(Petite) Chronique : Mauvais garçons - Intégrale, de Dabitch et Flao, Futuropolis, 20 septembre 2013
  En Andalousie, de nos jours. Il se nomme Manuel, sa famille est originaire dâAndalousie, mais il a vĂ©cu en France jusqu'Ă ce qu'il dĂ©cide de revenir s'y installer. Il a un ami gitan qui se nomme Benito, un chanteur hors norme. Manuel et BĂ©nito sont insĂ©parables. Car, ce qui lie avant tous les deux jeunes hommes, câest lâamour du flamenco, le vrai, le pur, pas le flamenco rock comme peuvent le jouer certains frimeurs mĂ©prisables (mais qui, Ă contrario, gagnent trĂšs bien leur vie). Ces « mauvais garçons » vivent au jour le jour dâexpĂ©dients. Seul leur amour des femmes leur fait tourner la tĂȘte. Mais quand Manuel tombe amoureux de la belle Katia, assistante sociale auprĂšs de gitans, la rivalitĂ© sâinstalleâŠÂ (pitch Futuropolis)
Nota : Mauvais garçons est la seconde collaboration de Dabitch et Flao, aprÚs La ligne de fuite, édité également chez Futuro en 2007)
Profitons de la sortie récente de l'intégrale de Mauvais Garçons, de Christophe Dabitch (Jeronimus) et Benjamin Flao (Kililana Song) pour revenir sur ce diptyque qui rend hommage au flamenco et à ceux qui le font vivre.
Ă travers le parcours chaotique de Manuel et Benito dans les ruelles d'une petite ville andalouse, les deux auteurs tentent de nous immerger dans les ambiances particuliĂšres du sud de l'Espagne, oĂč la chaleur, la voluptĂ© et la misĂšre ont donnĂ© naissance au chant et Ă la danse emblĂ©matiques du peuple gitan.Â
Las, ils ne font bien que tenter, car malgré la beauté fulgurante des planches de Flao qui justifient à elles seules l'achat du livre (amateurs de beaux dessins, n'hésitez pas à aller vous brûler les rétines, vous ne serez pas déçus du voyage), on peine à s'attacher aux protagonistes, à qui les personnages secondaires volent finalement la vedette. Peu sympathiques et prévisibles, à la limite de la caricature condescendante, ils ne réussissent pas à faire naßtre chez le lecteur l'empathie nécessaire pour partager leurs douleurs et leurs passions.
Sans doute trop amoureux de leur sujet, Dabitch et Flao en oublient de construire une histoire et nous livrent une galerie de tableaux certes magnifiques, mais qui donnent l'impression de n'ĂȘtre que des dĂ©cors sur une scĂšne vide.Â