Benzodiazepine
De 2009 Ă 2012 je vis engourdie, je suis la prisonniĂšre d'une lourde brume qui ne se lĂšve que trĂšs rarement.
Je consulte un psychiatre qui me délivre des ordonnances sans réticence. Je ne sais pas s'il s'agit de complaisance ou si, tout simplement, il est à la masse.
En tout cas il me croit quand je lui dis avoir perdu une boßte, ou une ordonnance. Il me croit quand je lui soutiens que non, non, c'était pas telle molécule mais plutÎt telle autre. Il signe, je stocke.
J'arrive à faire mon cinéma auprÚs de la généraliste qui me file elle aussi tout un tas de d'anti-douleurs et de myorelaxants...
Je deviens rapidement accro aux benzo alors que dans le mĂȘme temps je me fĂ©licite de ne plus prendre aucune drogue de synthĂšse. On me fĂ©licite aussi, quel courage, quelle dĂ©termination.
On vit dans un monde oĂč tu peux ĂȘtre bourrĂ©e tous les trois jours et stone H24, tu seras toujours hĂ©roĂŻque parce que tu t'es sortie des drogues illĂ©gales qui impliquent des relations avec des dealer et entretiennent une Ă©conomie parallĂšle dont la plupart des gens ne sait rien.
Je fume des joints quotidiennement mais ça, ça passe encore aux yeux des autres. Les pratiques sur lesquelles on bloque c'est, par exemple, fumer le matin.
à l'époque je partage ma vie avec une personne qui me dit souvent qu'elle n'aurait jamais pu m'aimer si j'avais encore pris de la drogue.
La vérité c'est que je n'ai jamais été aussi défoncée qu'à ce moment là avec une bonne dizaine de comprimés de benzo (lysanxia / valium / veratran / xanax, tetrazepam) et mes 3 prozac dans le sang chaque jour.
De cette pĂ©riode je me suis rĂ©veillĂ©e avec la bouche pĂąteuse et le cerveau ankylosĂ© comme aprĂšs une sieste qui aurait durĂ© des annĂ©es. Quand j'ai arrĂȘtĂ© d'en prendre je me suis confrontĂ©e au sevrage le plus pĂ©nible de tout ceux que j'ai fait. C'Ă©tait l'horreur.

















