devant le grand retable rompant la pénombre de la salle, je me prenais à rêver d’un monde empli des regards de Duccio, le rêve le plus doux que je n’avais encore jamais fait ; et si les hommes possédaient ainsi tous les regards de ses anges alignés, faussement égarés de leur voie, tels des pétales d’une fleur qui ne mourrait jamais, j'avancerais aveugle du Mal, parmi leurs visages qui illumineraient d'humanité et de bonté le monde ; ce rêve n’était pas le mien, ce rêve avait été celui du peintre débuté le 3 octobre 1308 dans la ville de Sienne comme un appel, un éveil, à être plus vivant dans le réel qu’avant ce jour, ce rêve qui ce réalisait encore aujourd’hui était devenu simplement immortel ; remonter le fil des rêves jusqu’au’à leur source, retrouver la pensée éternelle
(Duccio di Buoninsingna, Maestà, 1308-1311, retable, détails, museo dell'Opera Metropolitana del Duomo, Sienne)