Luca Ronconi- MaĂźtre dâun théùtre sans limites
Le premier jour du mois de dĂ©cembre je me suis rendue Ă Â lâ«Istituto Italiano Di Cultutra » de Paris, un lieu que je nâaurais jamais eu la chance de visiter en dehors de ce colloque. Je ne savais pas Ă quoi mâattendre, je ne connaissais pas les Ćuvres de Ronconi et nâĂ©tant  pas une chercheuse mais plutĂŽt une praticienne de la comĂ©die musicale anglophone, jâĂ©tais curieuse de voir ce que je pouvais apprendre de cette rencontre afin dâamĂ©liorer mon travail dâartiste.
Le colloque a  dĂ©butĂ© avec une introduction des deux organisatrices; Erica Magris et Giulia Filacanapa. Nous avons ensuite assistĂ© au discours du keynote ; Aude Astier. Ce discours a mis en Ă©vidence des Ćuvres de Ronconi au Picolo Teatro, une prestation trĂšs intĂ©ressante pour une dĂ©butante comme moi, car cela mâa permis dâobtenir une base de connaissances qui me seront  utiles pour les discussions suivantes. Ce que jâai trouvĂ© de fascinant dans les Ćuvres prĂ©sentĂ©es par Astier, câĂ©tait la maniĂšre dont Ronconi a transformĂ© des Ćuvres classiques en le revisitant dans des formats qui sortent du contexte du théùtre traditionnel. LâĆuvre qui mâa particuliĂšrement inspirĂ©e est Infinities de John D. Barrow, qui a Ă©tĂ© mise en scĂšne par Ronconi en 2002.
Dans cette Ćuvre il y avait 5 paradoxes imager et reprĂ©senter par 5 stations de voyage pour les spectateurs (LâentrepĂŽt, Lâatelier, Le magasin, Lâatelier de dramaturgie et Lâatelier de menuiserie). Le spectacle a Ă©tĂ© jouĂ© sur le concept de la fragmentation et de la reprĂ©sentation simultanĂ©e du texte, dans chaque lieu la mĂȘme scĂšne a Ă©tĂ© jouĂ©e 10 fois en boucle, mais en variant les acteurs et leur mise en scĂšne. Le spectateur pouvait donc regarder la mĂȘme scĂšne plusieurs fois sans vivre le mĂȘme moment. Le public pouvait choisir de rester dans la mĂȘme station pour les 10 versions ou dâaller voir dâautres lieux qui jouent aussi en rĂ©pĂ©tition parallĂšlement Ă toutes les stations.            Câest au spectateur de crĂ©er son propre spectacle et dâen choisir le dĂ©roulement afin que chacun dâentre eux puisse vivre une expĂ©rience diffĂ©rente et personnelle. Ainsi chaque personne a pu sous diffĂ©rents aspects assister Ă la mĂȘme Ćuvre et se forger sa propre opinion.                                                                                  La maniĂšre novatrice dâenlever la distance entre le spectateur et lâartiste est captivante, lâacte de donner le pouvoir au spectateur a Ă©tĂ© trĂšs visionnaire, câest un concept qui est extrĂȘmement pertinent aujourdâhui avec la rĂ©volution technologique. Il aurait Ă©tĂ© intĂ©ressant de voir les façons dont Ronconi aurait utilisĂ© le pouvoir des rĂ©seaux sociaux sur les spectateurs.
 Dâautres Ćuvres ont Ă©tĂ© mises en Ă©vidence pendant ce discours comme, La vie est un songe (2000), LâĂ©ventail (2007) et Le chandelier (2001). Jâaurais aimĂ© voir plus de ses rĂ©alisations basĂ©es sur des Ćuvres Shakespeariennes, mais câest une prĂ©fĂ©rence personnelle Ă©tant anglaise.
Le reste de la matinĂ©e a Ă©tĂ©, pour la plupart, en langue italienne et sans sous titres, ce que jâai trouvĂ© bien dommage. Les orateurs avaient lâair si passionnĂ©s dans leurs discours, que câest une grosse dĂ©ception de ne pas avoir pu tout comprendre. Jâai Ă©tĂ© trĂšs Ă©tonnĂ©e par ce fait, car au dĂ©but du colloque les organisateurs ont mis en avant que Ronconi Ă©tait peut Ă©tudier en dehors de lâItalie, donc jâai Ă©tĂ© assez surprise que durant un colloque en France, ils ont gardĂ© des discours entiĂšrement en italien et nâont pas essayĂ© dâouvrir et de rendre comprĂ©hensible lâintĂ©gralitĂ© du colloque.
 La deuxiĂšme journĂ©e sâest dĂ©roulĂ©e au  Conservatoire National SupĂ©rieure Dâart Dramatique, dans un magnifique théùtre Ă lâItalienne. Jâai pris un Ă©norme plaisir Ă pouvoir passer une matinĂ©e dans un tel lieu. La matinĂ©e a Ă©tĂ© modĂ©rĂ©e par Josette FĂ©ral, elle a lancĂ©e la discussion avec un discours sur « un théùtre augmenté : Pratiques inter mĂ©diales de la mise en scĂšne », ensuite Julie Bernard a parlĂ©e de « Ronconi Ă lâĆuvre de Savinio».                                           Â
 Lâintervention suivante a Ă©tĂ© la plus intrigante. Cette prestation a Ă©tĂ© portĂ©e par Laetitia Dumont Lewi sur le sujet «Elargir le petit Ă©cran, les Ćuvres tĂ©lĂ©visuelles de Luca Ronconi» ; elle a su capturer mon attention en dĂ©crivant la maniĂšre peu habituelle quâa utilisĂ© Ronconi  pour traduire ses spectacles sur lâĂ©cran (tĂ©lĂ©vision).
 Ronconi a considĂ©rĂ© que « le théùtre filmĂ© est documentaire », que le fait de simplement filmer un spectacle sur scĂšne, enlĂšve complĂštement le cĂŽtĂ© théùtral de la piĂšce. Il a donc dĂ©cidĂ© de changer la disposition et les dĂ©placements des acteurs,  ayant pour effet  de modifier leur maniĂšre de  bouger Ă lâĂ©cran en les montants sur les « dollys » des camĂ©ras. En rĂ©sultat on a lâimpression que les acteurs ne marchent plus mais flottent en avançant avec le mouvement des camĂ©ras, toute est tellement fluide que cela devient trĂšs surrĂ©aliste.
 Nous avons pu voir ce style filmographique surprenant dans des extraits de « Orlando Furioso » (1975). Ronconi nâutilisait pas de dĂ©coupage dans ses plans, il pensait que la continuitĂ© de lâimage captivait  lâattention des spectateurs. Â
                                                              à la fin de cette intervention Josette FĂ©ral a posĂ©e une question importante ; si Ronconi voulait clairement nous montrer le mouvement et  la prĂ©sence des camĂ©ras, pourquoi ne nous a-t-il pas montrĂ© la prĂ©sence des fils et des machines elles-mĂȘmes ?                              Personnellement, je trouve que le choix de ne pas nous montrer les camĂ©ras, ajoute une touche théùtrale un peu surrĂ©aliste, alors  que si nous pouvions voir le matĂ©riel, le style plus documentaire que Ronconi cherchait Ă Ă©viter aurait pris le dessus.
 Cette intervention mâa le plus marquĂ©e, surtout que lâon a  pu voir des extraits du travail de Ronconi sur lâĂ©cran. Pour moi des aides visuelles sont toujours utiles dans la comprĂ©hension dâun nouveau sujet. Malheureusement la reste de la matinĂ©e a Ă©tĂ© en Italien donc je nâai pas pu me former un avis objectif sur ces interventions.
Dans lâensemble, je trouve que ce colloque a Ă©tĂ© une rĂ©ussite, il a Ă©tĂ© impressionnant de voir tant de personnes aussi passionnĂ©es par Ronconi et son travail. Ăa a Ă©tĂ© Ă©galement une trĂšs jolie dĂ©couverte dâun point de vue personnel et je suis contente dâavoir pu assister Ă ce colloque et avoir pu mâouvrir de nouvelles perspectives de recherche.
Le seul bĂ©mol pour moi a Ă©tĂ© lâabsence des traductions sur les passages en italien, Ă©tant donnĂ© que lâidĂ©e et lâobjectif de ce colloque Ă©tait dâouvrir le travail de Ronconi vers lâĂ©tranger. Il a Ă©tĂ© difficile pour moi de ressentir le fond et lâintĂ©gralitĂ© du thĂšme,  quand la moitiĂ© des interventions mâĂ©taient incomprĂ©hensibles. En rĂ©sultat certains aspects du monde de Ronconi restent un mystĂšre pour moi et je suis parti avec la sensation de ne pas avoir cernĂ© toutes les facettes de son Ćuvre.
Cependant cela reste une belle prĂ©sentation qui doit nous pousser Ă rechercher par nous-mĂȘme la documentation qui nous permette dâaller au fond de ce thĂšme
Numéro Etudiant; 14503023