Falaise des fous - Patrick Grainville
HonnĂȘtement, je nâaurai pas entamĂ© un tel pavĂ© (700 pages) qui a priori parle beaucoup peinture si lâaction nâĂ©tait pas situĂ©e en Normandie, mais comme je suis trĂšs chauvine je me suis un peu forcĂ©e.
Alors autant le dire tout de go, câest pas du easy-reading du tout, on est sur 59 ans dâhistoire, notamment dâhistoire de la peinture, câest pas SI facile. Mais câest rĂ©ussi et mĂȘme un peu vertigineux. Tout sâentrem^le.
-La vie du personnage principal, revenu un peu traumatisĂ© dâune guerre en Kabylie, ont est vers 1870. Du coup il est rentier paisible Ă Etretat pour se remettre. On va le suivre dans sa vie pas trĂšs palpitante, ses amours, mais surtout son amour de la peinture.
-La peinture, avec Monet qui nous sert de fil rouge, mais les fous de la falaise dâEtretat, outre notre narrateur, ce sont tous ces peintres (Monet, Courbet, Boudin, Maupassant, Hugo, Flaubert...). HonnĂȘtement je ne suis pas assez cultivĂ©e, jâaurai du lire ce livre dans un musĂ©e, Google a Ă©tĂ© mon ami pour retrouver les mille et uns tableaux dĂ©crits, mais jâai appris Ă©normĂ©ment.
-LâHistoire. Parce que pendant ces 60 ans il y en a eu ! Les guerres prussiennes, la commune de Paris, lâincendie du bazar de la CharitĂ©, lâaffaire Dreyfus, le Titanic, et enfin lâhorreur de 14 et encore jâen passe (que Patrick Grainville lui ne nous passe pas). On vit lâhistoire, dans les journaux de lâĂ©poque, au rythme de lâĂ©poque. Les grands hommes, Hugo, Zola, les positions politiques, les va et vient de lâhistoire. Câest assez Ă©tourdissant.
Le style de lâauteur est assez particulier, prĂ©cis dans les dĂ©tails, lyrique dans la peinture et un peu rabelaisien dans les plaisirs. Quelques blagues anachroniques pour le lecteur dâaujourdâhui pimentent parfois le rĂ©cit.
Jâai vraiment aimĂ©, mais je pense que câest un livre idĂ©al pour une semaine de farniente au soleil (avec le wifi pour chercher les tableaux !).















