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2015. Renescure (Nord) : le Château de Philippe de Comynes et des choucas

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2015. Renescure (Nord) : le Château de Philippe de Comynes et des choucas

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PROMENADES EN BUELL DANS LES HAUTS DE FRANCEÂ
24 Juin 2020
 Flandre
 De Renescure à Wallon-Cappel par la D642.
Quatre Croix de la Légion d’honneur parmi les cousins de ma trisaïeule Adèle DECOUVELAERE
Lorsque je termine un article qui peut demander plusieurs semaines ou plusieurs mois de recherches d’informations, j’éprouve une grande satisfaction, un état de bien-être comme lorsque vous faites du rangement. Mais j’ai aussi du mal à quitter le sujet de mes recherches à l’instar des comédiens qui sont imprégnés de leur rôle.
Ayant encore l’esprit présent à Renescure et ayant noté que Jules DECOUVELAERE, le descendant de mon ancêtre Joseph DUQUESNOY, fermier du châtelain Jean Nicolas TAVERNE, qui avait épousé une descendante la famille TAVERNE de TERSUD, avait eu la Légion d’honneur, j’ai eu envie de m’intéresser aux décorés de cet ordre nés à Renescure. Parmi les sept récipiendaires, quatre ont un lien de parenté avec mon arrière-arrière-grand-mère Adèle DECOUVELAERE.
 Juste Fortuné Martial AMMELOOT est le plus âgé d’entre eux. Il a vu le jour à Renescure le 16 novembre 1791.
Il est entré comme soldat dans la Compagnie de réserve du Nord le 15 janvier 1809 alors qu’il avait tout juste dix-sept ans.
Le 5 mars 1812, il a été nommé sergent au 4ème régiment de tirailleurs de la jeune garde puis adjudant le 12 octobre 1812.
Durant ces années, il a participé à la campagne d’Allemagne puis à celle d’Italie en 1813.
Le 10 septembre 1813, il passe dans la gendarmerie d’élite en qualité de brigadier. Il est fait prisonnier de guerre le 14 février 1814 et il rentre dans ses foyers quatre mois plus tard, soit le 12 juin 1814. Durant cette période, l’empereur Napoléon I° a abdiqué, précisément le 6 avril 1814.
Qu’à cela ne tienne, le 15 mars 1815, Juste AMMELOOT s’engage comme soldat dans les Volontaires Royaux de Louis XVIII. Il émigre en Belgique, le 20 avril 1815, suite au retour de l’île d’Elbe de Napoléon I° et son entrée triomphale dans Paris le 20 mars 1815 pour Cent Jours soit jusqu’au 22 juin 1815.
Le 24 juin 1815, Juste AMMELOOT passe sous-lieutenant provisoire  et le 15 juillet 1815 adjudant major provisoire. Le 31 juillet 1815, il rentre de Belgique et devient lieutenant provisoire dans le 2ème régiment du Nord puis au 1° février 1816 dans la 1ère légion départementale du Nord qui deviendra, le 27 janvier 1821, le 28ème régiment d’infanterie de ligne.
Il devient sous-lieutenant le 26 juin 1816 puis lieutenant du 28ème régiment d’infanterie le 28 novembre 1821.
En 1822, Juste AMMELOOT fait partie du Corps d’observation des Pyrénées, au moment où une vague de libéralisme venant d’Espagne avait entraîné la démission du roi Ferdinand VII.
En 1823 et 1824, il fait partie des Cent Mille Fils de Saint Louis, armée française qui envahit l’Espagne afin de soutenir le roi et de réprimer ses opposants.
Le 26 juin 1830, Juste AMMELOOT est nommé capitaine du 28ème régiment d’infanterie de ligne. Il fera partie de l’Armée d’Afrique, en 1830 et 1831, qui marque le début de la conquête de l’Algérie par la France. La flotte avait appareillé à Toulon le 25 mai 1830 avec 453 navires, 83 pièces d’artillerie, 27 000 marins et 37 000 soldats.
Sa carrière militaire s’achèvera le 9 novembre 1844, à l’âge de cinquante-trois ans.
Il sera fait chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur par décret du 10 avril 1832, selon son dossier mis en ligne sur la base LEONORE.
En 1860, il était domicilié au 2 rue Saint Claude à Tours. Il ne semble pas avoir été marié. Il est décédé le 21 janvier 1865 mais je n’ai pas trouvé son acte de décès à Tours. Il avait soixante-treize ans.
Juste AMMELOOT était le cousin germain de Charles DECOUVELAERE, le grand-père d’Adèle.
 Sources :
Base LEONORE des Archives Nationales : http://www2.culture.gouv.fr/LH/LH003/PG/FRDAFAN83_OL0031032v001.htm
  Arthur Edouard DECOUVELAERE est l’autre militaire de la famille. Il est né le 13 août 1874 à Renescure. Son grand-père était un cousin germain de Juste AMMELOOT mais lui-même est un petit cousin d’Adèle DECOUVELAERE.
Tout comme Juste AMMELOOT, il s’est engagé dans l’armée. Il avait un peu plus de dix-huit ans lorsqu’il a signé son engagement pour quatre ans, le 11 octobre 1892. Il a tout d’abord été soldat de deuxième classe puis est passé caporal le 21 avril 1893, sergent le 11 mars 1894, sergent-fourrier le 1° février 1895 et de nouveau sergent le 21 juillet 1895.
Sa période d’engagement terminée, il a rempilé pour deux périodes de deux ans. Durant la deuxième période de deux ans, il a été admis comme élève-officier à l’Ecole militaire d’Infanterie de Saint-Maixent, à compter du 13 avril 1898. Durant sa formation, le 12 janvier 1899, il s’est blessé lors d’un exercice d’équitation. Il a été projeté contre le mur du manège et il s’en est sorti avec une contusion du genou gauche.
 Au 1° avril 1899, il est passé sous-lieutenant au 128ème régiment d’infanterie, puis lieutenant deux ans plus tard.
Au 1° octobre 1902, il passe au 82ème régiment d’infanterie où il reste un peu plus de dix ans.
Arthur DECOUVELAERE est nommé capitaine au 127ème régiment d’infanterie le 27 mars 1913. Le 21 juin 1913, au camp de Sissonne, il est à nouveau blessé des suites d’une chute de cheval mais sans réelle gravité.
Lorsque sonne l’heure de la mobilisation générale, en 1914, il se distingue vaillamment. Il a été cité à l’ordre de la Brigade le 27 septembre 1914 selon ces termes : « S’est distingué d’une façon particulière aux combats de Mariembourg le 25 août 1914, Esternay les 6 et 7 septembre, Vauxchamps le 9 septembre, ferme Madelin le 14 septembre. » lors de la première bataille de la Marne.
Il a également été cité à l’ordre du Corps d’Armée, le 27 octobre 1914, en ces termes « Le 15 octobre 1914, à Berry au Bac, a fait preuve du plus beau sang-froid et du plus grand courage au moment de l’attaque de la côte 91 ».
Il a été évacué du front le 15 juillet 1915 et détaché à l’Etat-Major de la 45ème Brigade.
Par décision ministérielle du 20 mars 1919, il passe au 63ème régiment d’infanterie.
Il a été fait chevalier de la Légion d’honneur par décret du 3 janvier 1915 alors qu’il était capitaine au 127ème régiment d’infanterie, sur rapport du Ministre de la Guerre : « A conduit sa compagnie de la façon la plus brillante dans toutes les affaires où le 127ème a été engagé. »
Il a été nommé officier de la Légion d’honneur par décret du 8 juillet 1928 sur proposition du Ministre de la Guerre alors qu’il était chef de bataillon au 107ème régiment d’infanterie. La remise de la croix d’officier a eu lieu, le 11 avril 1929, à Limoges, par le général commandant le XIIème corps d’armée.
A défaut de photo d’Arthur DECOUVELAERE, sa fiche matricule le décrit comme ayant les cheveux et les sourcils châtains et les yeux gris. Il mesurait 1m70.
Il s’est marié le 13 novembre 1902, à Abbeville, avec Marthe REMION. Il lui a fallu pour cela obtenir une autorisation ministérielle qui lui a été accordée le 24 octobre 1902. D’après son dossier de la Légion d’honneur, il aurait eu six enfants : cinq garçons et une fille.
Il est décédé le 15 août 1961 à Royère de Vassivière, dans la Creuse.
 Sources :
Base LEONORE des Archives Nationales : http://www2.culture.gouv.fr/LH/LH341/PG/FRDAFAN84_O19800035v2681911.htm
 Archives Départementales du Pas de Calais, fiche matricule N° 108, classe 1891, bureau de recrutement de Saint-Omer :
http://archivesenligne.pasdecalais.fr/v2/ad62/visualiseur/matricule.html?id=620470723&imgpage=frad062_1r_9154_0146.jpg&cote=1r_9154
  Jules Ulysse DECOUVELAERE est né le 19 mars 1854 à Renescure. Il était l’aîné des enfants d’une famille d’agriculteurs de la commune. Il était un petit-cousin de mon arrière-arrière-grand-mère Adèle DECOUVELAERE.
Sur sa fiche matricule, établie lorsqu’il avait vingt ans, on peut lire qu’il était étudiant en médecine en 1874. On peut également connaître ses caractéristiques physiques. Il avait les cheveux et les sourcils blonds et les yeux bleus.
En guise de service militaire, il a passé un an dans la 24ème section d’infirmiers du 8 novembre 1876 au 8 novembre 1877.
Ses études terminées, il était mis à la disposition de l’autorité militaire comme médecin aide-major de 2° classe de réserve et affecté à la 2° division d’infanterie, en 1880. Il a été affecté au 4ème régiment territorial d’infanterie en 1886 puis au régiment territorial d’infanterie d’Avesnes en 1891. Par décision ministérielle du 18 novembre 1892, il était affecté à l’Hôpital de Campagne N° 4 de la 41ème division d’infanterie puis, en date du 15 février 1895, à l’Hôpital de Campagne N° 12 du 1er Corps d’Armée.
Le 14 juin 1882, il épousait, à Hazebrouck, Jeanne TAVERNE de TERSUD. Il était alors installé médecin en cette ville. Je ne leur connais pas d’enfants.
D’après son dossier de la Légion d’honneur, Jules DECOUVELAERE a accompli de nombreux services civils.
Il a été membre du Conseil d’Hygiène de l’arrondissement d’Hazebrouck de 1880 à 1902 et vice-président de la Commission Sanitaire de cet arrondissement de 1902 à 1924. Il a été médecin des épidémies de l’arrondissement à compter de l’année 1899 et médecin inspecteur des enfants du premier âge à compter de la même date. Il était aussi Directeur du Service de désinfection sanitaire de l’arrondissement et membre des Commissions cantonales d’assistance des cantons d’Hazebrouck depuis 1905.
Il a été membre du Comité de vaccine de l’arrondissement dès le début de sa carrière, en 1880. Il s’agissait d’éradiquer la variole qui était responsable d’épidémies dramatiques et qui, pour les survivants, laissait des atteintes irréparables sur la peau. Elle était encore appelée petite vérole et elle aurait causé plus de morts, dans l’histoire de l’humanité, que la peste ou la grippe. A ce propos, il a fait remonter à l’Académie de Médecine une réaction pour le moins inattendue parmi un groupe d’enfants vaccinés par un médecin du bureau de bienfaisance, dans le secteur de la Motte au Bois, près d’Hazebrouck. Tous sauf un avaient réagi violemment une dizaine de jours après la vaccination avec de fortes fièvres et trois larges ulcères là où ils avaient été piqués. Ces ulcères étaient le siège d’une forte inflammation avec une abondante suppuration. En 1889, on en était encore aux débuts de la vaccination. Les médecins n’ont pas su ce qui s’était passé. Ils ont soupçonné l’élève déjà porteur du virus de la variole sur lequel de la lymphe avait été prélevée pour l’inoculer aux autres enfants d’être porteur de la syphilis bien que les symptômes ne correspondent pas à cette maladie, notamment la durée d’incubation.
Ces actions lui ont valu de recevoir la médaille d’officier de l’Instruction Publique, en 1908.
Il a été Président du Syndicat des Médecins de l’arrondissement d’Hazebrouck à dater de 1912 ainsi que membre du Comité Directeur de la Fédération des syndicats médicaux du département du Nord.
Il était aussi médecin de la Gendarmerie depuis le début de sa carrière, en 1880. En parcourant les journaux de l’époque sur Retronews, j’ai vu qu’il était aussi médecin légiste et qu’il était sollicité en cas de crime ou d’accident.
Jules DECOUVELAERE a été moins heureux en politique. En 1907, soutenu par l’abbé LEMIRE, député républicain d’Hazebrouck, il se présente à l’élection du conseiller général du canton d’Hazebrouck Nord. Le conseiller sortant, Georges DEGROOTE, avocat et clérical est réélu avec seulement trois cents voix d’avance. Suite à son décès, le 11 février 1911, des élections partielles ont lieu en avril 1911. Jules DECOUVELAERE affronte cette fois Henri DEGROOTE, le fils du conseiller général sortant et il est à nouveau battu mais plus nettement car la différence de voix est de 557.
Et pourtant, il venait de fonder, avec l’abbé LEMIRE et de financer à hauteur de deux cent mille francs la section locale de la « Ligue française du coin de terre et du foyer » autrement dit les « jardins ouvriers ». Ils avaient convoqué, en février 1911, les élus de l’arrondissement afin de leur exposer leur projet « qui pourrait accomplir un grand bien dans le pays, particulièrement en mettant de bonnes terres ou de petites habitations à la disposition des familles nombreuses et des plus malheureux ». Ce fut un franc succès et la fondation de la section fut décidée immédiatement.
Durant la Première Guerre Mondiale, Jules DECOUVELAERE a été mobilisé en qualité de médecin major, il avait alors soixante ans.
Jules DECOUVELAERE a été proposé par le Ministre des Pensions pour être fait chevalier de la Légion d’honneur. Edouard BOVIER-LAPIERRE a souligné qu’il a rendu « les plus éminents services aux invalides de guerre en leur prodiguant ses soins avec un admirable dévouement » et qu’il « s’est particulièrement consacré à la lutte contre la tuberculose »
Il a été nommé chevalier par décret du 17 octobre 1924 et il a reçu la croix de la Légion d’honneur le 29 octobre suivant des mains de l’abbé LEMIRE, d’après le Procès-Verbal signé de la main du député-maire républicain d’Hazebrouck.
Et pourtant, le journal « Le Temps », datĂ© du 21 octobre 1924, nous informe que, la veille, le Ministre de l’Hygiène et de la PrĂ©voyance Sociale, Justin GODART, a remis le ruban rouge au docteur DECOUVELAERE ainsi qu’au chanoine de la BONNEFON puis a assistĂ© Ă la pose de la première pierre d’un groupe scolaire, d’une maternitĂ© et d’un HĂ´tel des Postes. Â
Après avoir parcouru le dossier de la Légion d’honneur du chanoine de la BONNEFON qui avait fondé « l’œuvre Rochelaise pour l’adoption d’une ville dévastée » et qui fixa son choix sur Hazebrouck, j’ai constaté qu’il s’était ému d’avoir reçu la croix de la Légion d’honneur du Ministre et non du maire de la Rochelle comme choisi par lui. La Chancellerie lui a répondu que « le Gouvernement de la République a voulu vous donner un haut témoignage de sa bienveillance. Mais vous n’en devez pas moins …être reçu dans l’Ordre par un Membre de la Légion d’honneur. » Tout est bien qui finit bien !Hazebrouck
 Jules DECOUVELAERE est décédé en 1930 et plus précisément le 26 octobre comme me le signale mon cousin Arnaud DENAËS. Il s’est éteint dans une clinique située au 50 avenue Kléber à Malo les Bains. Il avait soixante-seize ans.
  Sources :
Archives Départementales du Nord, fiche matricule N° 1223, classe 1874, bureau de recrutement de Dunkerque :
https://archivesdepartementales.lenord.fr/?id=viewer&doc=accounts%2Fmnesys_ad59%2Fdatas%2Fir%2FRegistres_militaires%2FFiches%2Ffiches_matricules%2Exml&page_ref=6696&lot_num=1&img_num=1
 Base LEONORE des Archives Nationales :
http://www2.culture.gouv.fr/LH/LH114/PG/FRDAFAN84_O19800035v0259415.htm
 Retronews : Journal des débats politiques et littéraires du 19 septembre 1889 :
https://www.retronews.fr/journal/journal-des-debats-politiques-et-litteraires/19-septembre-1889/134/775055/3?from=%2Fsearch%23allTerms%3Ddecouvelaere%26sort%3Dscore%26publishedBounds%3Dfrom%26indexedBounds%3Dfrom%26page%3D5%26searchIn%3Dall%26total%3D162&index=114
 Retronews : La France du 11avril 1911 :
https://www.retronews.fr/journal/la-france-paris/11-avril-1911/649/2053537/2?from=%2Fsearch%23allTerms%3Ddecouvelaere%26sort%3Dscore%26publishedBounds%3Dfrom%26indexedBounds%3Dfrom%26page%3D4%26searchIn%3Dall%26total%3D162&index=77
 Retronews : La Démocratie (Issy les Moulineaux) du 7 mars 1911 :
https://www.retronews.fr/journal/la-democratie-issy-les-moulineaux/7-mars-1911/759/2183889/3?from=%2Fsearch%23allTerms%3Ddecouvelaere%26sort%3Dscore%26publishedBounds%3Dfrom%26indexedBounds%3Dfrom%26page%3D2%26searchIn%3Dall%26total%3D162&index=311911/759/2183889/3?from=%2Fsearch%23allTerms%3Ddecouvelaere%26sort%3Dscore%26publishedBounds%3Dfrom%26indexedBounds%3Dfrom%26page%3D2%26searchIn%3Dall%26total%3D162&index=31
 Retronews : Le Temps du 21 octobre 1924 :
https://www.retronews.fr/journal/le-temps/21-octobre-1924/123/758295/2?from=%2Fsearch%23allTerms%3Ddecouvelaere%26sort%3Dscore%26publishedBounds%3Dfrom%26indexedBounds%3Dfrom%26page%3D6%26searchIn%3Dall%26total%3D162&index=141
  Paul Alfred Edouard DECOUVELAERE était également docteur en médecine tout comme son oncle Jules Ulysse DECOUVELAERE. Il est né le 2 avril 1880 à Renescure alors que son père était pharmacien stagiaire et avait un peu plus de vingt-deux ans et sa mère pas encore dix-neuf ans. Son frère Alfred naissait deux ans plus tard à Renescure également. La famille est ensuite allée s’installer à Tourcoing.
Paul DECOUVELAERE, en plus d’être le neveu de Jules DECOUVELAERE, était également le fils d’un cousin germain d’Arthur Edouard DECOUVELAERE et son arrière-grand-père était un cousin germain de Juste AMMELOOT. Il était aussi le fils d’un petit-cousin d’Adèle DECOUVELAERE.
La fiche matricule de Paul DECOUVELAERE nous donne ses caractéristiques physiques. Il avait les cheveux et les sourcils châtains foncés et les yeux marron gris, il mesurait 1m67. En 1900, il était étudiant en médecine et son service militaire a été ajourné pour les années 1901 et 1902, par contre en 1903, il a été déclaré propre au service.
Il est arrivé au corps le 29 novembre 1903 comme soldat de 2ème classe. Il est passé au 150ème régiment d’infanterie le 16 février 1904 et le 28 juin 1904, il était nommé soldat de première classe. Il a été envoyé dans la disponibilité le 18 septembre 1904 avec certificat de bonne conduite. Il a ainsi pu terminer ses études de médecine et a été nommé médecin auxiliaire de réserve le 16 août 1905 et plus spécialement affecté au 15ème régiment d’artillerie. Il a ensuite été nommé pharmacien aide-major de deuxième classe de la 1ère Division le 9 avril 1906, toujours dans la réserve, puis de première classe le 13 juillet 1913. Il a ensuite été affecté à l’ambulance N° 13 du 1° Corps d’Armée à compter du 15 avril 1914.
A l’occasion de la Première Guerre Mondiale, Paul DECOUVELAERE a été mobilisé et il est arrivé au Corps le 4 août 1714, il avait alors trente-quatre ans et était père de deux petites filles. Je n’ai pas beaucoup de détails sur son parcours durant la guerre mais s’il était toujours à l’ambulance 13/1, il a été amené à se déplacer là où les combats étaient les plus vifs afin de soigner les blessés. L’ambulance 13/1 était ainsi à Gauchin-le-Gal dans le Pas de Calais du 30 octobre 1915 au 26 juin 1916 et à Noyon dans l’Oise du 9 au 22 avril 1917. Il a été nommé pharmacien major de deuxième classe le 1° mai 1917. Il a été démobilisé le 27 mars 1919.
Paul DECOUVELAERE avait eu la douleur de perdre sa mère à l’âge de quarante-cinq ans, juste un an avant son mariage avec Andréa DERVEAUX. A l’occasion de son mariage, il avait pris pour témoins son oncle Jules DECOUVELAERE, médecin à Hazebrouck qui avait déjà été témoin au moment de sa déclaration de naissance, vingt-sept ans plus tôt et un frère de sa mère, pharmacien à Lille.
Son unique frère, Alfred DECOUVELAERE a perdu la vie le 11 octobre 1915 à Saint Rémy sur Bussy dans la Marne. Il avait été blessé le 6 octobre et n’a pas survécu à ses blessures. Il était sergent au 243° régiment d’infanterie. Il avait trente-deux et était père de trois enfants. Il avait épousé en 1908 une jeune tourquennoise, Marguerite PLAYOUST dont la famille était installée en Australie pour y faire le commerce de la laine. Ses trois enfants sont nés à Sydney et il faisait des déplacements réguliers entre la France et l’Australie. En laissant son épouse et ses enfants en Australie alors qu’il allait partir rejoindre son régiment, en août 1914, Alfred a fait promettre à sa femme qu’elle vienne s’installer en France pour les études des enfants s’il lui arrivait malheur et c’est ce qu’elle fit.
Son frère Paul fut désigné tuteur des trois enfants et il finança leurs études.
Le dossier de la Légion d’honneur de Paul DECOUVELAERE n’est pas communicable en vertu de l’article 213.2 du code du Patrimoine. Paul étant né il y a bientôt cent-quarante ans, seul le délai de cent-cinquante ans est encore applicable. Il correspond à des documents comportant des renseignements individuels de caractère médical.
Le journal le Grand Echo du Nord de la France du 5 janvier 1932 nous permet tout de même de savoir que Paul DECOUVELAERE a obtenu la Légion d’honneur à titre militaire et il nous donne des renseignements complémentaires sur son parcours militaire durant la guerre. Il était dans le Service de Santé avec le grade de capitaine. Il a été décoré de la Croix de Guerre et il a fait l’objet d’une citation à l’ordre du 33° Corps d’Armée, en mai 1915 : « Très actif, très dévoué, a rendu les plus grands services à l’ambulance depuis le début des hostilités, tant dans son service spécial qu’en prêtant son concours dans les nombreuses opérations faites à l’ambulance. »
En ce qui concerne ses services civils, Paul DECOUVELAERE a créé et organisé, à Tourcoing, l’école d’infirmières de la rue du Tilleul, filiale de la Croix Rouge. Il était également Président du Syndicat des médecins de Tourcoing.
Paul DECOUVELAERE est décédé le 9 octobre 1969 à Ferrière-la-Grande, dans le Nord.
 Sources :
Archives Départementales du Nord, fiche matricule N° 2661, classe 1900, bureau de recrutement de Lille :
https://archivesdepartementales.lenord.fr/?id=viewer&doc=accounts%2Fmnesys_ad59%2Fdatas%2Fir%2FRegistres_militaires%2FFiches%2Ffiches_matricules%2Exml&page_ref=13689&lot_num=1&img_num=1
 Base LEONORE des Archives Nationales :
http://www2.culture.gouv.fr/LH/ddd-50.jpg (dossier non communicable)
 Gallica : Le Grand Echo du Nord de la France du 5 janvier 1932 :
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4763899z/f2.item.r=%22paul%20decouvelaere%22.zoom
De nombreuses ramifications Ă Renescure
Prenons pour personne de référence, mon arrière-grand-mère Julienne WYART car elle est l’aboutissement de toutes ces ramifications. Elle n’a pas vécu à Renescure mais elle a gravité autour (Lynde, Zuytpeene, Noordpeene puis Arnèke). Elle a aussi été amenée à venir régulièrement à Renescure car la famille de son mari y demeurait.
Julienne WYART vers 1910 (Merci Ă ma cousine Maryline GARS)
 Ses futurs beaux-parents, Désiré VANBREMEERSCH et Julie DERAM y ont repris une ferme, située le long de la route départementale, autour des années 1868 à 1870. J’ignore s’ils ont eu recours au notaire du village, Louis ROUSSEL, pour louer ou acheter cette ferme. Ils le côtoyaient très certainement à l’église mais leur sagesse paysanne les a conduits à se méfier de son train de vie un peu trop ostentatoire. On savait qu’il offrait des dîners somptueux arrosés de vins de grands crus. Dans sa demeure, il avait des meubles de prix et un grand nombre de voitures et de chevaux. Mais où trouvait-il tout cet argent ? Le maire, à qui le notaire avait prêté un carrosse à l’occasion de son mariage avait bien quelques doutes mais il ne se posait pas trop de questions et profitait de ses largesses. Il en était de même du clergé qui préférait fermer les yeux et ignorer d’éventuels débordements. L’aîné de ses fils était zouave pontifical, un autre est devenu prêtre.
L’épouse de Louis ROUSSEL avait mis au monde neuf enfants en à peine dix-huit ans de mariage. Elle était décédée le 8 janvier 1865, à l’âge de trente-six ans, soit un peu avant l’arrivée à Renescure de Désiré VANBREMEERSCH et Julie DERAM.
 A l’époque les notaires, en plus d’enregistrer les actes de ventes et les baux, faisaient aussi office de banquiers et plaçaient l’argent des petites gens avec la promesse d’intérêts confortables. Mais un beau jour, le château de cartes s’est effondré. Le notaire s’est enfui, vers la fin de juin 1877, à Metz, qui se trouvait en Allemagne depuis la guerre de 1870 mais il a néanmoins été arrêté, le 20 août suivant. Son procès s’est déroulé en juin 1878 aux Assises de Douai. Le Petit Journal du 4 juin 1878 nous explique que Louis ROUSSEL a laissé un passif de 561 000 francs. Non seulement il avait détourné des fonds mais il avait aussi fait de nombreux faux en écriture et il utilisait sa fille Julia, quatorze ans, pour réaliser ces faux documents. Plus de cent témoins ont été entendus. Le notaire a été condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Mais, à peine sept ans après son procès, le 19 février 1885, Louis ROUSSEL décédait en Seine et Marne, à l’âge de soixante-trois ans. Il se trouvait alors à la Maison Centrale de Melun, quai de la Courtille. Son acte de décès nous apprend aussi qu’il s’était remarié à Marie-Louise de GOTTIGNIES, vraisemblablement bien avant son arrestation.
 Après la mort de Désiré, le 19 mars 1879, à seulement soixante-quatre ans, ce sont les cinq fils et les deux filles qui ont pris la relève. Lorsque Julienne WYART a épousé Jérémie VANBREMEERSCH, en 1888, il restait encore deux fils et une fille sur la ferme, les autres étant mariés. Une sœur, Pauline VANBREMEERSCH avait épousé quatre ans auparavant Isidore DECOUVELAERE, cultivateur à Renescure qui n’était autre que son petit cousin. Adélaïde BELLENGIER, la grand-mère paternelle de Pauline étant la sœur d’Agnès BELLENGIER, la grand-mère d’Isidore DECOUVELAERE.
La ferme des parents VANBREMEERSCH est revenue au dernier fils à s’être marié, à savoir Isidore VANBREMEERSCH qui a convolé en justes noces en août 1892. Juste un an auparavant, la famille avait eu la douleur de perdre Pauline, jeune maman de trente-deux ans laissant cinq enfants à la charge de son mari. Caroline, la jeune sœur de Pauline avait alors vingt-quatre ans. Il fut décidé qu’elle était la plus à même de s’occuper des cinq enfants avec qui elle avait déjà un lien familial. Six mois plus tard, Caroline épousait son cousin Isidore qui lui fera encore six enfants. Il est à noter que parmi ces onze enfants (sept garçons et quatre filles), quatre garçons seront tués à la guerre 14-18. L’un des fils survivants épousera la veuve de son frère tué à la guerre qui avait un jeune enfant à sa charge.
 Julie DERAM s’est éteinte à Renescure le 8 mars 1896. Elle avait soixante-quatorze ans. C’est son gendre, Isidore DECOUVELAERE qui a déclaré son décès. Elle demeurait chez lui, auprès de sa plus jeune fille Caroline, dans leur ferme située rue de Cassel à Thérouanne.
Julie DERAM n’aura pas vu la transformation de l’église de l’Assomption de Notre-Dame mais sa fille Caroline et son gendre Isidore ont pu suivre les importants travaux de rénovation de l’édifice religieux. L’ancienne église à deux nefs fut « retournée » pour que l’entrée se fasse du côté est, sous la tour coiffée d’un capuchon, qui date du 17° siècle. Pour cela, il a fallu abattre, à l’ouest, le portail roman en pierre de craie érigé au 12° siècle qui a été remplacé par un chœur en briques rouges. A l’est, le chœur qui datait également du 12° siècle fut aussi démoli.
l’ancienne église de Renescure
 Les paroissiens n’avaient absolument pas conscience que l’ancien portail de l’église était un témoignage rare de l’art roman dans la région. Ils partageaient tout à fait la volonté de leur curé et de sa hiérarchie d’agrandir l’église en prolongeant les deux nefs et surtout de sauvegarder l’édifice dont les deux toitures recouvrant les deux nefs prenaient l’eau de partout entraînant des dégradations importantes à l’intérieur de l’édifice. Mes ancêtres ou leurs collatéraux ont même très certainement participé au financement de ces travaux. Ce sont des membres des sociétés savantes comme le Comité Flamand de France ou la Société d’Etudes de la Province de Cambrai qui ont dénoncé ces faits, mais sans aucun moyen de les empêcher. La Commission historique du Département du Nord avait estimé qu’il convenait plutôt d’ajouter une troisième nef comme dans la plupart des églises de Flandre sans que cela empiète trop sur le cimetière qui entourait l’église.
 la nouvelle église de Renescure dont le clocher a été surmonté d’un coq
Ernest LOTTHÉ, dans « Les églises de la Flandre française » nous donne une description du portail roman « Au bas d’un pignon pointu, sous une fenêtre flamboyante, il faisait figure d’un petit arc de triomphe à la gloire de saint Maur, juché dans une niche. On décida de « restaurer » l’église. Arceaux et colonnettes furent démontés, le vieux moine qui présidait depuis le 15° siècle, aux allées et venues des fidèles descendit de son perchoir. Personne ne le revit. »
Cette statue disparue était en bois. Le moine tenait en mains un bâton et un livre. Elle avait déjà été dégradée dans le passé car elle avait été sciée à la hauteur des genoux du saint.
plan cadastral de l’église en 1899 avant sa transformationÂ
 Nous avons vu qu’Isidore DECOUVELAERE était un petit cousin de Jérémie VANBREMEERSCH et des sœurs de celui-ci, Pauline et Caroline mais il était aussi un cousin germain d’Adèle DECOUVELAERE, la mère de Julienne WYART, du côté DECOUVELAERE, cette fois. De ce fait, Jérémie VANBREMEERSCH et son épouse Julienne WYART étaient des arrière-petits-cousins. Tout ce petit monde devait se rencontrer lors de réunions de famille ou de mariages et tisser des liens entre eux.
 Le père de Julienne WYART était Pierre François WYART et lui aussi avait des ancêtres à Renescure. Son arrière-grand-père, Nicolas LEFEBVRE a été uni par le mariage à Monique DELRUE, à Renescure le 21 août 1710 par le curé de la paroisse Louis BOUREZ. Le couple est ensuite allé vivre à Wardrecques.
Une autre de ses arrière-grands-mères, Marie Isabelle BAYON, y a vu le jour, le 31 août 1708. Son père, Pierre BAYON était veuf de Jeanne COOPMAN lorsqu’il a épousé Marie Isabelle DEZEURE, à Renescure, le 4 mai 1707.Il était laboureur et aussi bourgeois de Cassel. Leur union fut brève car il devait décéder trois ans et demi après son second mariage, le 4 novembre 1710. Il a été inhumé dans le cimetière de Renescure. Moins d’un mois auparavant, le couple avait perdu une petite Marie Angélique, à l’âge de cinq jours. Mon ancêtre Marie Isabelle BAYON est donc la seule enfant du couple BAYON-DEZEURE. J’ai dénombré exactement cent décès dans la paroisse de Renescure durant le mois de novembre 1710. Une épidémie de peste battait son plein à cette période et certains jours, on pouvait dénombrer cinq ou six inhumations alors qu’un an plus tard, en novembre 1711, le nombre de décès s’est élevé à six durant tout le mois.
Le curé Cornil VINERON avait lui aussi fait ses comptes pour l’année 1710 tout entière. Il avait dénombré 29 baptêmes, 9 mariages et 202 sépultures et il avait conclu cette annus horribilis par un dessin de tête de mort et d’ossement en indiquant « La mort a dépeuplé Renescure ».
Le curé Cornil VINERON a daté son dessin avec quelques lettres écrites en majuscule: LMDVLCV qui, remises dans le bon ordre, donnent MDCLLVV, soit 1710
Deux ans plus tard, le 8 décembre 1712, Jacques DEZEURE, le père de Marie Isabelle disparaissait à son tour. Il a également été inhumé dans le cimetière de Renescure.
Le temps de respecter le deuil de la perte de son mari puis de celle de son père, Marie Isabelle DEZEURE devait épouser, à tout juste trente ans, un veuf d’une dizaine d’années de plus qu’elle, François WATERLOOT. Elle est partie vivre à Lynde avec sa petite fille issue de son premier mariage, Marie Isabelle BAYON qui n’avait pas encore cinq ans.
 Henri DECOUVELAERE, le grand-père maternel de Julienne WYART, a vu le jour à Renescure le 22 janvier 1804 ou plus exactement le 1° pluviôse de l’an XII car le calendrier révolutionnaire était de rigueur. Il était le premier enfant de Charles DECOUVELAERE et d’Agnès BELLENGIER, mariés le troisième jour complémentaire de l’an XI, à Ebblinghem. Ils étaient sans aucun doute de fervents partisans de Napoléon Bonaparte qui avait pris le pouvoir par le coup d’état du dix-huit brumaire de l’an VIII car ils ont choisi Napoléon comme premier prénom pour leur fils. Mais les futurs événements historiques les ont poussés à utiliser Henri comme prénom usuel.
Le jeune Henri DECOUVELAERE n’a pratiquement jamais vécu à Renescure car ses parents se sont installés sur une ferme à Ebblinghem d’où était originaire sa mère, Agnès BELLENGIER.
Henri DECOUVELAERE, dont le premier prénom était Napoléon, a épousé une jeune fille de Lynde, Reine WATERLOOT, le 5 octobre 1831, soit seize ans après la bataille de Waterloo qui a entraîné l’abdication de l’empereur Napoléon I°. Les parents de Reine sont tous deux nés et décédés à Lynde mais son grand-père, Pierre François WATERLOOT a vécu un temps à Renescure, vers la fin de sa vie, puisqu’il y est décédé le 12 mai 1811. Il demeurait chez son fils Jean Baptiste qui était le curé de la paroisse.
Pierre François WATERLOOT était le neveu de François WATERLOOT qui, nous l’avons vu précédemment était le beau-père de Marie Isabelle BAYON, elle-même arrière-grand-mère de Pierre François WYART alors que Pierre François WATERLOOT est l’arrière-grand-père d’Adèle DECOUVELAERE, l’épouse de Pierre François WYART.
 Charles DECOUVELAERE, le père d’Henri a également vu le jour à Renescure. Il est né le 12 avril 1778 peu de temps après son frère jumeau, Nicolas Joseph DECOUVELAERE. Il y a passé toute sa jeunesse jusqu’à son mariage, après lequel il a repris une ferme à Ebblinghem.
Mais ses parents sont tous deux nés et décédés à Renescure. Nicolas DECOUVELAERE y a vu le jour le 18 février 1748. Il a épousé le 22 mai 1777 une jeune fille de son village, Augustine AMMELOOT qui avait quatre ans de moins que lui. Elle était née le 21 février 1752. Ils ont eu une dispense de deux bans du grand vicaire général. Un autre couple s’est marié le même jour et a bénéficié des mêmes faveurs. Il suffisait de payer pour cela.
Augustine AMMELOOT a eu un frère jumeau né avant elle, tout comme son fils Charles. Les deux enfants ont tous deux été baptisés le jour de leur naissance par le curé CHOCQUELLE. Elle a également eu un frère et une sœur nés jumeaux dix ans après elle.
L’année suivant la naissance d’Augustine, la reconstruction de la tour carrée de l’église touchait à sa fin. Elle était déséquilibrée et pouvait s’écrouler sur l’édifice religieux. La reconstruction avait duré quatre ans car il avait fallu récupérer les matériaux tout au long de la démolition pour les réutiliser ensuite.
Nicolas DECOUVELAERE est décédé à Renescure le 26 janvier 1820, Augustine AMMELOOT l’a rejoint le 11 avril 1824. Ils demeuraient non loin de la rue principale qui va d’Hazebrouck à Saint-Omer, plus précisément rue de l’arbre sainte Anne.
 La famille DECOUVELAERE était implantée à Renescure depuis quelques générations. Le père de Nicolas DECOUVELAERE se prénommait également Nicolas. Il est né le 3 décembre 1717. Il avait un peu plus de deux ans lorsqu’il a perdu ses deux parents à quatre jours d’intervalle.
 Après la mort de ses parents, le petit Nicolas a été élevé par Jacqueline DECOUVELAERE, sa tante et sœur de son père. Celle-ci s’est mariée en 1726, à l’âge de quarante-cinq ans, avec Guillaume DEBEURE de dix-sept ans son cadet. Nicolas avait presque quatorze ans lorsqu’il a assisté à l’inauguration des trois cloches de l’église, le dimanche 16 septembre 1731. L’évènement était d’une telle importance que le curé Jean Valentin MERLIN a jugé bon de le mentionner dans son registre des baptêmes, mariages et sépultures. Dans les semaines qui précédaient, Nicolas a pu assister à la fonte des cloches, non loin de l’église. La plus grosse porte les prénoms Marie Anne Albertine, ceux précisément de l’épouse (née VAN DER LINDE) de Messire Jean Nicolas TAVERNE, écuyer, seigneur de Renescure. Elle donnait le FA. La moyenne a été créée en l’honneur de Saint Maur, son parrain était Pierre Ignace CAMERLINCK, bailli de Renescure et notaire royal et sa marraine Marie Jacqueline REUMAUX, épouse de Mathieu STOVEN, échevin de la paroisse. Le curé CHOCQUELLE qui est arrivé dix ans plus tard dans la paroisse a jugé bon d’ajouter, dans la marge que Saint Maur n’est pas le patron de la paroisse mais la Sainte Vierge. Il est seulement honoré comme un saint particulier. On sait effectivement que sa statue de bois se trouvait dans une niche au-dessus du portail d’entrée dans l’église. La plus petite fut appelée Marie comme sa marraine Marie Anne CLEENEWERCK, fille de Louis François, greffier de la paroisse. En règle générale, les parrains finançaient tout ou partie d’une cloche mais le curé MERLIN a précisé que les cloches avaient été payées par la communauté de la paroisse.
 Jean Nicolas TAVERNE (1694- 1769), extrait du tableau “Concert en famille au château de Renescure” Palais des Beaux Arts de Lille
Nicolas DECOUVELAERE s’est marié, le 23 septembre 1744, avec Charlotte ALLOUCHERY, originaire d’Ebblinghem, qui avait aussi perdu ses deux parents. Son oncle par alliance, Guillaume DEBEURE était témoin à son mariage et il est désigné comme étant son ancien tuteur. En effet, Jacqueline était décédée trois ans auparavant.
 Nicolas est décédé à l’âge de cinquante-deux ans, le 18 juin 1770 et il a été inhumé deux jours plus tard dans le cimetière de Renescure. Son épouse, Charlotte, lui a survécu presque quarante ans puisqu’elle a rendu son dernier soupir le 4 juin 1810.
La mère de Nicolas DECOUVELAERE, Marie Louise CRESPEL était arrivée à Renescure un peu après le décès de sa propre mère soit entre 1691 et 1694. Sa famille qui vivait auparavant à Sainghin en Weppes, à une cinquantaine de kilomètres de Renescure, avait connu cinq décès entre 1686 et 1690 : quatre jeunes garçons dont des jumeaux nés dix-sept jours avant la disparition de leur maman, Marie MILLEVILLE. Charles CRESPEL, le père de Marie Louise s’est installé cultivateur à Renescure accompagné de six filles et d’un garçon.
 Le père de Nicolas DECOUVELAERE et mari de Marie Louise CRESPEL, était Baudouin DECOUVELAERE. Il était né à Rubrouck, paroisse dont était originaire sa mère, Marguerite ROMMELAERE, son père, prénommé Baudouin comme lui, étant de Buysscheure.
D’après les lieux de naissance de leurs enfants, Baudouin DECOUVELAERE, père, originaire de Buysccheure et son épouse Marguerite ROMMELAERE sont certainement venus s’installer sur une ferme à Renescure en 1681.Le village venait tout juste de devenir français suite au traité de Nimègue qui datait de 1678 et qui entérinait la victoire de la France lors de la bataille de la Peene en 1677.
 Le jeune Baudouin DECOUVELAERE avait quinze ans lorsqu’il est arrivé à Renescure avec sa famille. Une bonne dizaine d’années plus tard, ce fut au tour de Marie Louise CRESPEL d’arriver dans le village. Elle était à ce moment-là une toute jeune adolescente. Une petite dizaine d’années plus tard, le 7 janvier 1702, elle prenait pour époux un veuf qui avait quelques années de plus qu’elle et qui était fermier à Renescure, aux Hilles. Il s’appelait Pierre JACOB. Pratiquement quatre ans après leur mariage, le 30 décembre 1705, sur le coup de midi, une violente tempête détruisit le moulin des pauvres. Le curé VINERON a voulu garder une trace de cet évènement malheureux dans le registre paroissial en dessinant sommairement ce moulin qui était géré par la Table des Pauvres de la paroisse et en ajoutant « Ces granDs Vents M’ont fraCassé ». Ces lettres CDVMC remises dans le bon ordre donnent MDCCV soit 1705 en chiffres romains.
Pierre JACOB est décédé le 4 avril 1715, alors que Marie Louise était enceinte de sa quatrième fille.
Seize mois plus tard, le 15 octobre 1716, Marie Louise qui ne pouvait rester seule avec ses enfants sur la ferme de feu son mari fut unie à Baudouin DECOUVELAERE, un vieux garçon de cinquante ans. Ils eurent ensemble un petit garçon prénommé Nicolas, mon ancêtre. Leur mariage fut bref, un peu plus de trois ans, car Baudouin DECOUVELAERE a été inhumé dans le cimetière de Renescure le 10 janvier 1720 et Marie Louise CRESPEL le 14 janvier 1720. On se trouvait à nouveau confronté à une épidémie, certes moins forte qu’en 1710. Mais le curé VINERON a néanmoins commencé l’année 1720 en dessinant à nouveau une tête de mort sur le registre paroissial.
 in capito libri scriptum est de me
Augustine AMMELOOT, l’épouse du plus jeune des Nicolas DECOUVELAERE avait des ancêtres à Renescure, du côté maternel. On retrouve une trace de ses arrière-arrière-arrière-grands-parents, Thomas HIBON et Antoinette LECOIGNE dans une transaction du 30 janvier 1637. Cet acte notarié, établi à Saint-Omer et relevé par Yves LEMAIRE nous indique qu’une vente publique des biens de Thomas HIBON et d’Antoinette LECOIGNE a eu lieu à Renescure., après leur décès. Leurs quatre héritières ne demeuraient pas à Renescure, on peut donc se demander si mes ancêtres avaient simplement des biens à Renescure ou s’ils demeuraient dans la paroisse.
Jean François AMMELOOT, le père d’Augustine AMMELOOT, est né à Renescure le 8 février 1729. Il a été marié par le curé CHOCQUELLE, le 18 mai 1751, après dispense de deux bans, à Barbe DUQUESNOY, une jeune fille originaire de Renty, village de l’Artois situé à une trentaine de kilomètres à vol d’oiseau. Le père de celle-ci, Joseph DUQUESNOY, était venu exploiter la ferme du château de Renescure quelques années après le décès de sa première épouse, Marie Madeleine MECQUIGNON et son remariage avec une jeune fille originaire de Blaringhem, Marie Catherine GUERBOIS. Leur fille Marie Augustine étant née le 25 janvier 1738 à Renty et Marie Catherine GUERBOIS étant inhumée dans l’église paroissiale le 21 février 1740, on peut penser que la famille DUQUESNOY est arrivée à Renescure durant les années 1738 ou 1739.
le château de la CLYTE ou encore Philippe de COMMYNES tel qu’il existait avant l’incendie provoqué par les Allemands en 1942.
Mais de quel château s’agit-il ? Il existait deux châteaux à Renescure. L’un avait perdu sa fonction défensive de forteresse, à la frontière de la Flandre et de l’Artois, depuis que la châtellenie de Cassel était tombée dans le giron de la France, en 1678.  Il s’agit du château de la CLYTE où est né, en 1447, le diplomate et historien Philippe de COMMYNES. Ce château du XV° siècle avait été élevé sur un ancien château du XII° siècle. Le seigneur de l’époque où la famille DUQUESNOY s’est installée à Renescure était Jean Nicolas TAVERNE, celui-là même qui a financé la grosse cloche de l’église paroissiale. L’actuelle mairie de Renescure a pris place dans ce qu’il restait du château après que les Allemands y aient mis le feu le 1° janvier 1942 et surtout qu’ils en aient empêché l’accès aux sapeurs pompiers. Le deuxième château de Renescure est le château de Zuthove, construit pour la famille COORNHUUSE en 1472.
Joseph DUQUESNOY était échevin de Renescure, selon ce qui est précisé sur son acte de sépulture rédigé par le curé CHOCQUELLE. Joseph est décédé le 4 février 1762 et a été inhumé dans l’église deux jours plus tard. Il avait alors soixante-six ans. J’aurais tendance à penser que Joseph DUQUESNOY était le fermier du château de Jean Nicolas TAVERNE car il a bénéficié d’une faveur en étant inhumé dans l’église.
Il est à noter qu’un arrière-arrière-arrière-petit-fils de Joseph DUQUESNOY a épousé à Hazebrouck le 14 juin 1882 une arrière-arrière-petite fille de Jean Nicolas TAVERNE. Il s’agit de Jules DECOUVELAERE et de Jeanne TAVERNE de TERSUD.
Un peu moins de vingt mois plus tard, le dimanche 4 septembre 1763, le curé Charles CHOCQUELLE qui était dans la paroisse de Renescure depuis vingt-deux ans décédait à son tour. Il avait procédé à son dernier baptême le 8 août précédent. A-t-il eu une brève maladie ou est-il allé prendre quelques jours de repos au château de Coeurlu à Affringues, situé à une bonne vingtaine de kilomètres de Renescure à vol d’oiseau ? Un des coseigneurs des terres et seigneuries de Coeurlu, Affringues et Vaudringhem, Thomas Joseph LENGLART d’HAFFRINGUE, avocat au Conseil d’Artois a assisté à l’inhumation du curé et a signé le registre de sépulture de la paroisse d’Affringues. Avec la permission des seigneurs du lieu, le curé CHOCQUELLE a été inhumé dans le chœur de l’église d’Affringues. Il avait cinquante-quatre ans.
Jean François AMMELOOT n’a pas vécu bien longtemps puisqu’il est mort à seulement quarante-quatre ans, le 14 février 1773. Il a été inhumé deux jours plus tard, dans le cimetière de la paroisse. Son épouse, Barbe DUQUESNOY lui a survécu trente-deux ans. Elle s’est éteinte le 20 frimaire de l’an XIV soit le 11 décembre 1805.Elle demeurait alors chez son beau-fils, Pierre Joseph MILLE, le mari de sa plus jeune fille Marie Anne qui était cultivateur à Renescure.
Pierre MILLE et Marie Anne AMMELOOT avaient été unis par le curé constitutionnel C. GOUDEWIN, le 26 vendémiaire de l’an I soit le 17 octobre 1792. Ils auraient bien sûr préféré être mariés par leur curé habituel qui était arrivé dans la paroisse quelques mois après la naissance de Marie Anne, soit vingt-neuf ans plus tôt. Comme beaucoup de curés de Flandre, Mathieu Joseph DRUY a refusé de se soumettre à la Constitution Civile du Clergé. Il a célébré son dernier mariage le 31 juillet 1792, il a ensuite été démis de ses fonctions le 20 août et a été déporté le 14 septembre de la même année. Il est probablement mort en déportation car il avait déjà quatre-vingts ans en 1792.
Il est possible que les cloches n’aient pas sonné à toutes volées pour le mariage de Marie Anne et Pierre car un décret n’autorisant qu’une seule cloche dans les clochers des églises venait de paraître trois semaines plus tôt. Si les deux plus petites cloches n’avaient pas encore été descendues du clocher pour être fondues afin d’en faire des canons, ce n’était qu’une question de jours ou de mois.
La Révolution Française entraîna également la destruction partielle du château de la CLYTE et la confiscation de l’abbaye de la Woestine qui avait été vendue comme bien national, l’année précédente. Un négociant de Lille, Urbain VIRNOT, en fit l’acquisition mais il en profita bien peu car il fut arrêté par les révolutionnaires et mourut en 1794. En 1862, Louis LESAFFRE et Louis BONDUELLE rachètent la ferme de la Woestine. Ils ont tout d’abord été distillateurs de grains avant que leurs descendants ne se lancent dans la culture du petit-pois et ne deviennent la grande entreprise de légumes BONDUELLE qu’ils sont actuellement.
 Les parents de Jean François AMMELOOT ont été unis par le vicaire de la paroisse, le 12 avril 1712. Dans l’acte de mariage, il est précisé que Charles AMMELOOT est originaire de Renescure mais son épouse Pétronille BELS est née à Wallon-Cappel. Le registre des actes paroissiaux de Renescure ne commençant qu’en 1695, il n’a pas été possible de trouver l’acte de baptême de Charles AMMELOOT.
Charles AMMELOOT est décédé le 28 avril 1746 à l’âge de cinquante-sept ans et il a été inhumé dans le cimetière deux jours plus tard par le curé CHOCQUELLE avec « les cérémonies ordinaires » et « le premier service ». Ses deux fils aînés, Charles et Joseph ont signé l’acte de sépulture. Pétronille BELS avait soixante-trois ans à son décès, le 14 janvier 1752. Le curé CHOCQUELLE a procédé à son inhumation dans le cimetière, deux jours plus tard. Ses deux fils Joseph et Jean François ont signé son acte de sépulture, leur frère aîné Charles étant décédé deux ans auparavant, jour pour jour.
On peut penser que Pierre AMMELOOT, décédé le 3 mars 1721 est le père de mon ancêtre Charles qui a signé son acte de sépulture. Il a été inhumé dans le cimetière par le curé Cornil VINERON. Pierre avait perdu son épouse, Anne ROBINS un an plus tôt, lors d’une épidémie. Elle a été inhumée dans le cimetière le 3 janvier 1720, en présence de son mari et de son fils Charles. Quelques mois plus tard, le 20 septembre 1721, le curé Cornil VINERON décédait à l’âge de cinquante-six ans. Il avait procédé à son dernier baptême le 30 août et son vicaire l’a ensuite remplacé lorsqu’il n’était plus en mesure d’officier. « Le très digne curé », comme mentionné dans le registre paroissial, a été inhumé dans l’église Notre Dame de l’Assomption.
  Sources :
 Retronews ; Le Petit Journal du 3 juin 1878 :
https://www.retronews.fr/journal/le-petit-journal/3-juin-1878/100/398787/3?from=%2Fsearch%23allTerms%3Drenescure%26sort%3Dscore%26page%3D9%26searchIn%3Dall%26total%3D592&index=203
 Bulletin de la Société d’Etudes de la Province de Cambrai, tome III (juillet 1901 à juin 1902) :
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9754334z/f131.image.r=%C3%A9glise%20%20%20renescure
 Bulletin de la Société d’Etudes de la Province de Cambrai, tome XXIX (année 1929) :
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97544631/f194.image.r=%C3%A9glise%20%20%20renescure
 Ernest Lotthé : Les églises de la Flandre française au nord de la Lys- S.I.L.I.C éditions 1940
Archives DĂ©partementales du Nord:Â
https://archivesdepartementales.lenord.fr/?id=etat_civil
 Bulletins 1, 2 et 3 de l’Association « Renescure d’hier et d’aujourd’hui » :
http://maurice.humez.free.fr/Pages/bullc_frame.html
 Le patrimoine des communes du Nord- Flohic éditions
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