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Je hais cet endroit. Ses espaces tortueux, ses corps torturés. Le miens en faisant partie.
Les flammes ne peuvent s’insinuer dans toutes les fissures. Elles ne dépassent pas non plus des trous de serrures. Elles attendent patiemment, élégamment, que l’on leur ouvre. Elles savent être patientes. Elles savent terrifier comme se montrer plaisantes. Il y a t-il plus gracieux que les flammes ? Je pourrais y réfléchir mais je n’en ai pas envie.
Je peux toujours en admirer au loin ou toucher une poignée chaude. Est-ce que ça a du sens ? Non. Et je m’en moque.
Bonjour ou bonsoir. Je suis une vieille conne sans talent parmi des milliards d’êtres humains. Et quitte à ne servir à rien, je rajoute un poids inutile à la toile saturée que je n’aime plus.
Je vais réessayer de m’améliorer. D’une façon ou d’une autre. Pousser des portes colorées et tenter de mieux analyser ce qui s’y trouve. Je n’y crois pas. Mais ça m’occupe mieux que de penser à la porte de laquelle je me rapproche. Je n’ai pas hâte. Je me sens pas bien. Seule. Sans regard pour les prochaines portes. Je me demande s’il en reste qui voudront bien s’ouvrir sur autre chose qu’un cadavre. Je ne sais pas. J’en ai marre. Est-ce que je n’ai pas seulement à m’occuper avant de moi-même faire un cadavre que l’on foulera du pied ? Certainement. Je n’arrive pas à m’en soucier. Ça m’ennuie, simplement. Ça me fatigue. J’aimerais me contenter de ne plus croire en rien ni personne et m’enfoncer loin dans une pièce solitaire où plus personne ne pourra me trouver. Si loin. Jusqu’à ce que la faim ne m’assèche et attire les flammes. Pour une belle fin.
Bonjour ou bonsoir. Je suis une vieille conne sans talent parmi des milliards d’êtres humains. Ennuyeuse au possible. Et quitte à ne servir à rien, je rajoute un poids inutile à la toile saturée que je n’aime plus.

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Je dois m’avancer vers une porte demain. Je n’en ai pas envie. Ce n’est clairement pas une porte qui puisse m’apporter quelque chose de bon. Je m’imagine déjà devoir prendre une sortie à la dérobée si je dois la passer. Quelles sortes de personnes m’attendent devant cette porte. À la garder de toute vermine telle que moi ? Je me le demande à peine. Je me le demanderai probablement plus quand la nuit ne me laissera pas de repos. Je n’ai même pas envie m’y intéresser. Peut-être vivrai-je différemment cette situation. À ne pas vouloir de cette porte. À préférer la faim. À ne pas vouloir me justifier. Peut-être vivrai-je enfin cette situation d’une toute autre manière. J’aimerais pouvoir ne rien ressentir et retourner poser la main sur la poignée d’une porte colorée. J’ai mieux à faire. Je veux mieux faire et ailleurs. Il y a une autre porte plus importante pour moi. Pour toute ma matière et mes couleurs. Elle se refermera probablement sans que je puisse la passer. Je ne peux plus espérer de bonnes choses. Je ne dois pas espérer de bonnes choses. Je ne dois simplement pas espérer. Je suis réduite à vouloir simplement approcher cette porte que je ne connais pas et m’y confronter.
Tout ça pour quoi ? Devoir prendre les choses avec légèreté. Ne pas approfondir. Être vide en somme. Vide et avide. C’est là tout ce que l’on attend de quiconque se prétend bien-portant dans ces couloirs immondes. J’en ai assez de ces couloirs immondes.
Des flammes pour le dédale.
Bonjour ou bonsoir. Je suis une vieille conne sans talent parmi des milliards d’êtres humains. Stupidement en colère, une fois de plus. Et quitte à ne servir à rien, je rajoute un poids inutile à la toile saturée que je n’aime plus.
On est jamais autre que chose que seul dans ce chaos merdique. Pour le reste, c’est des portes fermées, des corps infectes et des flammes. Moi-même je suis un corps infecte dont les flammes ne voudraient pas.
Flammes (1978) dir. Adolfo Arrieta