Mega Mac de McDonald’s
Tout récemment, McDonald's a sorti (pour une durée extrêmement limitée) des affres des années 90 le Mega Mac, qui déchaîna les passions il y a 20 ans. Double raison pour moi d'aller le tester la bave aux lèvres, puisque vous connaissez mon amour de la décennie de Bill Clinton et de Kate Moss.
Qu'est-ce donc que le Mega Mac ? Il faut dire qu'on commence à s'y perdre, dans toutes ces déclinaisons du plus célèbre burger de la planète. Il y a quelque temps, on avait eu droit à la version "upgradée" par deux pauvres tranches de bacon. Je me souviens également d'une version géante ou le Big Mac s'élargissait pas mal. Sur les photos, on voyait bien que le Mega Mac comportait quatre steaks au lieu de deux, mais difficile de dire si les dimensions générales restaient les mêmes.
Eh bien oui. Il s'agit du même Big Mac habituel, auquel on ajoute simplement deux steaks. Un concept foudroyant qui peut attirer au début, mais si l'on réfléchit un peu, on se rend vite compte que ça ne peut pas marcher. Bon, d'abord, s'il ne s'agit que d'un pauvre Big Mac auquel on ajoute deux steaks, il va falloir m'expliquer pourquoi on a poireauté vingt minutes au guichet, mais passons. Le Big Mac est le plus grand de tous les burgers, pour sa simplicité et le subtil équilibre de ses ingrédients. Pain, salade, oignons, cornichons, fromage, steaks, et sauce spéciale. Imparable, avec en plus ce pain intermédiaire qui le rend si unique.
BOUFFAR TROIS MILLE RPZ
Bien évidemment, si on double la portion de viande, cet équilibre ancestral est perturbé. Chaque bouchée devient alors nettement plus sèche, et même plus fade, les steaks de McDo ne brillant pas particulièrement par leur saveur. Les cornichons et la sauce passent donc au second plan. Heureusement que pour ce soir-là mon comparse hérétique retirait les cornichons de son burger avec une moue répugnée car je pus les récupérer sans vergogne et les ajouter à au mien (mais il en aurait fallu encore plus). Pour la sauce, je dus me résoudre à piocher dans mes réserves d'urgence et tremper mon burger dans de la sauce pomme-frites de la même enseigne (qui était sûrement périmée car elle avait un goût de sauce béarnaise de cantine scolaire).
Autre équilibre bousculé : la configuration verticale du burger. Avec ses deux étages séparés par un bun intermédiaire, le Big Mac n'est pas le burger le moins casse-gueule à assembler, et les esclaves en cuisine n'y peuvent pas grand-chose. Si l'ensemble résiste assez bien au début, on finit souvent les dernières bouchées avec un bout de steak entre deux doigts et le reste du burger entre d'autres doigts. Je vous laisse imaginer le résultat avec deux steaks supplémentaires, et donc une hauteur totale encore agrandie. Dès le départ, on a l'impression d'avoir une mini tour de Pise dans sa boîte en carton, et passé la moitié, ça ne ressemble plus à rien.
Voilà donc un cas flagrant où améliorer un chef-d’œuvre ne fait qu'amoindrir sa grandeur. Cela dit, le Mega Mac reste un Big Mac, avec cette saveur unique, il est juste plus sec et compliqué à manger. A réserver à ceux qui ont faim, car les deux steaks ajoutés contribuent pas mal à remplir le bide (momentanément évidemment, dans le plus pur style McDo).
Rédigé par Jumbo











