Voeux 2012 de D.Delaveau - Espoir et innovation
Je suis heureux de vous accueillir toujours aussi nombreux dans cet espace du LibertĂ© pour vous souhaiter une bonne AnnĂ©e 2012. Je voudrais placer cette rencontre sous le signe de l'Espoir et de l'INNOVATION. Il ne s'agit pas de nier le contexte social et Ă©conomique trĂšs difficile. Le Pays de Rennes paie lourdement les consĂ©quences d'une crise particuliĂšrement grave. Les annonces de suppression de postes chez PSA, les inquiĂ©tudes dans le secteur du bĂątiment ont assombri la fin de l'annĂ©e 2011. La montĂ©e du chĂŽmage se poursuit comme inexorablement, mĂȘme si notre agglomĂ©ration et notre rĂ©gion sont moins touchĂ©es que d'autres. Tout cela renforce la prioritĂ© que nous donnons Ă l'action Ă©conomique et l'attention que nous portons Ă la situation des salariĂ©s.Â
 Mais l'heure n'est pas Ă se complaire dans des constats cent fois rĂ©pĂ©tĂ©s, ni Ă se perdre dans des diagnostics trop vellĂ©itaires. Au contraire face aux dĂ©fis Ă relever, -construire l'avenir et conforter les solidaritĂ©s-, l'action publique, en particulier l'action de nos collectivitĂ©s, doit plus que jamais affirmer ses ambitions.Â
 Certes, nous n'avons pas la compĂ©tence de crĂ©er directement l'emploi mais nous avons la responsabilitĂ© de crĂ©er les conditions pour que l'emploi puisse se dĂ©velopper quelles que soient les difficultĂ©s. S'agissant de la filiĂšre automobile,  les savoir-faire accumulĂ©s depuis 50 ans, les efforts importants pour amĂ©liorer la productivitĂ© de l'Ă©tablissement sont les meilleurs garants de la fiabilitĂ© et de la pĂ©rennitĂ© du site de La Janais. Avec de nombreux partenaires, nous participons au dĂ©veloppement des outils d'innovation et de recherche pour prĂ©parer le vĂ©hicule de demain, qu'il s'agisse de l'amĂ©lioration du vĂ©hicule thermique, du vĂ©hicule hybride ou du vĂ©hicule Ă©lectrique. Je voudrais citer le projet 3D-Mat dont l'objectif est de crĂ©er un pĂŽle de compĂ©tence en modĂ©lisation. Laboratoires et entreprises (Rhodia, Plastic Omnium, X Stream ou Gestamp) coopĂšrent pour faire de Rennes le pĂŽle de compĂ©tence rĂ©fĂ©rent au niveau national, voire europĂ©en. C'est un exemple parmi d'autres de la vitalitĂ© de nos pĂŽles de compĂ©titivitĂ©.Â
 Nous continuons aussi à aider l'expérimentation du véhicule électrique, c'est l'objet de la convention signée par la Région et Rennes Métropole avec PSA. Au-delà il s'agit aussi d'aider les innovations dans les nouveaux usages et la gestion des mobilités comme l'autopartage avec City Roul.
 Toujours dans le domaine de l'innovation, -je n'oublie pas que nous sommes au cĆur d'un puissant bassin agricole-, la plateforme d'ingĂ©nierie culinaire rassemble une cinquantaine d'organismes et d'entreprises qui fondent le dynamisme de la filiĂšre agroalimentaire, avec un objectif de qualitĂ© et de crĂ©ation gastronomique. Le bĂątiment sera opĂ©rationnel au dĂ©but 2013. Sans revenir sur l'ensemble des PĂŽles de CompĂ©titivitĂ© bretons, je veux souligner le rĂŽle clĂ© jouĂ© par le PĂŽle Images et RĂ©seaux dans l'Ă©laboration du dossier de l'Institut de Recherche Technologique B-Com qui a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© le 7 dĂ©cembre dernier : cet Institut est un modĂšle en soi de cristallisation des forces de recherche privĂ©es et publiques et fera partie des 8 IRT français.
 Autre dossier clé dans les investissements d'avenir, je veux saluer la labellisation de la SATT Ouest-Valorisation (Société d'accélérations du transfert de technologie)- le 22 décembre dernier avec un financement de 70 millions d'euros. L'UEB, qui en est à l'initiative avec les organismes de recherche, y a associé l'Université de Nantes.
   Je me fĂ©licite Ă©galement du succĂšs remarquable du projet INMEDIAS portĂ© par notre Espace des Sciences, en collaboration avec 5 autres partenaires, dans le domaine de la culture scientifique.Â
 En complĂ©ment naturel de cette option d'innovation, nous continuerons Ă dĂ©velopper le soutien Ă la crĂ©ation d'entreprises et Ă l'accompagnement des jeunes entreprises. Ainsi l'espace BiopĂŽle, aujourd'hui en phase de construction, est destinĂ© Ă l'accueil des jeunes entreprises spĂ©cialisĂ©es dans la biotechnologie.Â
 Il n'est pas non plus inutile de rappeler quelques exemples de dĂ©veloppement :Â
 Rennes Atalante qui consacrera l'annĂ©e 2012 Ă la redĂ©finition de son projet stratĂ©gique a observĂ© la crĂ©ation de 761 emplois nets en 2011 dans ses entreprises adhĂ©rentes.Â
 Je voudrais citer aussi l'extension du Centre de Recherche et DĂ©veloppement de l'entreprise Biotrial presque achevĂ©e sur le site Atalante Villejean ; le bĂątiment Recherche et DĂ©veloppement Ă vocation mondiale Technicolor se poursuit sur les Champs Blancs pour une livraison en 2012. L'innovation n'est pas seulement technologique ; et elle concerne tous les secteurs d'activitĂ©s, ne l'oublions jamais, et les entreprises de toute taille : soutenir le dĂ©veloppement des PME/PMI et des entreprises artisanales est essentiel au dynamisme et Ă la crĂ©ation d'emplois. J'ai ainsi eu l'occasion de visiter l'entreprise Panaget installĂ©e Ă BourgbarrĂ© qui, aprĂšs le dĂ©part de la Holding Allemande MDB-AG, a Ă©tĂ© reprise par les cadres dirigeants avec l'aide de nos collectivitĂ©s.Â
 L'esprit d'innovation est donc une caractĂ©ristique de notre agglomĂ©ration. C'est pourquoi Ă l'heure oĂč chacun cherche sa marque, nous avons dĂ©cidĂ© de promouvoir l'excellence de la mĂ©tropole rennaise au travers d'un rĂ©seau social d'innovations que nous allons appeler Rennes-NovosphĂšre.Â
 Avec une vingtaine de partenaires Ă©conomiques, universitaires et culturels, il s'agit de sĂ©lectionner des crĂ©ateurs et leurs projets innovants pour leur donner de la visibilitĂ© et pour crĂ©er un effet d'image sur notre territoire. Cette approche de l'innovation n'est pas exclusivement technologique, mais veut s'appuyer aussi sur l'innovation par les usages. Elle est ouverte aussi bien aux milieux crĂ©atifs de l'Ă©conomie, du social, de l'art et de la culture, du monde acadĂ©mique, sportif, etcâŠ..
 Le premier rendez-vous est fixĂ© le 21 mars prochain pour prĂ©senter les premiers projets labellisĂ©s.Â
 Cette stratĂ©gie de l'innovation repose sur un socle essentiel : la formation tout au long de la vie. Je veux, une nouvelle fois, redire ma conviction : l'investissement dans la formation, la recherche et l'innovation est la clĂ© essentielle de la croissance et de l'emploi. De la maternelle au laboratoire de recherche, en passant par le Plan Educatif Local, c'est la mĂȘme prioritĂ© Ă la formation. Avec la RĂ©gion, l'agglomĂ©ration devient un maillon de plus en plus important pour l'Enseignement SupĂ©rieur et la Recherche. L'annĂ©e 2012 verra la mise en Ćuvre progressive des projets retenus dans le cadre du programme national des investissements d'avenir ; cette annĂ©e sera aussi l'occasion de tirer le bilan des succĂšs et Ă©checs aux diffĂ©rents appels Ă projets. Sans ĂȘtre dupe d'une "mise en concurrence" dangereuse, en particulier pour les dynamiques en Ă©mergence, si nous avons Ă©té déçus du rejet de notre dossier d'Initiative d'excellence, IC Ouest, je veux voir d'abord l'immense travail qui a Ă©tĂ© menĂ© entre les UniversitĂ©s, les grandes Ă©coles, les laboratoires et organismes de recherche pour mettre en synergie toutes les compĂ©tences au plus haut niveau, en particulier dans les domaines des TIC, de la santĂ©, des matĂ©riaux, de l'Environnement. Je veux ici saluer le travail considĂ©rable, impulsĂ© et animĂ© par Guy Cathelineau, PrĂ©sident de l'UEB et de Rennes 1, et Patrice Quinton, au titre des Grandes Ecoles. Ce travail reste d'actualitĂ© et crĂ©e une nouvelle dynamique.Â
  Rennes MĂ©tropole et la Ville de Rennes entendent jouer un rĂŽle actif aux cĂŽtĂ©s des acteurs concernĂ©s par la structuration et le renforcement du site universitaire rennais.Â
 Les projets sont multiples : aprĂšs l'inauguration du bĂątiment S de sciences humaines de l'UniversitĂ© de Haute-Bretagne, l'ouverture ce matin mĂȘme de la bibliothĂšque Paul Le Bohec Ă l'IUT de Rennes, l'annĂ©e 2012 verra la poursuite de l'organisation du PĂŽle VĂ©gĂ©tal, l'IRSET, (l'Institut de Recherche sur la SantĂ©, l'Environnement et le Travail), le campus d'excellence sportive, la poursuite du rapprochement des deux UniversitĂ©s Rennes 1 et Rennes 2 et des collaborations avec les Grandes Ecoles, la concrĂ©tisation du campus numĂ©rique avec la constitution du dossier d'appel Ă projets, les Ă©tudes de maĂźtrise d'Ćuvre pour la CitĂ© Internationale. Le dossier de l'autonomie de notre antenne de l'ENS Cachan reste Ă faire aboutir ; en mĂȘme temps je salue le rapprochement qui vient d'ĂȘtre annoncĂ© entre Supelec et l'Ecole Centrale.Â
 On le voit bien, au plan national, comme au plan local, nous sommes en phase de forte structuration ; il nous faut plus que jamais accompagner vigoureusement le dynamisme de nos Ă©quipes et renforcer la stratĂ©gie et la coordination du site rennais. En lien Ă©troit avec les PrĂ©sidents d'UniversitĂ©s et les responsables des grandes Ă©coles, en lien avec la RĂ©gion, nous voulons mettre en Ćuvre un schĂ©ma de dĂ©veloppement universitaire (SDU) en y associant tous les acteurs de la recherche et de la formation, dans une logique de dĂ©veloppement de nos domaines d'excellence. Il nous faut rĂ©flĂ©chir Ă l'amĂ©nagement des sites universitaires et Ă leur insertion dans la ville : Beaulieu et son insertion urbaine notamment en lien avec le mĂ©tro, Villejean, le Centre Ville avec la belle perspective du Palais Saint-Melaine. Le site de Ker Lann doit participer Ă cette dynamique.Â
 J'Ă©voquerai aussi, dans cette dynamique d'innovation nos projets et rĂ©alisations en matiĂšre de "ville numĂ©rique". Rappelons en particulier notre politique de l'Open Data de mise Ă disposition de donnĂ©es publiques et le soutien Ă la crĂ©ation d'applications et de services en ligne pour mieux rĂ©pondre aux nouveaux usages et besoins de nos habitants. Cela me donne l'occasion de saluer le premier anniversaire de la Cantine numĂ©rique qui est un vĂ©ritable succĂšs par sa frĂ©quentation et son travail d'information et d'animation de rĂ©seaux.Â
 Je voudrais aussi souligner l'action du CRIJ et la pĂ©piniĂšre qui a abouti Ă l'ouverture en septembre dernier, de la coopĂ©rative inter-associative des jeunes Ă la Robiquette. Avec cet espace de travail, la jeunesse tĂ©moigne elle aussi de l'Ă©lan crĂ©atif de notre territoire, de sa capacitĂ© Ă crĂ©er une dynamique collective.Â
 Un mot sur lâaccĂšs Ă lâemploi et lâinsertion : missions confiĂ©es Ă la MEIF, Ă la Mission Locale et aux Points Accueil Emploi ; structure originale, lâExploratoire ouvert en janvier 2011 a comme objectif dâinformer sur les mĂ©tiers ; il sera aussi le lieu dâinformation sur tous les grands chantiers Ă venir et lâopportunitĂ© dâemplois nouveaux (je pense notamment au chantier de la LGV).
 Lâinnovation est notre premier atout, un atout qui participe de lâattractivitĂ© de notre territoire, illustrĂ©e aussi par la dynamique dĂ©mographique ; Rennes MĂ©tropole gagne environ 3 000 habitants par an. Face Ă cette forte croissance, notre mission centrale est dâassurer l'accueil des populations, lâhabitat, les mobilitĂ©s et la qualitĂ© du cadre de vie. MalgrĂ© le contexte de crise, nous poursuivons nos objectifs du Plan Local de lâHabitat, partagĂ© aujourdâhui par les 37 communes de lâagglomĂ©ration : livrer quelque 4 500 logements par an dont la moitiĂ© de logements aidĂ©s. Cet objectif quantitatif se double dâune ambition qualitative avec des projets innovants liant la qualitĂ© architecturale, Ă©nergĂ©tique et environnementale, la diversitĂ© des formes urbaines, voire lâexpĂ©rimentation dâhabitat participatif ; bref une logique de dĂ©veloppement durable, en cohĂ©rence avec notre Plan Climat.Â
  Parmi nos dĂ©fis, nous voulons mieux rĂ©pondre aux souhaits des familles avec enfants âdonc diversifier les possibilitĂ©s dâaccession sociale Ă la propriĂ©tĂ©â et offrir des solutions aux personnes les plus en difficultĂ©. Pour rĂ©pondre Ă tous ces objectifs, il faut croiser toutes les initiatives : crĂ©er de nouveaux quartiers, rĂ©nover les logements existants et prĂ©voir les quartiers de demain. Beauregard poursuit son dĂ©veloppement, lâĂ©coquartier de la Courrouze a Ă©tĂ© distinguĂ© dans le palmarĂšs national Ă©coquartier 2011 : 1 621 logements sont dĂ©jĂ livrĂ©s ou en chantier, et prĂšs de 35 000 mÂČ de bureaux sont dĂ©jĂ occupĂ©s. LâEcocitĂ© ViaSilva est en prĂ©paration, une premiĂšre phase opĂ©rationnelle prĂȘte Ă dĂ©marrer ; le site stratĂ©gique du quadrant Sud Ouest est Ă l'Ă©tude.Â
 ParallĂšlement, la requalification des quartiers existants est lancĂ©e sur Maurepas-Gayeulles et sur le Blosne. Je veux souligner la dĂ©marche du « MusĂ©e EphĂ©mĂšre » Ă Maurepas, qui a permis aux habitants de lâimmeuble Balleroy, dans 5 appartements, dâillustrer leur histoire dans ce quartier et, en mĂȘme temps, d'avoir une prĂ©sentation pĂ©dagogique du projet urbain du Gast.
 Pour le Blosne, les tours Volga Prague vont ĂȘtre transformĂ©es pour accueillir une rĂ©sidence pour jeunes travailleurs, un pĂŽle dâactivitĂ© des services Ă domicile, un pĂŽle de formation pour le personnel de santĂ©, une crĂšche associative ; câest un des premiers jalons du programme de rĂ©amĂ©nagement du quartier, qui rĂ©pond Ă lâobjectif de dĂ©velopper la mixitĂ© sociale et fonctionnelle.Â
 Autre priorité : la rĂ©habilitation du centre ancien Ă Rennes qui participe Ă la dynamique de valorisation de notre patrimoine et Ă l'identitĂ© de notre ville. Un mot sur le Couvent des Jacobins : les fouilles qui viennent d'ĂȘtre lancĂ©es avant la construction du futur Centre de CongrĂšs illustrent bien la perpĂ©tuelle reconstruction de la ville sur elle-mĂȘme. Sur le centre ancien, une nouvelle opĂ©ration programmĂ©e d'amĂ©lioration de lâhabitat a Ă©tĂ© lancĂ©e au dĂ©but 2011 avec lâobjectif de rĂ©nover les parties communes de 150 immeubles sur 5 ans et de rĂ©habiliter 150 logements. AprĂšs 11 mois de fonctionnement, nous avons dĂ©jĂ engagĂ© 140 dossiers « actifs ».Â
 Cette action volontariste en matiĂšre dâhabitat a Ă©tĂ© saluĂ©e par lâUnion Sociale de lâHabitat, en dĂ©cidant dâorganiser son 73Ăšme CongrĂšs National Ă Rennes du 25 au 27 septembre prochain. A cette occasion, nous pourrons cĂ©lĂ©brer le 100Ăšme anniversaire de la loi Bonnevay qui a instituĂ© les offices publics d'HBM (habitations bon marchĂ©) et, coĂŻncidence de l'histoire : 1912, c'est aussi l'annĂ©e de naissance de Henri GrouĂšs, futur AbbĂ© Pierre.Â
 Bien sĂ»r, ces opĂ©rations nâont de sens que dans une vision urbaine maĂźtrisĂ©e et une stratĂ©gie volontariste des dĂ©placements et des mobilitĂ©s. LâannĂ©e 2012 sera marquĂ©e par les travaux de la 2Ăšme phase de lâaxe Est Ouest : dâune part, le Mail François Mitterrand (il s'agit aussi d'une requalification urbaine majeure pour le centre ville) et, dâautre part, les 2,5 km entre Cesson et Rennes pour rĂ©aliser la voie bus en site propre. Câest une belle illustration de la cohĂ©rence de notre systĂšme de transports urbains : la complĂ©mentaritĂ© entre mĂ©tro, bus, cars, trains, vĂ©los. NĆud central de cette intermodalitĂ©, le dossier EuroRennes va entrer en phase opĂ©rationnelle.
 Le dossier de la 2Ăšme ligne de mĂ©tro a franchi une nouvelle Ă©tape avec lâenquĂȘte dâutilitĂ© publique en cours jusquâĂ la fin du mois de janvier ; la dĂ©cision sur lâavant-projet en mars prochain, sera accompagnĂ©e dâune dĂ©cision dâapprobation du plan de financement. Je me fĂ©licite de la reconnaissance par l'Etat du caractĂšre exemplaire de notre dossier avec une participation de 91 millions dâEuros. Je me fĂ©licite Ă©galement de l'engagement de la RĂ©gion et du DĂ©partement sur ce dossier. Je voudrais saluer le dialogue constructif que nous avons eu avec la Chambre de Commerce et d'Industrie et lâUnion des Entreprises Ă propos de lâaugmentation du versement-transport qui sera portĂ© en deux Ă©tapes de 1,8 Ă 2 %, en application des lois issues du Grenelle 2. Câest un effort demandĂ© aux entreprises en cette pĂ©riode difficile âcomme il en sera demandĂ© au contribuable particulier- mais il s'agit de lâintĂ©rĂȘt collectif ; chacun sait que cet investissement bĂ©nĂ©ficiera aussi Ă tous. Jâai pris, par ailleurs, lâengagement de renforcer le dialogue avec les entreprises dans lâajustement de nos dessertes en transport collectif, et dans le dĂ©veloppement des plans de dĂ©placement dâentreprises qui connaissent dĂ©jĂ un vrai succĂšs (45 000 salariĂ©s sont dĂ©jĂ concernĂ©s).Â
 Dans les transports aussi, lâinnovation est la clĂ© du progrĂšs.Â
Outre le choix du mode Cityval pour la 2Ăšme ligne de mĂ©tro, 2011 a vu se dĂ©ployer le systĂšme dâaide Ă lâexploitation et Ă lâinformation des voyageurs. Il permet de connaĂźtre en temps rĂ©el, le passage du prochain bus, les perturbations, les correspondances, etc. A lâĂ©tude aussi, le dĂ©ploiement des services mobiles sans contact NFC prolongera les services offerts par la carte Korrigo en associant transports, services bancaires, universitaires et urbains. Le dossier rennais fait partie des premiers projets sĂ©lectionnĂ©s par l'Etat au plan national. A cette occasion, je veux souligner le rĂŽle dâentraĂźnement que joue Rennes sur lâensemble de la RĂ©gion : la carte Korrigo, nĂ©e Ă notre initiative, avec un fort investissement financier, et le soutien de la RĂ©gion, a Ă©tĂ© conçue dans la perspective d'une application plus large sur la Bretagne et je me rĂ©jouis de l'extension de l'usage de cette carte Ă Brest, Quimper, Lorient et les CĂŽtes d'Armor actĂ©e Ă la fin de l'annĂ©e derniĂšre. Câest un bel exemple de synergie.
 Tous ces investissements habitat, transport, contribuent au dĂ©veloppement Ă©conomique et Ă la crĂ©ation de milliers d'emplois ; ils participent au bien vivre ensemble, Ă la qualitĂ© de vie et Ă la cohĂ©sion sociale, tout comme le maillage des Ă©quipements de quartier qui ont pour vocation d'encourager la vie associative.Â
 Sur ce plan, l'annĂ©e 2011 a Ă©tĂ© marquĂ©e par l'ouverture du nouvel Espace Social et Culturel AimĂ© CĂ©saire, aux Champs Manceaux : Ă noter aussi l'ouverture des locaux du service d'aide et d'accompagnement Ă domicile pour les personnes ĂągĂ©es du secteur Sud. En 2012, seront engagĂ©es les Ă©tudes sur l'ESC Maurepas ; pour la petite enfance ont Ă©tĂ© lancĂ©s les travaux sur la crĂšche Alma et la crĂšche Alain Gerbault participant Ă l'objectif de crĂ©ation de 400 places d'accueil supplĂ©mentaires d'ici 2014 ; des travaux importants sur l'Ă©cole maternelle Quineleu, la construction des vestiaires et des tribunes pour le Stade Salengro, le terrain de rugby Alain CrubillĂ© au Champ Orand, un terrain synthĂ©tique de foot Ă BrĂ©quigny. De nombreux projets : la Maison des Associations, la Maison de la Consommation et de l'Environnement, les Ă©tudes pour l'Ă©quipement de quartier Centre-Ville Nord, Beauregard, etcâŠ.Â
 J'arrĂȘte lĂ cette Ă©numĂ©ration trĂšs incomplĂšte qui n'a d'autre intĂ©rĂȘt que d'illustrer notre dĂ©termination Ă complĂ©ter et adapter l'Ă©quipement des quartiers de notre ville. Il ne pourrait y avoir de cohĂ©sion sociale sans services de proximitĂ©, petite enfance, action Ă©ducative, socio-Ă©ducatif, accueil des personnes ĂągĂ©es.Â
 Tous ces investissements matĂ©riels n'auraient pas de sens s'ils ne permettaient pas le dĂ©veloppement de l'action sociale et associative. Et je veux redire ici la place essentielle de la vie associative dans notre "vivre ensemble", "notre vivre en intelligence". L'engagement des citoyens est essentiel pour donner du souffle : Conseils de quartier et associations de quartier, associations sociales, culturelles, sportives, associations de parents d'Ă©lĂšves, de protection de l'environnement, associations d'anciens combattantsâŠ. Je remercie toutes celles et tous ceux qui acceptent de donner de leur temps et de leur Ă©nergie au bĂ©nĂ©fice de la vie collective.Â
 Nous sommes en permanence au contact et Ă l'Ă©coute de toutes ces forces vives : Ă l'Ă©chelle des quartiers, des Ă©quipements, des projets âpetits ou grands- dans un esprit de concertation. En tant qu'Ă©lus, nous assumons notre responsabilitĂ© de dĂ©cideur, mais nous sommes dĂ©terminĂ©s Ă poursuivre ces temps de rencontre et de dialogue pour ĂȘtre Ă l'Ă©coute de besoins, amĂ©liorer et construire nos projets et ensuite expliquer nos dĂ©cisions. C'est cela la dĂ©mocratie citoyenne.Â
 Dans le domaine social, je voudrais évoquer quelques points significatifs de nos choix :
 D'abord faire référence au travail constant du CCAS dans l'accompagnement global des usagers. Parmi les éléments nouveaux, le renouvellement du Pacte Rennais d'insertion vise à formaliser et développer l'engagement partenarial dans le suivi des bénéficiaires du RSA.
Je citerai la mise en Ćuvre du microcrĂ©dit personnel pour apporter une rĂ©ponse complĂ©mentaire adaptĂ©e aux besoins des travailleurs pauvres.Â
Je veux Ă©voquer Ă©galement toutes les actions en faveur des plus dĂ©favorisĂ©s, notamment l'hĂ©bergement d'urgence en rappelant aussi l'initiative que nous avons prise avec le dispositif COORUS pour les demandeurs d'asile, en lien avec les associations et sous la responsabilitĂ© de l'Etat.Â
AprĂšs l'obtention du label "bien vieillir ensemble", nous sommes inscrits dans le rĂ©seau mondial "des villes amies des aĂźnĂ©s" (OMS), avec une approche globale sur les questions d'habitat, d'accĂšs aux services, d'isolement pour amĂ©liorer la vie de nos aĂźnĂ©s.Â
La carte "Sortir" que nous avons mise en Ćuvre pour favoriser l'accĂšs aux sports, aux loisirs et Ă la culture : lancĂ©e entre Rennes et Saint-Jacques, elle va s'Ă©tendre sur 18 communes de notre agglomĂ©ration : aujourd'hui ce sont plus de 20 000 bĂ©nĂ©ficiaires.Â
 La culture est aussi un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant au carrefour de la cohĂ©sion sociale et de la dynamique de rayonnement. A Rennes, notre atout est le foisonnement des initiatives et la concentration des talents. La diffusion de l'OpĂ©ra "l'enlĂšvement au SĂ©rail" de Mozart a Ă©tĂ© suivi par des milliers de personnes place de la Mairie, mais aussi en direct dans les communes de l'agglomĂ©ration, dans d'autres villes de Bretagne, sur les ondes ou dans les mondes virtuels. Le projet CARMEN Ă Maurepas, et dans plusieurs communes de l'agglomĂ©ration, a illustrĂ© la volontĂ© d'impliquer les habitants en tant que choristes, de figurants ou pour l'accueil des artistes.Â
 2011 a Ă©tĂ© aussi l'annĂ©e de la mise en Ćuvre des 2 Etablissements Publics d'Enseignement SupĂ©rieur : l'un Ă©tabli entre Bretagne et Pays de Loire pour le spectacle vivant (musique, danse et théùtre). L'autre, pour les arts plastiques, regroupe les 4 Ecoles de Beaux Arts de Bretagne : Brest/Quimper/Lorient et Rennes. Cette annĂ©e a Ă©tĂ© aussi marquĂ©e par la mise en lumiĂšre et la reconnaissance de talents rennais : Boris Charmatz, Directeur du MusĂ©e de la Danse, a Ă©tĂ© invitĂ© comme artiste associĂ© de la 65Ăšme Ă©dition du Festival d'Avignon, le temps fort a Ă©tĂ© la crĂ©ation du spectacle "Enfants" dans la cour du Palais des Papes avec la participation de 27 enfants, spectacle que nous pourrons voir Ă Rennes, au TNB, en mai prochain. Ce que l'on sait moins, c'est la nomination d'Emmanuelle Vo Dinh Ă la Direction du Centre ChorĂ©graphique National du Havre et de Renaud Herbin Ă la Direction du théùtre jeune public de Strasbourg : ces deux artistes Ă©taient accompagnĂ©s par la Ville de Rennes ; ils ont trouvĂ© ici les moyens de dĂ©velopper un projet artistique solide.Â
 L'annĂ©e 2012 sera marquĂ©e par l'ouverture du nouveau bĂątiment du Fonds RĂ©gional d'Art Contemporain dans le quartier de Beauregard ; la troisiĂšme Ă©dition de la Biennale d'Art Contemporain, Art Norac, l'exposition sur le japonisme du MusĂ©e des Beaux Arts, fruit de la coopĂ©ration de 12 musĂ©es de Bretagne. Cette exposition sera l'occasion de rappeler notre lien particulier avec SendaĂŻ qui a suscitĂ© un grand Ă©lan de solidaritĂ© lors de la catastrophe du tsunami.Â
 Culture universelle aussi avec le 2Ăšme projet europĂ©en ProspĂ©ro menĂ© par le TNB : 4 nouveaux partenaires europĂ©ens viendront s'ajouter aux six dĂ©jĂ engagĂ©s dans le projet. Je salue la santĂ© de nos festivals toujours dĂ©couvreurs de nouveaux talents : Mythos, TombĂ©es de la Nuit, Mettre en scĂšne, Electronika, Travelling. Je souligne les Transmusicales qui viennent d'ĂȘtre labellisĂ©es comme SMAC au titre des musiques actuelles.
 Ne pouvant citer tout le monde, j'ajouterai simplement le dĂ©part prometteur du Festival du Film d'Animation de Bruz. Bien sĂ»r, il faudrait aussi Ă©voquer les multiples initiatives visant Ă promouvoir la pratique amateur. Je n'oublie pas les classes musicales (CHAM) dans les Ă©coles en lien avec CRR (Conservatoire Ă Rayonnement RĂ©gional) ; c'est aussi dans cet esprit que nous avons lancĂ© l'appel Ă projet pour l'usage du kiosque du Thabor magnifiquement restaurĂ© et inaugurĂ© en avril dernier.Â
    Ces ambitions sont Ă la mesure des dĂ©fis Ă relever : dans ce "vivre ensemble" le rĂŽle des collectivitĂ©s est essentiel en pĂ©riode de crise Ă©conomique, non seulement parce qu'elles assurent 75 % des investissements publics civils ; mais aussi parce qu'elles sont le support fondamental de la cohĂ©sion sociale. Devant le risque de repli âavec au bout la rĂ©cession- des menaces pĂšsent sur l'avenir de nos collectivitĂ©s :Â
 procĂšs injuste sur le soi-disant laxisme des collectivitĂ©s.Â
difficultĂ©s pour les banques Ă rĂ©pondre aux besoins des collectivitĂ©s locales : curieux paradoxe puisque les finances des collectivitĂ©s sont saines âsaines par obligation d'Ă©quilibre budgĂ©taire-Â
  C'est au niveau de nos territoires que peuvent s'organiser au mieux les réponses aux besoins des citoyens, que peuvent s'organiser au mieux les conditions de développement, non pas contre l'Etat, qui cherche aujourd'hui à maintenir son pouvoir par une recentralisation larvée, mais avec un Etat qui joue son rÎle de stratÚge et de régulateur en partenariat avec des collectivités locales exerçant pleinement leurs compétences. Je suis convaincu que ce sera un des enjeux majeurs de cette année 2012 : allons-nous entériner une réforme suspicieuse vis-à -vis des élus locaux ou plutÎt reprendre le chantier d'un nouveau chapitre de la décentralisation qui libÚre l'énergie des territoires ?
 Notre pays a besoin de rĂ©gions fortes, ce n'est pas un problĂšme de superficie ou de population, mais c'est une question de compĂ©tences et de moyens. Notre pays a besoin de villes et d'intercommunalitĂ©s fortes structurant les bassins de vie. LĂ encore la question n'est pas liĂ©e Ă la taille mais Ă la capacitĂ© de rĂ©pondre aux besoins des habitants, dans la perspective du dĂ©veloppement et de l'emploi.Â
 Dans le dĂ©bat qui s'est dĂ©roulĂ© autour du schĂ©ma dĂ©partemental de coopĂ©ration intercommunale, Rennes MĂ©tropole a affichĂ© son ouverture et sa disponibilitĂ© pour rĂ©flĂ©chir avec tous les Ă©lus des communes qui forment notre bassin de vie. AprĂšs la rĂ©union de la commission dĂ©partementale le mois dernier, six communes vont nous rejoindre : LaillĂ© âc'est dĂ©jĂ actĂ©- puis RomillĂ©, Langan, la Chapelle-ChaussĂ©e, Miniac sous BĂ©cherel et BĂ©cherel â la CommunautĂ© de Communes du Pays d'AubignĂ© a demandĂ© un dĂ©lai pour prendre la dĂ©cision la plus collective possible. Nous prenons acte de ces dĂ©cisions et orientations ; c'est une premiĂšre avancĂ©e et nous accueillerons volontiers ces nouveaux arrivants. Pour anticiper l'organisation du bassin de vie, j'ai proposĂ© de rĂ©flĂ©chir Ă la crĂ©ation d'un pĂŽle mĂ©tropolitain avec l'ensemble des intercommunalitĂ©s qui le composent. Ce pĂŽle sera ce que nous voudrons en faire : une instance de rĂ©flexion et de propositions prospectives et/ou une instance d'organisation de services communs pour autant que les rĂšgles de solidaritĂ© soient partagĂ©es. C'est un beau chantier pour 2012 qui sera Ă mener de pair avec la rĂ©vision de notre projet communautaire.Â
 En 2011, nous y avons travaillĂ© avec l'ensemble des Ă©lus de nos 37 communes : groupes de travail et mobilisation de chaque conseil municipal. L'annĂ©e 2012 devra nous permettre d'approfondir notre rĂ©flexion prospective Ă l'horizon 2030. Nous allons associer l'ensemble des habitants et des acteurs de notre territoire Ă cette rĂ©flexion sur les enjeux et les solutions pour rĂ©pondre Ă ces dĂ©fis. Ce sera un bel exercice de dĂ©mocratie citoyenne locale.Â
 Toute cette dynamique communautaire reliĂ©e Ă l'ensemble des projets urbains de la Ville de Rennes se traduira par un grand rendez-vous citoyen du 29 septembre au 7 octobre prochain, au LibertĂ© et dans nos communes. Ce rendez-vous, je proposerai de l'appeler "Viva CitĂ©s !" pour traduire la volontĂ© tonique de notre projet urbain, mĂ©tropolitain du "vivre ensemble".Â
 Notre mĂ©tropole a une responsabilitĂ© et des devoirs particuliers en tant que capitale de la RĂ©gion Bretagne : Ă la fois assurer les fonctions mĂ©tropolitaines, tenir notre rang sur le plan national et europĂ©en, et en mĂȘme temps jouer un rĂŽle d'entraĂźnement pour l'ensemble des villes et de la RĂ©gion ; les rĂ©sultats du dernier recensement en sont une belle illustration : Rennes MĂ©tropole avec 30 000 habitants de plus sur 10 ans joue son rĂŽle d'entraĂźnement pour le dĂ©partement d'Ille-et-Vilaine mais aussi sur l'ensemble de la Bretagne (+ 25 000 habitants/an) puisque tous les dĂ©partements progressent, ce qui est un Ă©lĂ©ment nouveau et trĂšs positif.
 L'heure n'est pas Ă opposer les petites villes et les grandes dans un dĂ©bat totalement dĂ©passĂ© entre l'urbain et le rural ; l'heure n'est pas Ă exacerber des rivalitĂ©s, ni Ă construire des frontiĂšres ; l'heure est plutĂŽt Ă organiser des rĂ©seaux, des coopĂ©rations. A Rennes MĂ©tropole, nous parlons volontiers de Ville-archipel, marquant ainsi le choix effectuĂ© de dĂ©velopper l'ensemble des communes, plutĂŽt qu'un seul noyau urbain. Et bien je parlerai volontiers, d'une Bretagne Archipel dans laquelle les villes grandes, petites ou moyennes ont la possibilitĂ© de se dĂ©velopper et de tisser des rĂ©seaux. Ce qui fait la force d'un archipel, c'est la densitĂ© et la qualitĂ© des liens entre ses composantes. Je ne prendrai qu'un exemple du rĂŽle fĂ©dĂ©rateur de notre agglomĂ©ration : sur 355 projets issus des 8 pĂŽles de compĂ©titivitĂ© du Grand Ouest, 54 sont communs Ă Rennes et Nantes, 53 entre Rennes et Brest, 28 entre Rennes et Lannion, 25 entre Rennes et Lorient, 17 entre Rennes et Quimper.Â
 RĂ©seaux, coopĂ©ration, articulation des Ă©chelles de territoire, application du principe de subsidiaritĂ©, c'est ce que nous faisons avec Nantes : prioritĂ©s de l'enseignement supĂ©rieur et de la Recherche, amĂ©lioration de la ligne ferroviaire entre nos deux villes, projets culturels croisĂ©s. Avec Saint-Malo aussi nous dĂ©veloppons une coopĂ©ration stratĂ©gique : c'est d'ailleurs avec Nantes et Saint-Malo que nous avons entrepris des Ă©changes prometteurs avec le QuĂ©bec. Dans cet esprit de rĂ©seau nous avons dĂ©cidĂ© de transformer l'Espace MĂ©tropolitain Loire Bretagne en pĂŽle mĂ©tropolitain, pour renforcer les coopĂ©rations entre Rennes/Brest/Angers/Nantes et Saint-Nazaire : cette structuration, nous la voulons ouverte et Ă gĂ©omĂ©trie variable pour intĂ©grer toutes les villes qui le souhaitent.Â
   J'ai voulu placer ces vĆux sous le signe de la confiance, de l'innovation et de l'anticipation pour lutter contre le pessimisme et l'obsession de l'immĂ©diat qui conduisent au repli sur soi et Ă la rĂ©cession.Â
 Nous devons ĂȘtre dans le mouvement et dans la dynamique. Cette capacitĂ© d'anticipation rennaise et bretonne est reconnue, souvent enviĂ©e Ă l'extĂ©rieur. Je m'en rĂ©jouis mais ne m'en satisfais pas. Rester sur des acquis, sur le statu quo ce serait rĂ©gresser. J'ai la conviction que, face aux mutations Ă©conomiques et sociĂ©tales, la place de nos collectivitĂ©s sera de plus en plus dĂ©terminante.Â
 Je reprendrai volontiers, Ă mon compte une chronique du cercle des Ă©conomistes (parue dans les Echos du 22 dĂ©cembre) intitulĂ©e "Sauver nos CollectivitĂ©s Locales" : "la sortie de crise se jouera prĂšs de chez nous, dans nos villes, dĂ©partements et rĂ©gions"âŠ. Car, "les collectivitĂ©s locales sont parmi les seuls investisseurs Ă long terme (souvent plus de 30 ans) dans une Ă©conomie financiarisĂ©e qui privilĂ©gie le court terme"âŠ. "l'investissement privĂ© Ă©tant difficile Ă stimuler en pĂ©riode d'incertitude Ă©conomique et l'investissement de l'Etat Ă©tant de plus en plus contraint âŠ. Il reste l'investissement des collectivitĂ©s locales qui prend aujourd'hui une importance qu'il n'a jamais eue dans l'histoire de notre pays".Â
 Vous me permettrez, pour conclure, de citer Vaclav Havel, ancien PrĂ©sident de la RĂ©publique TchĂšque, essayiste et dramaturge qui nous a quittĂ©s le 18 dĂ©cembre dernier.Â
 Constatant "la dynamique suicidaire de notre civilisation planĂ©taire", il s'Ă©tonne "comme si on s'obstinait Ă ne se donner que des objectifs Ă court terme alors que le sort de la planĂšte exige un sens de l'anticipation aigĂŒe et volontaire".
 Je souhaite que cette annĂ©e 2012 nous donne au plan local comme national et international cette capacitĂ© d'anticiper notre destin.Â
 TrĂšs bonne annĂ©e Ă toutes et Ă tous.Â