La polyarthrite rhumatoĂŻde par Nolwenn : âJe crois que la maladie mâa fait grandir, quâelle mâa aidĂ©e Ă ĂȘtre la personne que je voulais ĂȘtre, et bizarrement, Ă ĂȘtre heureuse.â
Câest un tĂ©moignage lumineux et inspirant que nous livre Nolwenn. Atteinte dâune forme plutĂŽt de polyarthrite rhumatoĂŻde, cette femme incroyable qui ne sâest jamais sentie âaussi heureuse quâaujourdâhuiâ a Ă coeur de transmettre de lâespoir en partageant son vĂ©cu. âMĂȘme si certains moments peuvent ĂȘtre difficiles, on peut ĂȘtre malade et heureux !â.Â
Une rencontre qui vous fera changer votre vision de la vie !Â
Bonjour, pouvez-vous présenter en quelques mots ?
Bonjour, je mâappelle Nolwenn, jâai 33 ans, je suis mariĂ©e, et je vis aujourdâhui en Suisse. JâĂ©cris actuellement un livre pour partager mon histoire (avec la maladie mais pas que !), et je viens Ă©galement dâouvrir un blog : www.nolwenn-marchal.com.
Vous avez une polyarthrite rhumatoïde, diagnostiquée juste avant vos 24 ans, pouvez-vous nous raconter votre parcours avec cette maladie ? Comment vivez-vous aujourd'hui avec ?
Jâai commencĂ© Ă avoir des douleurs dans les mains, jâavais 22 ans. Au dĂ©but, jâai pensĂ© que ça passerait, sauf quâau bout de six mois, ça nâĂ©tait toujours pas passĂ©. Jâai donc fait des recherches sur internet et câest lĂ que jâai dĂ©couvert la polyarthrite rhumatoĂŻde. Jâai tout de suite eu lâintuition que câĂ©tait ce que jâavais mais quand jâai consultĂ© un mĂ©decin, il sâest moquĂ© de moi. Et câest bĂȘte mais je nâai pas osĂ© consulter quelquâun dâautre. Je suis donc restĂ©e avec mes douleurs pendant encore un an et demi, jusquâĂ ce quâelles deviennent insupportables et que mes doigts commencent Ă se dĂ©former. Jâai alors consultĂ© une rhumatologue et cette fois, le diagnostic est tombĂ©. Jâavais raison, câĂ©tait bien une polyarthrite !
AprĂšs le diagnostic, ça a Ă©tĂ© assez difficile, le temps que le traitement se mette en place. Jâai eu une grosse infection qui mâa valu dâĂȘtre hospitalisĂ©e juste avant mon anniversaire. Les douleurs Ă©taient trĂšs intenses, je nâarrivais plus Ă me servir de mes mains. JâĂ©tais aussi trĂšs fatiguĂ©e et câĂ©tait vraiment dur Ă gĂ©rer (jusque-lĂ , jâĂ©tais plutĂŽt hyperactive). Et puis, petit Ă petit, je me suis habituĂ©e, la vie a repris son cours, jâai Ă nouveau pu faire des projets, et les rĂ©aliserâŠ
Il y a eu des hauts et des bas : des crises trĂšs fortes qui font que mes doigts sont pas mal dĂ©formĂ©s aujourdâhui (jâai une forme sĂ©vĂšre et dĂ©formante), des infections Ă cause des traitements, une opĂ©ration en fĂ©vrier, mais aussi des pĂ©riodes tranquilles. Jâai mĂȘme Ă©tĂ© en rĂ©mission pendant un peu plus dâun an, avant que la maladie reprenne. Aujourdâhui, la maladie est toujours forte et je vais bientĂŽt passer Ă un troisiĂšme traitement mais je vis bien avec. Certes, parfois câest dur mais jâarrive Ă ĂȘtre heureuse malgrĂ© tout, je nâai mĂȘme jamais Ă©tĂ© aussi heureuse quâaujourdâhui, et câest ce qui est le plus important Ă mes yeux.
Qu'est-ce que l'arrivée de la maladie a changé dans votre vie ?
Quand jâai appris que jâĂ©tais malade et que je le serai toute ma vie, je me suis posĂ©e plein de questions sur ce que je voulais faire, sur ce qui Ă©tait important pour moi⊠Et ça mâa aidĂ© Ă rĂ©aliser plein de choses que je nâaurais jamais imaginĂ© faire un jour. Jâai par exemple créé deux entreprises, cĂ©lĂ©brĂ© une cinquantaine de mariages⊠Au fil des annĂ©es, la maladie mâa aussi appris Ă prendre soin de moi, Ă ĂȘtre plus sensible aux petits bonheurs de la vie, Ă ĂȘtre plus tolĂ©rante aussi⊠En fait, je crois que la maladie mâa fait grandir, quâelle mâa aidĂ©e Ă ĂȘtre la personne que je voulais ĂȘtre, et bizarrement, Ă ĂȘtre heureuse.
Vous avez décidé tout récemment de parler publiquement de la maladie, suite à une opération survenue en février... Qu'est-ce qui vous a poussé à vous confier ainsi sur la maladie ?
Oui jusque-lĂ , je ne parlais jamais de la maladie et presque personne nâĂ©tait au courant Ă part mon mari et ma famille trĂšs proche. Je voulais vivre une vie la plus normale possible, et jâavais peur du regard des autres, de leurs rĂ©actions, de leurs rĂ©flexions. Je nâĂ©tais pas prĂȘte Ă assumer ça.
Et puis, je me suis faite opĂ©rer en fĂ©vrier et ça mâa beaucoup secouĂ©e. Physiquement mais aussi psychologiquement. Ăa a remuĂ© plein de choses. Et petit Ă petit, jâai pris conscience que je devais arrĂȘter de cacher cette partie de ma vie. Pour moi dâabord, pour enfin accepter pleinement et vivre avec. Et puis, pour les autres aussi.
Je me suis rendue compte que jâavais vĂ©cu les plus beaux moments de ma vie depuis le diagnostic, que je nâavais jamais Ă©tĂ© aussi heureuse quâaujourdâhui, et ce, malgrĂ© lâopĂ©ration. Et je me suis dit que je pouvais peut-ĂȘtre donner de lâespoir Ă ceux qui viendraient dâĂȘtre diagnostiquĂ©s ou Ă ceux qui traversent des moments difficiles. Que je pouvais leur montrer que nos vies peuvent ĂȘtre belles.
Vous avez en cours un projet de livre, pouvez-vous nous en dire plus ? OĂč en ĂȘtes-vous dans ce projet ?
Oui jâai commencĂ© Ă Ă©crire un livre pour justement partager mon histoire, partager mon chemin, les hauts, les bas, ce qui mâa aidé⊠Jâai commencĂ© Ă Ă©crire quelques semaines aprĂšs lâopĂ©ration et ça mâa fait beaucoup de bien. LĂ , je suis dans une phase oĂč jâai besoin de prendre un peu de recul par rapport Ă ce que jâai Ă©crit, de rĂ©flĂ©chir Ă la structure de tout ça. Je nâai pas envie de me prĂ©cipiter. Câest un livre trĂšs personnel, qui compte beaucoup pour moi, et je vais prendre le temps quâil faut.
Quels sont vos autres projets et défis ?
En attendant la publication du livre, je viens, comme je le disais tout Ă lâheure, de lancer un blog (www.nolwenn-marchal.com) pour pouvoir partager un peu plus que sur les rĂ©seaux sociaux. Et jâaimerais aussi beaucoup pouvoir faire des confĂ©rences, ou des ateliers, pour pouvoir rencontrer les gens en vrai et Ă©changer avec eux de vive voix.
Avec une amie, on a Ă©galement lancĂ© un challenge sur instagram : « Parlons des maladies chroniques avec le cĆur », pour faire parler des maladies chroniques, apporter un peu de soutien aux malades, et informer ceux qui ne le sont pas. LâidĂ©e, câest de crĂ©er des cĆurs de couleur crĂšme (peu importe comment : dessin, peinture, dĂ©coupage, laine, crochet, punch needle, tricot...) et dâinonder les rĂ©seaux sociaux avec (avec le #ParlonsDesMCavecLeCoeur et nos tags @titoudou_ et @nolwennmarchal pour quâon puisse relayer). Vous pourrez trouver toutes les infos sur le blog de mon amie Carine : http://www.titoudou.com/fr/2018/07/20/8547/
Et puis, jâai encore dâautres idĂ©es mais chaque chose en son temps ;-)
Pour finir, un message Ă faire passer ?
Oui, gardez espoir ! MĂȘme si certains moments peuvent ĂȘtre difficiles, on peut ĂȘtre malade et heureux ! On peut continuer Ă faire plein de choses, on peut rebondir, rĂ©aliser nos rĂȘves, peut-ĂȘtre diffĂ©remment selon la maladie, mais on peut toujours ! Tant quâon est en vie, câest quâon peut vivre avec !
Mon blog : www.nolwenn-marchal.com
Mon compte Instagram : @nolwennmarchal (https://www.instagram.com/nolwennmarchal/)
Ma page Facebook : https://www.facebook.com/nolwennmarchal.auteure/












