Cher·e·s ministres, les femmes journalistes pigistes vous attendent encore !
Communiqué du 9 mars 2020
Le saviez-vous ? Les femmes pigistes nâont pas les mĂȘmes droits que les autres femmes journalistes : les conditions pour accĂ©der au congĂ© maternitĂ© sont plus restrictives pour celles qui travaillent sous ce mode de rĂ©munĂ©ration dĂ©jĂ prĂ©caire... Pour avoir droit Ă des indemnitĂ©s journaliĂšres correctes, lâassurance maladie demande un minimum de cotisations 3,4 fois plus important que pour les autres salariĂ©es.
En 2019, Prenons la Une a rencontrĂ© des reprĂ©sentant·e·s de plusieurs ministĂšres - MarlĂšne Schiappa aux Droits des femmes, lâĂ©quipe de Franck Riester Ă la Culture - pour demander que cette rupture dâĂ©galitĂ© soit corrigĂ©e. Et depuis ? Rien. Les nĂ©gociations durent, les syndicats discutent depuis un an avec la Direction de la sĂ©curitĂ© sociale, mais la promesse faite par les ministĂšres nâest toujours pas tenue ! Ă lâoccasion de la JournĂ©e internationale des droits des femmes, Prenons la Une les interpelle et leur demande dâagir dans les prochaines semaines pour que cette inĂ©galitĂ© ne pĂ©nalise pas ces journalistes plus longtemps.
Mais ce nâest pas tout, les journalistes pigistes (Ă 53% des femmes) sont les plus prĂ©caires. Lors des Etats gĂ©nĂ©raux des femmes journalistes dâavril 2019, nous avions rĂ©digĂ© des Cahiers de dolĂ©ances pour avancer des propositions dâamĂ©lioration concrĂštes de leurs conditions de travail. Nous les avons envoyĂ©es aux ministĂšres et aux directions de 100 rĂ©dactions en novembre 2019... elles sont restĂ©es sans rĂ©ponse.
Nos autres revendications sont toujours dâactualitĂ© :
âą Nous voulons que le recours abusif Ă la pratique de lâauto-entrepreneuriat et au paiement en droits dâauteur soit sanctionnĂ© et remplacĂ© par un paiement Ă la pige en tant que salariĂ©. Nous voulons que la rĂ©munĂ©ration des pigistes ait lieu le mois du travail effectuĂ© et non lors de son hypothĂ©tique publication.
âą Nous voulons que soient nommé·e·s des rĂ©fĂ©rent·e·s discriminations sexistes et sexuelles dans chaque rĂ©daction, auxquels les pigistes pourraient se confier en cas de problĂšme. Dans les petites rĂ©dactions embauchant moins de dix personnes, il faudrait mettre en place un·e rĂ©fĂ©rent·e indĂ©pendant·e (un·e reprĂ©sentant·e syndical·e par exemple) pour Ă©viter de mettre les victimes en difficultĂ©. Nous lâavions mesurĂ© et vĂ©rifiĂ© : les femmes pigistes sont plus exposĂ©es aux situations de harcĂšlement que les personnes en poste.
âą Enfin, nous souhaitons que le personnel des Caisses dâAssurance maladie, de PĂŽle emploi et de la CAF soit formĂ© Ă ce mode de paiement (oui les pigistes sont des salariĂ©es et non, une pige nâest pas un CDD).
Lâassociation Prenons la Une