais quand le fond et la forme vont dans le même sens, on peut se dire que le rock indé n'est pas encore mort.