Variations - Contrariété
Petit exercice dâĂ©criture pour travailler la narration et lâambiance. Chaque variation est basĂ©e sur le mĂȘme dialogue.
Renard poussa la porte du pied et grimaça quand elle rebondit contre le mur. Il Ă©tait allĂ© se coucher de mauvaise humeur, et la nuit nâavait rien arrangĂ©.
De lâautre cĂŽtĂ© de la piĂšce, Henry le fixait, immobile, mĂąchoire contractĂ©e. Apparemment, la nuit ne lui avait pas portĂ© conseil non plus. Ă moins que ce ne soit Ă cause du traitement infligĂ© Ă la porte.
â Bonjour, dit froidement le maĂźtre des lieux.
Renard grogna une rĂ©ponse inintelligible et resta plantĂ© au milieu du labo. Il Ă©tait venu pour petit-dĂ©jeuner, mais Henry monopolisait la cafetiĂšre â comme dâhabitude.
GĂȘnĂ© par la scrutation du robot, il finit par prendre une tasse quâil dĂ©posa sur la table, puis il se mit en quĂȘte de biscuits, en claquant les portes des placards.
â CafĂ© ? proposa Henry en fronçant davantage les sourcils. â Oui, sâil te plaĂźt, grinça Renard. Si ce nâest pas trop demander.
Henry sâapprocha et le servit, puis sâinstalla Ă la table branlante. Renard revint avec un paquet de gĂąteau Ă demi Ă©ventrĂ©. Il en grignota un sans entrain.
Il se mit Ă taper du pied contre le sol, et Henry lui coula un regard agacĂ© qui nâeut aucun effet.
Il savait quâil avait eu tort, quâil devrait sâexcuser. Il ouvrit la bouche, mais ne trouva rien Ă dire qui ne sonnĂąt pas hypocrite. De toute façon, Henry nâaurait pas dĂ» se fĂącher comme ça. Un point partout.
Il prit un deuxiÚme gùteau et le trempa dans son café.
Ce fut Henry qui brisa le silence glacial qui sâĂ©tait installĂ©. â Raph nâest pas encore levĂ© ? â Non, je ne crois pas.
Aucun des deux ne fit lâeffort de poursuivre la conversation.
Le Tempusfugitrion indiquait 7h47.
La journĂ©e allait ĂȘtre longue.
Renard abandonna son café et ses gùteaux et se dirigea vers une étagÚre couverte de vieilles coupures de journaux. Il en prit une au hasard et retourna à son petit-déjeuner.
Lâarticle titrait Explosion Ă la station dâĂ©puration de Seine Amont â Paris dans les emmerdes ? Il avait dĂ©jĂ Ă©tudiĂ© ce cas et au final, le titre Ă sensation cachait un fait divers plutĂŽt banal. Rien qui mĂ©ritĂąt son attention. Il fit semblant de relire lâinformation en buvant son cafĂ©. Ă cĂŽtĂ© de lui, Henry avait fini le sien.
Henry quitta la table et claqua sa tasse au fond du petit Ă©vier Ă©brĂ©chĂ©. Ce nâĂ©tait pas dans les habitudes du robot de ne pas faire la vaisselle⊠Renard grimaça, et retourna Ă sa lecture.
8h13
Il nây avait plus de gĂąteaux, la fin de son cafĂ© Ă©tait froide et pleine de miettes. Renard ne pouvait dĂ©cemment pas passer plus de temps sur un article sans intĂ©rĂȘt. Ă son atelier, Henry dĂ©sassemblait un obscur bidule mĂ©canique. Quelque chose cassa et le robot envoya le tout valser.
8h26
Des pas traĂźnants se firent entendre depuis le couloir. La porte sâouvrit â doucement, cette fois â et Raph surgit, les cheveux plus en pĂ©tard que dâhabitude et les yeux encore collĂ©s.
â âJour⊠marmonna-t-il en bĂąillant. â Bonjour, Raph, rĂ©pondit sĂšchement Henry sans se dĂ©tourner du fatras avec lequel il se battait.
Raph leva un sourcil dans la direction du robot, avant de se tourner vers Renard. Celui-ci fronça les sourcils, haussa les Ă©paules, puis força un sourire. â Bien dormi ? demanda-t-il dâun ton exagĂ©rĂ©ment enjouĂ©.
Raph mit quelques secondes Ă rĂ©pondre. â Bof⊠Il tenait toujours la poignĂ©e de la porte dans une main, et oscillait sur le seuil. â Jâai entendu les zombies grogner toute la nuit⊠Il bĂąilla ostensiblement, puis fit demi-tour.
















