M. Baveux, c’était sûrement le roi du coin, un monarque local, un peu roublard, qui te refilait tout ce qui traînait dans sa boutique, des clous rouillés aux ragots bien juteux. Aujourd'hui, les volets sont tirés et derrière, c’est plus désert que l’âme d’un fonctionnaire en fin de carrière. Il reste peut-être encore l’ombre des clients qui venaient plus pour se chauffer le gosier et dire du mal des voisins que pour faire des emplettes. Maintenant, c’est silence radio. La boutique est aussi vide qu’un cerveau d'animateur télé. On sent encore vaguement l’odeur de l’ancien commerce, mais faudrait un miracle pour redonner un peu de vie à cette vieille planque. Qui sait, peut-être qu’un de ces jours, un·e nostalgique égaré·e poussera la porte, par curiosité ou par masochisme et redonnera à ce bouclard son air d'antan, avec juste ce qu'il faut de parfum de naphtaline pour ressusciter les souvenirs.












