Ney, éperdu, grand de toute la hauteur de la mort acceptée, s'offrait à tous les coups dans cette tourmente. Il eut son cinquième cheval tué sous lui. En sueur, la flamme aux yeux, l'écume aux lèvres, l'uniforme déboutonné, une de ses épaulettes à demi coupée par le coup de sabre d'un horse-guard, sa plaque de grand-aigle bosselée par une balle, sanglant, fangeux, magnifique, une épée cassée à la main, il disait : « Venez voir comment meurt un maréchal de France sur un champ de bataille ! » Mais en vain ; il ne mourut pas. Il était hagard et indigné. Il jetait à Drouet d'Erlon cette question : « Est-ce que tu ne te fais pas tuer toi ? ». Il criait au milieu de toute cette artillerie écrasant une poignée d'hommes : « Il n'y a donc rien pour moi ! Oh ! Je voudrais que tous ces boulets anglais m'entrassent dans le ventre ! » Tu étais réservé à des balles françaises, infortuné.***
Parmi les généraux qui, sous la Révolution et le Premier Empire se couvrirent de gloire, il n’en est pas dont la figure mâle et héroïque inspire plus de sympathie que celle du maréchal Ney.
La vie du Maréchal Ney est intimement liée aux événements politiques et militaires de la France, de la fin de l'Ancien Régime à la Restauration.
En s'illustrant tant par son intelligence des situations que par son courage, il a pris une part déterminante aux combats de la Révolution et de l'Empire.
Mais, fidèle avant tout à son pays, il ne saura faire face aux rebondissements politiques de la période des Cent jours, confronté au choix difficile entre deux fidélités, au Roi et à l'Empereur.
Le 13 mars 1815, Napoléon est mis au ban de l'Europe par les puissances alliées. En juin les troupes françaises pénètrent en Belgique. Ney commande les 1er et 2ème corps. Chargé de prendre la position des Quatre-Bras sur la route de Bruxelles, il livre à Wellington les 15 et 16 juin, une bataille acharnée mais qui manque de vigueur. Le 18 juin, il est à Waterloo où il charge à cinq reprises à la tête de sa cavalerie, cherchant vainement la mort sur le champ de bataille.
Il meurt donc fusillé à 46 ans, jugé de façon expéditive par ses pairs, alors qu'il était destiné à une mort glorieuse sur le champ de bataille, dans le feu de l'action, ainsi qu'il l'avait toujours souhaité.
Napoleon avait dit « il est aussi faible qu’il est brave et son excessive ambition donne prise sur lui. Ney est le plus brave des hommes »
***“Ney, distraught, tall with all the height of accepted death, offered himself every time in this turmoil. He had his fifth horse killed under him. Sweaty, flame in his eyes, foam on his lips, his uniform unbuttoned, one of his epaulettes half cut by the saber of a horse-guard, his great-eagle plate dented by a bullet, bloody , muddy, magnificent, a broken sword in his hand, he said: "Come and see how a Marshal of France dies on a battlefield!" " But in vain ; he did not die. He was haggard and indignant. He would throw this question to Drouet d'Erlon: "Aren't you getting yourself killed?" ". He was shouting in the midst of all this artillery crushing a handful of men: "So there is nothing for me!" Oh ! I would like all these English cannonballs to enter my stomach! You were reserved for French bullets, unfortunate.