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Bonjour,
Bonjour, bonsoir,
Bonjour, bonsoir, bonjour,
Bonsoir, voilà, bonjour, bien à vous,
Heureux de vous rencontrer, bonjour, Salutations, Ma bonne dame (chapeau), Cher Messire, chers Messieurs, Chers Messires, mes belles dames, Gentes belles...
ah... Ah non pas vous, juste... Heu... juste derrière vous... ouiii, voilà. Vous, bonsoir.
J'en conviens, cela prend un peu de temps. C'est pourtant ce que m'a demandé de faire le chef derrière le rideau :
« quand tu entres en scène, tu salues tout le monde »
C'est ma toute première fois à vrai dire. Et je... hum... Je suis très heureux de... aem.... De... De vous présenter... en toute modestie quelques miettes tombées de mon humble cervelle. Ces miettes que les chiens viennent manger sous les tables. Des miettes de samaritains.
Ces idées saugrenues émiettées partout autour de cette chaise longue se sont succédé alors que je m'imaginais être nu dans la cuisine d'une inconnue.
Je prépare une bolognaise. Et cette merveilleuse amante rencontrée un peu plus tôt dans la journée par hasard en forêt, s'assied devant moi, les jambes légèrement écartées, et laisse amicalement apparaître son sexe velu. Velu ce qu'il faut. Animal et civilisé.
Je reste cependant concentré sur la préparation du soffritto. Mes mains tremblent un peu.
L'oignon, le céleri et les carottes libèrent leurs saveurs orgasmocosmiques dans la bonté divine de l'huile d'olive.
Deux tiers de bœuf, un tiers de ma saucisse de cochon. Je rissole la viande jusqu'au rire instinctif. Je déglace au vin rouge et termine mon deuxième verre.
Un rouge dense et charpenté. Un amarone ouvert il y a déjà quelques heures.
Un bon tiers pour la cocotte et deux tiers pour mon gosier. Le temps de cuisson est de 6 heures. Je rajoute le coulis de tomates préparé par mon frère Jérôme Grandet. Le grand cuisinier. J'en emporte toujours une ou deux bouteilles derrière moi au cas où je rencontrerais une personne à séduire avec un plat. À la toute fin j'y ajoute un verre de lait.
6 heures donc. Nous avons le temps de nous envoyer en l'air plusieurs fois de suite. Dans mon rêve. Si tant est que j'arrive encore à tenir ces multiples services.
Mais il y a autre chose encore. Voyez, c'est au-dessus de mon crâne. Une auréole lumineuse autour de ma conscience. Quelle plaie. Comme chez les saints sur les tableaux. L'amour de la sagesse. L'amour du cul. Sagesse de merde.
Je suis un saint déchu. Tombé du perchoir comme une perruche malade. Je ne voudrais pas en être un de saint, d'ailleurs. Bacchus. Mon ami. Aide-moi.
Monastère de merde. Tous terrés loin de la chair. Je n'aime pas les idéaux par contre j'aime bien les tableaux. Et en même temps je ne les aime pas vraiment. En vérité ils me fatiguent. Ils me fatiguent tous.
« Regardez-nous, nous sommes merveilleux. Peints par des génies ».
Et gnagnagna... Oh oui le symbolisme... Et gnagnagna... L'impressionnisme, le cubisme, le fauvisme, le futurisme, le fascisme... Et gagagagaga (gaggleling pornographique)
Raclures ! Pour qui vous prenez-vous ? Rats d'égouts que vous êtes. J'ai dans ma gorge un goût de dégoût au sortir de la visite d'un musée. Satisfait d'avoir avalé tout ce foutre d'artistes.
C'est compliqué la visite de ces pendus. En tout cas pour ma part, je n'y comprends pas grand-chose. D'où mon aversion sans doute.
L'objet en soi, le tableau, je ne l'aime pas tellement. Ou plutôt, je n'apprécie pas la façon dont son image m'est proposée. Cette façon de gesticuler autour de cette bien nommée « culture ». Ça ne sera jamais rien d'autre que de la culture de bourgeois. Bien loin des tas de fumiers.
C'est très étonnant cette façon d'aborder la représentation d'un objet de la pensée. Ce sale véhicule hypnotise le regard. La forme de la représentation n'est jamais neutre nom de Dieu. Toujours dirigée et dirigiste.
Regardez bien. Approchez-vous d'un peu plus près.
Vous voyez le cadre ? Il marque les contours d'un choix. Le choix de la scène. La scène sur laquelle je me tiens. Je suis dans le tableau, le rideau est juste derrière. Écarlate comme la cape d'un monarque. Je suis paré d'une cape de velours.
Voyez le cadre en bois, il possède des caractéristiques bien précises, factuelles, esthétiques. Il paraît que le bois est un matériau noble. Je n'en sais rien. Je comprends en revanche qu'il possède certaines propriétés qui lui confèrent un tel titre. Celui de noble. Comme mon sexe et celui de cette charmante jeune milf immobile sur le plan de travail en noisetier.
Ce n'est pas du plastique. Le cadre donc. Mais qui sait, un jour peut-être, le plastique sera-t-il noble également ?
Quoi qu'il en soit, je n'ai jamais vu du bois résister aux intempéries. C'est peut-être cela la noblesse : être absorbé par l'entropie constatée par le temps qui passe.
Approchez-vous d'un peu plus près. Vous voyez le détail du bois ? Contrairement aux exigences de préservation d'un musée où s'entassent les Chinois à Florence, ce cadre-ci, vous pouvez le toucher.
Prenez-le, mon sexe, dans vos mains. Je veux dire, le tableau. Allons, saisissez-le. Hehe. Ne soyez pas ridicules. C'est un exercice de la pensée. Attention tout de même, car c'est lourd, ne vous blessez pas. Huhu.
Faites quelques genoux flexions devant notre seigneur avant de le décrocher du mur. Glory Hole de la culture d'État.
Passez votre main sur les courbes sculptées. Vous sentez bien que ce cadre marque la fin de la peinture.
Alors bon, moi je raconte tout ça et il y a un ritale qui décide de taillader le tableau pour créer des espaces supplémentaires. Ces Italiens sont cinglés. J'en suis un également.
Bon, ces espaces supplémentaires valent plusieurs millions d'euros. Cette spéculation est merveilleuse.
Mais ce n'est pas parce qu'il existe un marché de la spéculation que le choix d'une scène n'existe pas. Bien sûr, le cadre sert avant tout à pendre la peinture.
Mais cela ressemble quand même étrangement à une fenêtre.
À une porte.
Le tableau est une porte.
La représentation est une porte.
Une fenêtre.
Un soupirail qui aspire le monde dans sa propre volonté d'engloutir les passants inattentifs.
Prenez garde maintenant, car plus la spéculation est haute, plus vous tomberez dans le vide.
En toute modestie, je me considère moi-même, un peu comme un tableau de maître.
Oui je sais bien ce que vous dites à votre voisin : « quel étrange personnage que voici, se prendre pour un tableau, se pend-t-il également au mur ? »
Évidemment, je suis d'une nature différente de celle des tableaux pendus dans les musées. Leur puissance est cachée dans l'histoire de celui qui tint le pinceau. Tout le reste n'est qu'affabulation. De la poudre aux yeux. Ce sont des postures morales ridicules.
Je suis d'une nature différente, disais-je, précisément car je suis ici devant vous. Je ne suis pas suspendu au mur. Je bouge. Je saute. Je virevolte. Regardez, je suis aussi souple que le marteau de Thor. Le fils d'Odin pendu à l'arbre Yggdrasil.
Je suis plutôt le genre de tableau à ne pas être un tableau mais une fenêtre donnant sur l'arrière-cour où l'on sort les poubelles.
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Poubelles : la pagaille : la gestion des ordures ménagères met en relief de façon criante les problèmes qui naissent de l'écart entre l'évolution démographique et les services publics de proximité. La municipalité David Richard et Cécile Curtet a accordé plus de 250 permis de construire en 10 ans. Et ce chiffre correspond aux actes administratifs mais par exemple le Villarey 01 c'est 6 permis de construire entraînant 80 logements. Dans le
même temps les espaces de collectes n'ont pas évolué. Les logettes sont restées identiques. A la sortie de fêtes, c'est la pagaille totale. Et pendant les canicules d'été c'est un trouble de voisinage manifeste avec des odeurs désagréables parce que les couvercles des poubelles sont ouverts et parfois des déchets sont même posés à côté. Et dans le même temps la taxe d'enlèvement des ordures ménagères augmente tout le temps ...