AMERICAN ASSASSIN (2017)
Dylan OâBrien avait fait ses preuves en incarnant le hĂ©ros de la âteen-sagaâ de qualitĂ© THE MAZE RUNNER (2014-2018), dont le troisiĂšme opus a vu sa sortie repoussĂ©e Ă lâan prochain suite Ă un accident de plateau pendant le tournage, lâacteur ayant frĂŽlĂ© la mort lors dâune scĂšne de cascade en voiture. On avait pu le revoir briĂšvement dans le trĂšs bon DEEPWATER (2016), et aujourdâhui dans AMERICAN ASSASSIN, le sortant ainsi de sa zone de confort connue: ce thriller dâaction retrace le parcours de Mitch Rapp, nouvelle recrue de la CIA, aprĂšs sâĂȘtre fait recruter par la cĂ©lĂšbre agence amĂ©ricaine. Sâouvrant sur une sĂ©quence intimiste de demande en mariage lors de vacances Ă Ibiza, Rapp se retrouve au cĆur dâun vrai massacre perpĂ©trĂ© par un groupe de djihadistes, mitraillant Ă tout-va les occupants de la plage touristique: un bain de sang qui coĂ»tera la vie Ă sa bien-aimĂ©e, et le plongera dans un enfer mental qui le conduira Ă infiltrer le rĂ©seau par lui-mĂȘme afin de rĂ©clamer vengeance. RĂ©ussissant Ă infiltrer le rĂ©seau terroriste en solo et ce en seulement dix-huit mois, il Ă©chouera de justesse son objectif personnel, sâĂ©tant fait pister par les Forces SpĂ©ciales qui achĂšveront sa cible avant lui: suite Ă cet Ă©vĂ©nement, Rapp sera confinĂ© au sein de lâagence et se verra proposer de rejoindre Orion, un groupe Black Ops menĂ© par Stan Hurley -interprĂ©tĂ© par un Michael Keaton trĂšs en forme depuis son retour sur les Ă©crans-, un vĂ©tĂ©ran des Navy Seals. AMERICAN ASSASSIN porte donc trĂšs bien son nom, laissant une grande place Ă lâaction, le personnage de Rapp Ă©tant une tĂȘte brĂ»lĂ©e talentueuse: les thĂ©matiques inhĂ©rentes au genre -conflit nouvelle recrue/formateur, dĂ©sobĂ©issance aux ordres et bad guy du film/ancien membre du groupe dâĂ©lite-, bien que pressenties, fonctionnent pour faire de ce long-mĂ©trage forcĂ©ment âpatrioteâ un vif actioner assez violent et sanglant, contexte oblige. Assez sombre et sanglant, AMERICAN ASSASSIN ne stagnera pas aux U.S.A. et nous fera voyager aux quatre coins du monde -Italie, Pologne, Turquie, etc.-, la mission principale se portant sur la disparition inquiĂ©tante de quelques kilos de plutonium: cette raison scĂ©naristique technique permet au film de verser dans le grand spectacle pour sa scĂšne finale, digne des meilleurs films catastrophe mais ne traĂźnant pas en longueur pour autant. On reste accrochĂ© de par la tĂ©nacitĂ© et la vigueur de Dylan OâBrien, offrant au protagoniste principal une crĂ©dibilitĂ© sur la durĂ©e, vĂ©ritable bombe Ă retardement vivace et dangereuse: pourtant, AMERICAN ASSASSIN souffre dâune lĂ©gĂšre sensation de redite, faute Ă une storyline linĂ©aire bien quâhabilement mise en valeur. TrĂšs bien rĂ©alisĂ©, le film ne lasse pas vraiment, grĂące Ă cette action rĂ©aliste et au dĂ©paysement, formule rĂŽdĂ©e par la licence JAMES BOND (1962-2015). Entre chasse Ă lâhomme, course-poursuite Ă travers le globe et combats Ă lâarme Ă feu ou Ă lâarme blanche, AMERICAN ASSASSIN est un long-mĂ©trage costaud, mais malheureusement Ă©phĂ©mĂšre, comme un coup de feu: ça Ă©clate, ça se voit, ça fait du bruit, et puis... plus rien: le film sâoccupera de vous pendant presque deux heures, mais son potentiel de revisionnage sâapproche de zĂ©ro -comme beaucoup dâautres, dâailleurs-, une fois le climax terminĂ©. Nous laissant deviner une suite car adaptĂ© du roman Ă©ponyme de Vince Flynn paru en 2010 -sur une totalitĂ© de 16 livres (!) narrant les aventures de Mitch Rapp, dont 13 Ă©crits de sa main-, on laisse sa chance Ă un prochain Ă©pisode, le hĂ©ros dâAMERICAN ASSASSIN Ă©tant plus frais et convaincant qâun JACK REACHER (2012-2016), par exemple. Affaire Ă suivre.Â
CIA /20