Parler dâun livre quâon a aimĂ©, câest toujours un peu compliquĂ©.
Parce quâon espĂšre trouver les bons mots, parce quâon espĂšre rĂ©ussir Ă faire passer notre enthousiasme.
Parler dâun livre qui nous a remuĂ©, nâest jamais simple.
Parce quâexpliquer pourquoi revient Ă parler de soi. De qui on est, de ce qui nous touche, de ce qui nous blesse, de ce dont on aimerait sortir aussi quelquefois. De nos difficultĂ©s, de nos peurs, de nos faiblesses ou de nos pudeurs.
Et puis parce que des fois, on a juste envie de le garder pour soi.
Avec ce livre, jâoscille entre les deux. Envie de le garder pour moi. Parce que ça touche Ă lâintime. Et en mĂȘme temps, jâai envie de partager les mots de Pontalis.
De ce livre oĂč il est question de littĂ©rature, de langage, dâamour, dâĂ©criture, de la mort et de tellement de choses encore.Â
Un livre lumineux au titre sublime.
Alors pour ne pas trop en dire et en parler quand mĂȘme, voici quelques phrases parmi toutes celles que jâai notĂ© :Â
A propos de la psychanalyse : â Je revendique pour tout un chacun non le refuge dans lâininterprĂ©table mais un territoire aux frontiĂšres mouvantes, de lâininterprĂ©tĂ©. A quoi bon nous avoir invitĂ©s Ă nous dĂ©lier la langue si câest pour lâenchaĂźner Ă une autre que plus rien nâanime, sinon le dĂ©sir, si fort, dâimposer le mot : tu ne dis pas ce que tu crois dire, tu es ce que je disâ
â Et pour garder mon pĂšre, pour le tenir et me tenir Ă lui, Ă nouveau je me tais. Non plus, cette fois, par rejet massif du langage, mais pour ne parler quâavec lui en secretâ
â On ne renonce jamais Ă rien. Ecrire, sâĂ©crire, câest ça : sâassurer quâon nâa pas vraiment renoncĂ©, quâĂ travers les successions des illusions dĂ©faites, la chose en soi demeure, quâelle a la vie plus dure que la vie!â
âJe nâaime pas ce qui se produit. Jâaime ce qui arriveâ
â Maintenant encore, je mesure Ă quel point ces mots-lĂ et tant dâautres ne servent quâĂ marquer lâincertitude oĂč lâon est de son Ă©tat, le dĂ©sarroi oĂč vous plonge lâĂ©trangetĂ© dâune maniĂšre dâĂȘtre, lâĂ©loignement irrĂ©versible qui se creuse entre vos proches et vous. Des mots pour ne plus sentir, des mots pour ne pas penserâ
âNe plus rĂȘver, câest ĂȘtre Ă demi mort, câest faire de la rĂ©alitĂ© sa seule loiâ
â Tant quâil y aura des livres, personne, jamais, nâaura le dernier motâ
Lâamour des commencements, J.B Pontalis.
Pour lâĂ©couter parler, allez voir lĂ