@madame-claude parlait d'inceste dans les commentaires d'une fic de @thehappyegg et ça m'a rappelé que j'avais ce petit projet qui était en dormance...
TW : viol, inceste, présence de cette **** d'Anna de Tintagel (c'est un TW à elle toute seule celle là )
-Ça vous ferait plaisir de coucher avec votre demi-sœur ?
- Quoi ?
- Coucher avec moi, ça vous ferait plaisir ?
- Mais on a pas le droit de faire ça.
- Mais je vous demande pas si on a le droit, je vous demande si ça vous ferait plaisir.
- HonnĂŞtement, j'crois pas.
- Pourtant vous y viendrez. Faites-moi confiance. Vous y viendrez.
C'est ce "vous y viendrez" qui hante Arthur. Même dix ans après, ça le hante. Et au fond de lui, il y a autre chose qui le hante, une culpabilité qui le ronge, un petit détail qui l'obsède depuis qu'il s'en est souvenu. Il a dit "non", non pas parce parce qu'il n'en avait pas envie. Il a dit "non" parce qu'il savait qu'ils n'avaient pas le droit de faire ça.
On est toujours plus honnête sur son lit de mort n'est ce pas ? Sa réponse était d'une sincérité brute, sans filtres, et ça, ça lui fout une peur bleue. Il déteste Anna, il le sait. Alors pourquoi a-il répondu ça ?
Puis un beau jour, Arthur est amené à revoir Anna, au cours d'une visite à Tintagel. Il fallait bien revoir sa famille. après dix ans d'absence (non pas qu'il les porte dans son cœur mais quand même). Anna est là . Elle est souriante, enjouée, presque amicale. Et ça inquiète Arthur, d'une terreur sourde, parce qu'il se demande ce que ça cache. Alors que la mère d'Arthur insiste pour partir en balade "entre filles" avec Guenièvre, Arthur part se coucher. Le vin lui a pas réussi, ça tourne, il se sent pas très très bien.
Puis il entend la porte de la chambre qui grince. Il pense au début que c'est une bonniche, mais reconnaît l'ombre de sa soeur. Elle vient à ses côtés, silencieuse, glissant sur les draps comme un serpent.
C'est exactement le mot qui vient à l'esprit d'Arthur. Un serpent. Et il est aussi terrifié que si c'en était un vrai, de serpent.
Il a peur, d'une peur viscérale. Une peur enfantine.
Il se rappelle leur enfance, avant qu'il ne parte à Rome, quand Anna venait se glisser dans ses draps, qu'elle le pinçait, et qu'elle lui chuchotait à l'oreille que c'était un petit bâtard (et aux intonations de sa voix, elle savait le sens de ce mot).
Elle restait près de lui jusqu'à ce qu'il pleure, puis repartait en riant, satisfaite.
Puis au fil du temps, elle restait de plus en plus longtemps. Elle ne le pinçait plus, c'était differenr. Elle restait à le regarder pleurer, sans même sourire, alors qu'avant, elle s'en allait, hilare, dès ses premières larmes. Effacée la malicieuse méchanceté c'était une froideur nouvelle qui s'était installée, implacable et vengeresse. Elle lui disait qu'il ne devrait le répéter à personne. Qu'on le prendrait pour un monstre, parce que c'était ce qu'il était, un monstre. Comme son père. Comme Pendragon. Qu'il n'y avait que les monstres pour faire ce genre de chose.
Arthur ferme les yeux. Il n'est plus un enfant. Il peut la dégager. Alors pourquoi ne fait-il rien ? Pourquoi ses muscles semblent ne plus répondre ? Pourquoi est ce que son corps répond aux avances de sa demi-soeur, alors que son esprit voudrait déjà être loin ? Pourquoi est-ce qu'il la laisse faire ce que Guenièvre lui fait ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi, hurle-t-il silencieusement, parce que sa gorge est trop nouée de terreur pour qu'il parle.
- Je vous avais dit que vous y viendrez... murmure Anna, triomphante, lui volant son orgasme en un souffle.
Puis elle s'en va.
Lorsque Guenièvre rentre, elle le découvre, prostré, des larmes séchées sur ses joues. Et il n'a pas même la force de mentir et de lui dire qu'il va bien.



















