Caractéristiques phonologiques de l'accent québécois
J'ai toujours aimĂ© le français quĂ©bĂ©cois. Jâavais 12 ou 13 ans quand jâai appris (briĂšvement) de la province Ă lâĂ©cole et je me souviens dâavoir pensĂ© âpourquoi on nâentend pas parlĂ© souvent de cette communautĂ© francophone sur notre propre continent quand il sâagit de la langue française ? Câest bien plus proche que la France.â Au cours de mon voyage dâapprentissage de français, cette pensĂ©e mâest restĂ©e et sâest manifestĂ©e Ă©ventuellement par un accent quĂ©bĂ©cois.
Mais AurĂ©lia, comment est-ce quâun nerd de langues avec des moyens financiers minimaux peut dĂ©velopper un accent quĂ©bĂ©cois sans jamais avoir voyagĂ© au QuĂ©bec ? Câest une bonne question. Voici comment je lâai fait.
Avertissement: je ne suis pas linguiste et je nâai pas non plus de formation universitaire en linguistique (ou pantoute, mdr)
Je devrais clarifier que ce post va se concentrer sur les diffĂ©rences de prononciation et moins de vocabulaire, puisque jâutilise encore des termes plus âeuropĂ©ensâ ça et lĂ . Mon objectif est de garder mon français aussi quĂ©bĂ©cois que possible, alors si tu es quĂ©bĂ©cois et tu remarques que jâĂ©cris un mot que les quĂ©bĂ©cois nâutilisent pas, laisse-moi un commentaire, sâil te plaĂźt.
Il faut aussi mentionner quâil y a plusieurs accents quĂ©bĂ©cois et jâadmets que je ne suis pas pleinement Ă©duquĂ©e sur toutes leurs nuances. Celui que jâutilise et que je dĂ©cris ci-dessous et une prononciation basĂ©e sur lâaccent de lâouest du QuĂ©bec, plus ou moins prĂšs de la rĂ©gion de MontrĂ©al. Bref, câest ce que jâentends sur Radio-Canada. Si tu es quĂ©bĂ©cois et tu remarques des particularitĂ©s que je dĂ©cris qui sâutilisent dans une autre rĂ©gion, laisse-moi un commentaire. :) [Note: le langage quâon utilise sur Radio-Canada est trĂšs formel et standardisĂ© et nâest pas une vrai reprĂ©sentation du langage courant au Canada.]
Vous devez savoir aussi qu'il y a des communautés francophones et des différents accents partout au Canada, non seulement au Québec.
Oh et aux francophones de souche en gĂ©nĂ©ral, ça fait plusieurs annĂ©es que je nâĂ©cris pas en français, donc nâhesitez pas Ă corriger mes erreurs. Ăa mâaide Ă apprendre !
Dâaccord, assez parlĂ© de mes insĂ©curitĂ©s.Â
Utilisant lâarticle de WikipĂ©dia Français quĂ©bĂ©cois et Radio-Canada comme rĂ©fĂ©rence, jâai Ă©tudiĂ© la prononciation. Jâai commencĂ© avec les consonnes, qui sont plus faciles que les voyelles.Â
Avant les voyelles i (y compris les autres orthographies du mĂȘme son comme y) et u, les consonnes d et t deviennent dz et ts. Par exemple:Â
diplĂŽme > âdziplĂŽmeâ
situation > âsitsuationâ
satisfait - âsatsisfaitâ, etc. [Note: ça se prononce âetchĂ©tĂ©rĂąâ au QuĂ©bec.]
Les groupes de consonnes finales se réduisent. Exemples:
Certaines combinaisons de voyelle + R peuvent devenir voyelles rhotiques dans un discours rapide, trĂšs similaire que le son R en anglais Ă mes oreilles. Je nâai pas rĂ©ussi Ă retrouver des informations sur ce phĂ©nomĂšne, mais je suis certaine que je lâentends, alors voici ma meilleure tentative de transcription dâAPI. Exemples:Â
Des gens aussi prononcent les mĂȘmes combinaisons ainsi dans un discours plus lent et plus Ă©noncĂ©:
voir [vwÉÊ] ou [vwÉÊ]
Historiquement, on utilisait le R roulĂ© [r] dans lâouest du QuĂ©bec et le R grasseyĂ© [Ê] dans lâest, mais aujourdâhui le R grasseyĂ© est dominant partout au QuĂ©bec et cette distinction est considĂ©rĂ©e comme dĂ©passĂ©e.
En français québécois, on distingue entre les voyelles brÚves et longues.
a: Version longue est dipthonguĂ©e et se rĂ©alise en syllable finale fermĂ©e et/ou avec circonflexe.Â
Exemple: patte [pat] vs. pĂąte [pÉËt] ou [pÉÊÌŻt], gagner [gÉÉČe]
e/ai: Version longue est dipthonguĂ©e se rĂ©alise en syllable finale fermĂ©e et/ou avec circonflexe.Â
Exemple: mettre [mÉt] vs. maĂźtre [mÉËt] ou [maÉȘÌŻt], fĂȘte [fÉËt] ou [faÉȘÌŻt]
i: RelĂąchĂ©e comme [ÉȘ] en syllable fermĂ©e et [i] partout ailleurs.
Exemples: six [sÉȘs], machine [maÊÉȘn], parti [paÊtsi], jeudi [ÊĆËdzi]
o: Version longue est dipthonguĂ©e et se rĂ©alise en syllable finale fermĂ©e et/ou avec circonflexe.Â
Exemple: botte [bÉt] vs. autre [ouÌŻt], fantĂŽme [fĂŠÌtouÌŻm]
eu/Ću: DipthonguĂ©e en syllable finale fermĂ©e. RhotacisĂ©e en syllable finale ouverte. Â
Exemple: neutre [nĂžyÌŻt], feutre [fĂžyt]; feu [fĆË], deux [dĆË]
u: RelĂąchĂ©e comme [Ê] en syllable fermĂ©e et [y] partout ailleurs.
Exemples: une [Ên], habitude [abÉȘtsÊd], perdu [pĂŠÉȘÌŻÊdzy]
ou: RelĂąchĂ©e comme [Ê] en syllable fermĂ©e et [u] partout ailleurs.
Exemples: poule [pÊl] vs. vous [vu]
an/en [ĂŠÌ] Ex: divan [dzivĂŠÌ], lentement [lĂŠÌtmĂŠÌ]
in [áșœÄ©ÌŻ] Ex: matin [matáșœÄ©ÌŻ]
on [Ă”Ć©ÌŻ] Ex: cochon [kÉÊĂ”Ć©ÌŻ]
un [ĆÌË] Ex: brun [bÊĆÌË]
oi > oĂ© (oir > ouĂšre): moi (parfois Ă©crit moĂ©) [mwe], noir [nwÉÊ] ou [nwÉÊ]
Bien sûr, le français québécois est bien plus qu'un changement de prononciation. Il existe de nombreuses différences de vocabulaire par rapport aux variétés européennes, surtout dans l'argot et le discours informel. Sa caractéristique la plus connue est probablement l'usage des sacrés (ou jurons) avec une connotation religieuse. Par exemple: tabarnac, osti, criss, cùlice, etc.