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L’Hôtel de Matignon
Le bureau de notre actuel premier ministre, Jean Castex, se trouve au 57 rue de Varenne, au sein du faubourg Saint-Germain, quartier riche en hôtels particuliers du XVIIIème siècle, hébergeant aujourd'hui pour la plupart ministères et ambassades. L'Hôtel Matignon, présenté ici, est depuis 1935 la résidence officielle du chef du gouvernement français.
Commandité en 1722 par Christian Louis de Montmorency-Luxembourg, prince de Tingry, celui-ci le vend, avant même la fin des travaux, à Jacques III de Goyon, sire de Matignon, qui lui donnera son appellation. L'architecte initial, Jean Courtonne, engagea en effet des dépenses plus élevées que prévues, afin de concrétiser son projet, consistant à agrandir la cour des communs, à l'ouest de la cour d'honneur, décentrant ainsi la façade sur cour par rapport à la façade sur jardin. Le plan décentré était né, devenant par la suite une caractéristique originale des hôtels particuliers parisiens. Le fils du Sieur Matignon, Jacques IV de Goyon-Matignon, hérite de l'hôtel à la mort de son père en 1725. Devenu prince de Monaco de par son union avec Louise-Hippolyte Grimaldi, l'hôtel devient alors l'apanage des princes de Monaco. En février 1793, la Ière République française annexe la Principauté de Monaco, plaçant de fait l'Hôtel Matignon sous séquestre, assignant à résidence le prince Honoré III, qui y décède en 1795. Commence alors la valse des propriétaires successifs :Restitué aux Matignons sous l'Empire, il fut vendu par Honoré IV au banquier Quentin Crawford, qui l'échangea à Talleyrand, alors ministre des Affaires étrangères, qui s'y ruina en donnant de riches réceptions en l'honneur d'ambassadeurs étrangers, avant d'être contraint de le vendre à Napoléon Ier. Devenu propriété du roi Louis XVIII sous la Restauration, celui-ci l'échangea contre le Palais de l'Élysée à Bathilde d'Orléans, duchesse de Bourbon, qui le lègue à sa mort à sa nièce Adélaïde (sœur du futur Louis-Philippe). Elle accueille alors pour quelques années une communauté de religieuses, avant de le louer à un riche colonel américain, Herman Thorn. Après la mort d'Adélaïde de Bourbon, l'hôtel devient la propriété de son neveu, Antoine d'Orléans, duc de Montpensier, qui le loue à l'État, qui le sous-loue (et oui) au général Cavaignac sous la IIème République, puis à Pierre-Jules Baroche, ministre président le Conseil d'État sous le Second Empire. En 1852, Raffaelle de Ferrari, duc de Galliera, rachète l'hôtel, qui devient pour un temps l'hôtel Galliera. L'architecte Félix Duban y opère alors de profonds remaniements intérieurs. Après la mort du duc en 1876, sa veuve, grande philanthrope des débuts de la IIIème République, y réside dans le luxe le plus complet, entourée de quelque deux cents domestiques (!), dix années durant, avant d'accueillir gracieusement le Comte de Paris, prétendant au trône de France, et sa famille, occupant tout le rez-de-chaussée. En 1886, le Comte y organise une fête somptueuse à l'occasion des fiançailles de sa fille aînée, la princesse Amélie d'Orléans, avec le prince héritier dom Charles de Portugal. Cette réception privée a volontairement exclu le corps diplomatique ainsi que les représentants du Pouvoir républicain. Cet événement fut lourd de conséquences : la loi d'exil est adoptée à la Chambre des députés seulement trois mois plus tard, condamnant tout prétendant au trône de France à quitter le territoire national, ainsi que leurs fils aînés et les princes de sang, par la même rayés des listes militaires... La duchesse de Galliera, en réaction à cette loi, offre alors son hôtel à François-Joseph, l'empereur d'Autriche-Hongrie (”na!”), qui en fera son ambassade française après la mort de la duchesse. Le compositeur autrichien Gustav Mahler, venu diriger des orchestres à l'occasion de l'exposition universelle de 1900, résida donc naturellement en cet hôtel. Ce n'est qu'après la fin de la Première Guerre Mondiale que l'hôtel, reprenant à cette occasion son appellation de Matignon, est (de nouveau) mis sous séquestre par l'Etat, qui le rachète en 1922. Gaston Doumergue, ancien président de la République, décide d'en faire lieu de travail officiel du chef du gouvernement, que l'on nommait alors président du conseil. Ainsi, depuis 1935, chaque président du conseil, puis chaque premier ministre depuis la Vème République, a résidé en l'Hôtel Matignon. Le hasard de la toponymie veut que l'avenue Matignon, située outre-Seine, dans le VIIIème arrondissement, passe tout près de l'Élysée, résidence officielle du président, ainsi que de la Place Beauvau, où siège le ministère de l'intérieur.
Derrière la discrète porte du 36 rue de Babylone se trouvent les jardins de Matignon, plus grand espace vert privé de Paris, d'une superficie de près de trois hectares, plus grand que le jardin de l'Hôtel Biron voisin (cf. article sur le Musée Rodin), plus grand que le jardin de l'Élysée... Originellement conçu par le jardinier Claude Desgots, neveu et collaborateur tardif d'André Lenôtre, puis redessiné par le fameux paysagiste Achille Duchêne en 1902, ce merveilleux jardin allie une perspective à la française à des plantations à l'anglaise. On découvre ainsi, depuis la terrasse de l'hôtel, un alignement de 111 tilleuls, au milieu du jardin, taillés "en marquise", consistant à réduire progressivement l'espacement entre chaque arbre au fur et à et mesure de l'avancée, afin de créer une illusion de perspective accélérée, portant le regard vers une statue de Pomone, tout au fond du jardin, méditant sur son socle depuis que le jardin existe. De part et d'autre de la perspective, de sinueuses allées séparent des massifs touffus, presque forestiers. De nombreuses essences d'arbres remarquables parsèment le jardin, de son plus vieux spécimen, un hêtre pourpre âgé d'environ 150 ans, jusqu'au dernier rejeton, un jeune frêne planté par Jean Castex en 2021, perpétuant la tradition instaurée par Raymond Barre, plantant un érable à sucre en 1978, suivi par chaque premier ministre depuis (à l'exception notable de Jacques Chirac, lors de la première cohabitation avec François Mitterrand, revendiquant ainsi symboliquement sa volonté de ne pas demeurer à Matignon, lorgnant sur l'Élysée...) Mention spéciale à Lionel Jospin, qui choisit de planter un orme, offert par l'Institut national de la recherche agronomique. D'autres curiosités se rencontrent dans le jardin.Tout d'abord, les tombes d'un chat et d'un chien, abrités sous un splendide magnolia, en un tapis de lierre, enterrés ici à l'époque de la résidence de l'ambassade d'Autriche-Hongrie, alors qu'Achille Duchêne redessinait le parc. Ensuite, une glacière du XVIIIème siècle, à l'entrée dissimulée sous un monticule de terre, permettant de conserver la glace, même en été. Enfin, visible ici derrière le mur de clôture, ce qui fut nommé sous l'ancien régime "le "Petit Trianon de Matignon", à l'origine un salon de musique. Le colonel américain Herman Thorn, lors de sa location, y organisa des liturgies épiscopaliennes, à l'attention des américains de Paris, avant l'arrivée de l'église américaine. Séparé depuis en plusieurs pièces, il sert désormais à des réunions politiques officielles, mais également à des dîners tenus secrets, particulièrement à la veille d'élections... Crédits : ALM’s
LIEU D'HISTOIRE | Hôtel de Matignon : une histoire jalonnée de personnages célèbres ➽ https://j.mp/3pQgHl3 Construit au début du XVIIIe siècle et revendu avant d'être achevé, l'hôtel de Matignon connut de nombreux et illustres propriétaires avant d'être troqué en 1815 par Louis XVIII contre le palais de l'Élysée puis de devenir en 1934 la résidence officielle du président du Conseil, Premier ministre de l'époque
Albert Matignon - La Morphinée (1905)
Restaurant club Matignon in Paris 🥐

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pour lutter contre le #RN et sa #xénophobie, @EPhilippePM choisit... la préférence nationale (pour les étudiants). Bref. 🤮 #pauvrophobie
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Attention !
Bien que le hashtag utilisé par notre cher #oupas premier ministre (“Bienvenue en France“, vraiment ? It’s a private joke ou bien ? ) puisse conduire à le penser, ceci ne provient pas d’un compte parodique genre Le Gorafi, ni d’ un site de fake-news. j’ai vérifié personnellement :
Autrement dit, ce gouvernement de plus en plus moisi là double sa xénophobie d’étatd’un autre forfait…
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- Matignon -
Merci les Tutus :D :D