Je n'aime pas pleurer au cinéma.
Donc je me retiens & c'est douloureux, ça me stresse… En plus c'est souvent vers la fin des films que les bateaux coulent, les héros meurent, les histoires d'amour implosent, les injustices crient & les personnages pleurent… Juste avant que les lumières se rallument & que tu sois piégé tout rabougri de tristesse sous les spots…
Et puis je me sens toujours un peu coupable de m'émouvoir pour des fictions, comme si la vie n'était déjà pas assez pourvoyeuse d'occasions de s'épancher…
Et pourtant, quand même, je suis aussi heureuse de fissurer mon cœur de pierre, de sentir que c'est vivant là dedans, que ça vibre encore… Magie du cinéma…
Ce soir j'ai ressenti ça de manière fulgurante, le noeud énorme dans la gorge, impossible à dénouer (solidarité sensorielle ici). Et cette putain de lumière qui se rallume dans ta gueule une minute après.
“The Florida Project”, l'Amérique où on te peint tes murs en rose pour te donner l'illusion que ta vie l'est aussi. Et en fait elle l'est, à fond les ballons, quand t'as 6 ans & que c'est l'été. C'est joyeux, drôle, plein de rots & de safaris…
Putain de direction d'acteurs. Ça aussi ça laisse sans voix…
http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19573465&cfilm=246882.html
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