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Affiche pour le colloque “Marx 2018″ — 24-26 mai, ENS / MSH Paris Nord
Femme Fatale
photoshop
Quand tu débarques dans une ville inconnue pour participer à un colloque.
Lorsque tu galères à écrire ton intervention pour le colloque auquel tu es invité.
When you have some difficulties to write your speech for the seminar where you’re invited.

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Le silence des colloques
A Paris les gens ont pas la même gueule. Ils ont la peau lisse, de beaux vêtements, une allure souveraine, des doudounes en duvet et des chapeaux stylés, quand ils n'ont pas des moustaches du siècle dernier. Toi tu marches dans la rue, tu tombes sur des types qu'ont l'air tout droit sorti un magazine, qui a sans doute jamais connu la misère ou même vu la banlieue ailleurs qu'au JT, sa nana doit avoir les sourcils parfaitement sculptés, au poil près, ses parents doivent en voyage dans des coins ensoleillés. De l'autre côté du passage piéton, moi je suis habillée comme un sac, les chaussures défoncées aux talons, le pull sans âge et usé, large, pour être « à l'aise », le jean serré sur les hanches 40 qui fait des plis aux chevilles parce qu'il est trop long. J'avance. Dans un instant j'aurai oublié les gens, le dehors, Paris, la brasserie, et le petit verre de vin plus cher que mon plat qui a flatté mes papilles. Je retourne au « colloque », cérémonie merveilleuse de la célébration de l'érudition à huis-clos. Café tasse noire, à deux pas de la table des écrivains, en attendant que ça reprenne, qu'ils retournent à leurs déambulations successives sur la scène du théâtre parisien. Figure silencieuse, j'observe, j'écris, péniblement. Café aussi noir que la tasse, amer, comme ce qu'ils m'inspirent. La veille, j'avais à côté de moi cet écrivain de gauche, du genre révolutionnaire de 68, pas désagréable, un peu cliché, avec son air catégorique et supérieur qu'il avait d'affirmer ne pas comprendre qu'on puisse faire des études de lettres, parce que la littérature universitaire, c'est quand même un peu de la merde. Étonnant de fait, quand ce cher écrivain, vivant certainement dans l'ombre de son frère connu, tape sur le dos de mes professeurs, et assistent aux interventions la main posée sur son dernier livre comme quelqu'un qui prête serment sur la Bible, flatté tout de même qu'on le mentionne un peu pour une fois. Mon professeur, ah ! oui ! l’organisateur, mon maître de recherche, le meilleure ! « Bonjour monsieur ». Le vent. Vingtième fois au bas mot qu'il me passe à côté, qu'il baisse le regard, comme si ma présence l'irritait, indigne dans cet univers sacerdotal. Cher professeur qui congratule sporadiquement, puis se pâme au cœur de sa célébrité à la petite semaine. Au-dessus du monde se croit-il, alors qu'il en creuse les travers. Le silence des colloques me ramène à ce qui m'a brisé le cœur, le jour où la littérature a pris ce visage triste. Je ne suis plus qu'être numérique, même plus papier, fondu dans ma dactylographie forcenée des propos vides et toujours plus profondément ancrés. Il faut rendre compte, n'en pas perdre une miette, les laisser dévorer la membrane frêle de ce que je crois être (encore) la littérature. Mélange organique de caféine et de frustration sourde, je cours les rues, je m'engouffre, je dévale les escalators et me rue comme une forcenée pour fuir au plus vite. Faire sortir par les pores cet amas informe de paroles répétitives et débilitantes, qui font pleurer celle qui, des années auparavant, pouvaient voir chaque jour les frontières du monde repoussées par la littérature.
Quand les communications doivent durer 30 minutes et que l'intervenant parle pendant 1h15.
Lorsque tu as une masse de choses à faire pour la rentrée, et que du coup, tu n’as pas vraiment de vacances. When you have too many stuff to do for the school start than you did not have some holidays.