Vue sur la rivière à Saint-Cloud (1890) par Edvard Munch

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Vue sur la rivière à Saint-Cloud (1890) par Edvard Munch

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L’Action Painting & l'école de New York
L’Action Painting ne se limite pas à Pollock et à De Kooning : cette activité « athlétique » qui unit l’artiste, le support et la peinture, se retrouve à des degrés divers chez Arshile Gorky, William Baziotes, Hans Hofmann, Adolph Gotdieb, Franz Kline, Robert Motherwell.
Formes évocatrices, touches parfois idéographiques rappellent l’ascendant que le Surréalisme eut sur la naissance de l’Expressionnisme abstrait, mais impliquent ici un tout autre rapport au support. À cet égard, la série des "Je t'aime" de Motherwell est particulièrement significative, en ce sens qu’elle joue sur une locution très claire (même pour des Américains), mais qui disparaît en tant qu’énoncé pour se fondre dans la peinture : elle le révèle, mais il en affirme la planéité (le support de l’écriture est à deux dimensions) et la taille (disproportion de l’écriture).
Mais l’Action Painting n’est pas tout l’Expressionnisme abstrait : refusant sa gestualité, un certain nombre d’artistes se confrontent aux possibilités offertes par de sobres plans de couleur, éventuellement modulés et aux limites relativement nettes ; cette tendance est dite hard-edge, d’après le titre d’une exposition qui regroupait notamment Barnett Newmann, Ad Reinhardt, Robert Motherwell, Clyfford Still — groupe auquel on ajoute fréquemment Mark Rothko.
Il s’agit pour ces artistes de contrer la traditionnelle antinomie dessin/couleur, démarche typique de l'Expressionnisme abstrait. Pollock y avait réussi par le dripting, De Kooning par la largeur du traitement : le pouvoir incisif du trait et sa confusion possible avec le dessin étaient dans les deux cas éliminés. Les artistes auront donc recours à l’étalement de la couleur, mais de telle manière qu'elle ne restaure en aucune façon la hiérarchie forme/fond (une couleur semblant souvent venir « en avant » d'une autre).
Ad Reinhard aura ainsi recours aux modulations méthodiques sur monochrome, tandis que Rothko accordera son attention aux « frontières vibrantes », les plans de couleurs intenses communiquant par des marges brèves mais indécises qui produisent un effet de flottement généralisé sur la surface de la toile. Cette tendance donnera lieu à une postérité dite « color-field » (champ coloré) durant les années 60.
Une autre option hard-edge conduit par exemple Reinhardt et Barnett Newmann à lier le problème des limites entre les zones internes au tableau aux limites du tableau lui-même (quadrillage régulier chez Reinhardt, séparations verticales chez Newmann) : ce travail connaîtra un prolongement et une radicalisation fondatrice de l'Art minimal chez Frank Stella, quelques années plus tard.
Cinq œuvres et un mouvement #5
L’Expressionisme
Wassily Kandinsky - Improvisation 28 (second version) (1912)
Max Beckmann - La société de Paris (1931)
Ernst Ludwig Kirchner - Rue Berlin (1913)
Franz Marc - Le pauvre pays du tyrol (1913)
Gabriele Münter - Intérieur (1908)
L’expressionnisme est apparu au début du XXème siècle en Europe du Nord et atteignit son apogée entre 1905 et 1920. Il est caractérisé par un langage émotionnel véhément et spontané, remontant à Van Gogh, Edward Munch et James Ensor. Les artistes de ce mouvement explorèrent la destruction des sentiments authentiques par une société qui, à leur avis, devait être “purifiée” et ils expriment cette exploration par des images simplifiées, déformées, brutalisées ou abstraites.
Très présent en Allemagne, il fut porté par 2 groupes d’artistes :
- Die Brücke (= le Pont), groupe fondé à Dresde en 1905, composé de 4 étudiants : Fritz Bleyl, Erich Heckel, Ernst Ludwing Kirchner et Karl Schmidt-Rottluff. Die Brücke rejeta l’héritage classique et se tourna vers la nature et le primitif pour renouveler l’art allemand. Leur expressionnisme était lié à une étude de l’identité et des traditions allemandes. Le groupe se déplace à Berlin en 1910 et se dissout 3 ans plus tard.
- Der Blaue Reiter (= Le cavalier bleu), groupe fondé à Munich en 1911 et ses principaux membres sont : Gabriele Münter, Franz Marc, Vassily Kandinsky et Paul Klee. Der Blaue Reiter était plus ouvertement mystique et visait à relever la vérité spirituelle cachée dans l’univers. Il utilisait une gamme de couleurs plus variée et plus subtile que les artiste de Die Brücke. Le groupe se dissout à l’arrivée de la première guerre mondiale.
Karl Schmidt-Rottluff. Akte im Freien - Drei badende Frauen.1913.
EVANESCENCE par luc borell Via Flickr : lucborell est un photophone artiste www.lucborell-photophones.com/artworks/1725190/dernieres-... Lien ci dessous vers ma dernière publication www.blurb.fr/bookstore/invited/7317212/53d5fe3db20ec2e93b...

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CHARLES CAMOIN - Un fauve en liberté
Au tournant du siècle, Camoin, enfant de peintres décorateurs et coloriste né, est admis à l’École des beaux-arts dans l’atelier de Gustave Moreau. Il y rencontre Matisse, Marquet et Manguin, qui comme lui ruent dans les brancards, en simplifiant les formes et en poussant les couleurs.
Tous revisitent thèmes et genres en les bousculant avec l’air du temps qui souffle l’anticonformisme (conte l’impressionnisme notamment) à plein nez.
On connaît même à ce peintre débarqué dans la capitale en 1897 pas moins de six ateliers successifs, sur, ou au pied, de la Butte. Et c’est dans l’un d’eux, l’actuel Musée de Montmartre, ancien hôtel faubourien qui cultive le souvenir de la bohème avec, sous les pavés de la rue Cortot, son exquis jardin Renoir et l’atelier-appartement reconstitué de Valadon et Utrillo, qu’une cinquantaine de ses huiles ont été réunies.
Cette sélection n’a beau représenter qu’un quarantième de la production, elle suffit, en particulier par les nombreux prêts de collectionneurs privés, pour évoquer toutes les étapes de la carrière, et toutes les facettes du talent.
À l’occasion d’un service militaire à Aix-en-Provence, Camoin rencontre Cézanne, une amitié naît, une grande inspiration redonne de l’oxygène à la peinture de celui que l’on surnommera le fauve de la Méditerranée. Cézanne est intrigué par ce fan qui s’est saigné pour acquérir ses Trois baigneuses (la version aujourd’hui conservée au Petit Palais). Il accepte qu’il l’accompagne sur le motif.
Durant la Grande Guerre, Camoin, qui a intégré la section de camouflage aux côtés d’autres peintres, ne verse pas dans le cubisme ambiant. Il préfère croquer au crayon, à l’aquarelle ou au pastel ses compagnons d’infortune. Au Musée de Montmartre, ces portraits pleins d’humour et d’empathie sont peut-être ce qu’il y a de plus touchant.
Au reste, Camoin restera le «fauve» de 1905, pigments éclatants, grandes taches de couleur parfois tempérés soit par de larges cernes noirs, ou délayées à la manière d’une Marie Laurencin.
Cartell que anuncia Faust (1926), de Friedrich W. Murnau.
Jan Wiegers
Waddenzeedijk, Ameland