(C’est marrant de lire ce livre loin de la France, et dans un lieu si peu européen, où l’habitat n’est pas du tout abordé de la même façon !)
En effet, le livre évoque une banlieue de bobos soucieux de l’environnement, et toute l’histoire est construite au cœur d’une rue et de ses voisins, voisins parce qu’ils ont des aspirations semblables mais qui cherchent toutefois à ne pas être identiques (forcément).
Le livre est incroyablement caustique, d’une férocité froide et jubilatoire. L’intrigue, frôlant celui d’un roman policier, tient tout du long en haleine, mais au fond, on s’en fout un peu, car tous les habitants de ce coin semblent incohérents, peu aimables et au final, tristement inconsistants, ravagés par leurs paradoxes.
Il y a ce couple central, celui d’Eva et de Charle Caradec qui, vieillissant, se réjouit d’acquérir une propriété privée avec jardin. Eva assure boulot et lien social, son mari est dépressif, et sort à peine de chez lui. A l’arrivée d’un couple de voisins particulièrement exaspérants, ils envisagent d’assassiner leur chat ! Stupeur. Des gens bien comme il faut pourtant. Puis des amitiés se lient, d’autres tournent étrangement. L’essentiel est que l’on comprenne que personne n’est vraiment ce qu’il prétend. Et tout déraille et se met à converger vers un désastre total (disparition d’une voisine, soupçons de meurtre, incarcération d’un suspect). Eva qui est globalement atone en faisant ce récit à son mari lui-même peu loquace, semble pincé sans rire sans le souhaiter. Elle manie pourtant l’ironie avec rage, et semble rêver de tendresse et d’empathie.
Mais les bonnes intentions écologiques se ratatinent, les relations se durcissent, et Eva fonce dans un mur ; peut-être salvateur, mais pas pour tout le monde…
C’est drôle et hyper bien écrit avec une plume incisive et sèche.
A la fin du livre, on a bien envie d’un peu d’empathie devant tant de cynisme nous aussi…







