Ce sont les voyelles qui donnent des couleurs aux mots.

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Ce sont les voyelles qui donnent des couleurs aux mots.

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DIFFERENTES FAĂONS DE DONNER DE LA VOIX
Aujourdâhui, revenons sur un aspect plus technique de la parole : nous avions dĂ©jĂ vu les bases de lâAlphabet PhonĂ©tique International, mais il existe des diffĂ©rences que nous nâavions pas pu aborder dans lâarticle en question. Nous savons former des consonnes, des voyelles, mais y a-t-il dâautres moyens de les produire ?
Les mots « consonne » et « voyelle » reflĂštent tous deux un aspect de phonation, puisque « voyelle » vient de lâancien français voieul de mĂȘme sens, issu du latin vocalis « vocal, qui fait entendre un son », dĂ©rivĂ© du mot vox « voix » ; le mot « consonne » quant Ă lui provient du latin consona « qui sonne avec » et est un emprunt (un mot directement pris dâune autre langue) du XVIe siĂšcle, composĂ© de con- ou cum- « avec » et sona « son », Ă rapprocher du grec ÏÏ ÎŒÏÏÎœÎŻÎ± sumphĂŽnĂa « accord, ensemble de sons », qui a donnĂ© le mot français « symphonie ».
Aussi, je tiens Ă faire un lĂ©ger erratum : contrairement Ă ce que jâavais dit dans lâarticle sur lâAPI, une voyelle arrondie nâest pas dĂ©finie que par un arrondissement des lĂšvres, mais Ă©galement de la langue dans la cavitĂ© buccale (et de mĂȘme une voyelle non-arrondie est dĂ©finie par un aplatissement de la langue dans la bouche) ; lâarrondissement ou non des lĂšvres nâen est donc pas lâunique cause, et pourrait ĂȘtre vu comme en Ă©tant une consĂ©quence.
Jusquâalors, jâavais uniquement Ă©voquĂ© le cas des voyelles orales, celles pour lesquelles lâair passe seulement par la bouche. Cependant il existe dâautres types de voyelles, comme les voyelles nasales dont la production rĂ©sulte dâun passage simultanĂ© de lâair dans le canal buccal et la cavitĂ© nasale. Comparez Ă cet effet « pĂąte » et « pente », qui Ă lâexception de la nasalisation se prononcent de la mĂȘme maniĂšre : /pÉt/ pour le premier et /pÉÌt/ pour le second. Le caractĂšre nasal dâune voyelle se reprĂ©sente dans lâAPI par un tilde au-dessus de la voyelle.
On dit souvent que les voyelles nasales sont prĂ©sentes dans une minoritĂ© de langues du monde, mais en vĂ©ritĂ© toute langue possĂ©dant des consonnes nasale a Ă faire Ă une nasalisation (au moins lĂ©gĂšre) des voyelles prĂ©cĂ©dentes. Mais dans ce cas, pourquoi les anglais ont-ils autant de mal Ă prononcer les voyelles nasales du français ? En fait, le problĂšme nâest pas tant de possĂ©der ou non des voyelles nasales dans sa langue, mais de faire une distinction phonologique entre la voyelle orale et la voyelle nasale : dans le cas de lâanglais, la nasalisation est un procĂ©dĂ© naturel et automatique, mais les voyelles orales et nasales correspondantes ne sont pas considĂ©rĂ©es comme diffĂ©rentes (plutĂŽt comme deux rĂ©alisations proche du mĂȘme son) ; en français et dans une minoritĂ© dâautres langues (incluant le polonais, le portugais et le breton notamment), la voyelle nasale ne sera pas considĂ©rĂ©e comme une variation de la voyelle orale, mais comme une autre voyelle Ă part entiĂšre.
Si lâon parle ensuite de la phonation des voyelles, câest-Ă -dire du type de voix que lâon va utiliser pour les produire, on distingue trois grands types : la voix modale, la voix craquĂ©e et la voix soufflĂ©e. Pour lâinstant, jâai uniquement parlĂ© de voix modale, sans vraiment la dĂ©finir. Il sâagit du mode de phonation oĂč les cordes vocales vont vibrer selon un cycle dans lequel elles seront ouvertes la moitiĂ© du temps et fermĂ©es lâautre moitiĂ© du temps. Pour la voix craquĂ©e (aussi appelĂ©e laryngalisation) le larynx se resserre et comprime les cordes vocales, entraĂźnant un cycle dans lequel les cordes vocales restent plus longtemps fermĂ©es quâouvertes : la voix est alors plus grave, et on perçoit aisĂ©ment les vibrations individuelles des cordes vocales. La voix soufflĂ©e (Ă©galement appelĂ©e murmure) produit au contraire un cycle oĂč les cordes vocales sont plus longtemps ouvertes que fermĂ©es, laissant passer plus dâair et faisant Ă peine vibrer les cordes vocales. Une voyelle laryngalisĂ©e est notĂ©e par un tilde en-dessous de la voyelle (par exemple [o̰]) tandis quâune voyelle murmurĂ©e est notĂ©e par un trĂ©ma en-dessous de la voyelle (par exemple [eÌ€]). Comme pour les voyelles nasales, il existe peu de langues faisant une distinction phonologique entre voix modale, voix craquĂ©e et voix soufflĂ©e : un exemple serait le mazatĂšque de Jalapa, parlĂ© au Mexique et qui compte cinq voyelles ([i], [ĂŠ], [a], [o] et [u]), mais surtout six diffĂ©rentes rĂ©alisations pour chaque, orale modale, orale craquĂ©e, orale soufflĂ©e, nasale modale, nasale craquĂ©e et nasale soufflĂ©e.
Concernant les consonnes, nous avions dĂ©fini le caractĂšre sonore (ou voisĂ©) comme Ă©tant une vibration des cordes vocales lors de la production de la consonne (comme pour [v]) et le caractĂšre sourd (ou non-voisĂ©) comme Ă©tant une absence de vibration des cordes vocales (comme pour [f]). MĂȘme si câest effectivement vrai, on peut Ă©galement distinguer les paires sonore/sourde Ă lâaide de deux autres techniques : le VOT et la diffĂ©rentiation fortis/lenis.
Le VOT pour Voice Onset Time en anglais (que lâon pourrait traduire par « DurĂ©e dâĂtablissement du Voisement ») compare le temps quâil faut Ă la vibration des cordes vocales pour revenir suite Ă son interruption et au relĂąchement dâune consonne (ici, des occlusives) : pour les consonnes sourdes, la durĂ©e est souvent infĂ©rieure Ă 30 ms et toujours imperceptible, et on dira alors que ces consonnes ont un VOT nul (on parle alors de tenuis pour ces consonnes) ; pour les consonnes sonores, la vibration des cordes vocales revient pendant lâocclusion et avant le relĂąchement, provoquant un VOT nĂ©gatif ; il existe cependant un autre cas possible, celui oĂč la vibration revient aprĂšs un temps perceptible (plus de 60 ms en gĂ©nĂ©ral, mais les durĂ©es sont variables en fonction des occlusives et des langues) et oĂč le VOT est alors positif, et dans ce cas on parle de consonne (sourde) aspirĂ©e.
Le français ne possĂšde pas de consonne aspirĂ©e et nâa donc que des consonnes avec VOT0 ou VOT-, mais lâanglais possĂšde une telle distinction : le son /p/ dans spy /spaÉȘ/ correspond Ă un VOT0, tandis que celui de pie /pʰaÉȘ/ possĂšde un VOT+ (et pour comparaison, buy /baÉȘ/ a lui un VOT-). Pourtant en anglais, /pʰ/ et /p/ sont considĂ©rĂ©s comme des rĂ©alisations de la mĂȘme consonne, sâopposant Ă /b/, alors quâen mandarin, /b/ et /p/ sont considĂ©rĂ©s comme Ă©tant la mĂȘme consonne sâopposant Ă /pʰ/. La perception de ce qui fait quâune consonne est diffĂ©rente et constitue bien une consonne Ă part entiĂšre est donc variable en fonction des langues.
La distinction fortis/lenis (du latin pour « fort » et « faible ») a Ă©tĂ© originellement utilisĂ©e pour faire une diffĂ©rentiation dans la force et la tension avec lesquelles sont prononcĂ©es les consonnes. Comparativement au VOT, plus une consonne tend vers un VOT+, plus elle relĂšve du fortis et au contraire, plus elle tend vers un VOT-, plus elle relĂšve dâun lenis. Cette distinction a Ă©tĂ© tout dâabord pensĂ©e pour les langues faisant leurs distinctions entre consonnes sur dâautres bases que le voisement, et peut expliquer pourquoi nous rĂ©ussissons tout de mĂȘme Ă faire la diffĂ©rence entre une consonne sonore et une consonne sourde mĂȘme lorsque lâon parle en voix soufflĂ©e.
Les consonnes pourront cependant se voiser ou se dĂ©voiser en fonction de leur place dans le mot : ainsi, si la plupart des langues voient un dĂ©voisement des consonnes finales (allemand Tag /taËk/ ou Hund /hÊnt/, russe ĐșŃĐŸĐČŃ krov /krÉfÊČ/âŠ), lâanglais procĂšde plutĂŽt Ă un voisement de ces derniĂšres. On peut Ă©galement noter quâune consonne sonore et une consonne sourde ne peuvent cohabiter : dans le cas dâune affrication, lâune des consonnes va changer de phonation pour que les deux consonnes soient toutes les deux soit sourdes, soit sonores : par exemple absent est prononcĂ© /apsÉÌ/, par assimilation antĂ©rograde du /b/ sonore en /p/ sourde, ou cheval peut ĂȘtre prononcĂ© /Êfal/ par assimilation prograde du /v/ sonore en /f/ sourde. De quoi donner encore beaucoup de maniĂšre dâarticuler nos motsâŠ
FONCTIONNEMENT DE LâALPHABET PHONETIQUE
Comme on lâa dĂ©jĂ dit prĂ©cĂ©demment, la linguistique moderne est nĂ©e vers la fin du XVIIIe siĂšcle, et il devient alors important de pouvoir documenter les langues Ă©tudiĂ©es. La question se pose alors dans le courant du XIXe siĂšcle de savoir comment retranscrire les langues nâayant pas le mĂȘme systĂšme dâĂ©criture que celle du linguistique faisant la documentation, ou nâayant pas du tout de forme Ă©crite. Dans le mĂȘme temps, une association de professeurs de langues sâinterroge sur la meilleure maniĂšre dâenseigner Ă leurs Ă©lĂšves britanniques la prononciation du français et aux Ă©lĂšves français la prononciation de lâanglais, qui malgrĂ© un mĂȘme alphabet et des proximitĂ©s, diffĂšrent Ă©normĂ©ment.
Ces deux Ă©vĂ©nements en apparence non liĂ©s sont pourtant Ă la base de ce qui permet aujourdâhui de retranscrire toute langue sans ambigĂŒitĂ© par et pour des locuteurs de nâimporte quelle langue : lâAlphabet PhonĂ©tique International (ou API). Je ne rentrerai pas Ă©normĂ©ment dans les dĂ©tails de sa genĂšse et de son Ă©volution aujourdâhui, et me concentrerai sur son fonctionnement et comment le lire. Sachez toutefois que lâAPI est inspirĂ© de systĂšmes de transcription phonĂ©tique de lâanglais de lâĂ©poque (comme lâalphabet romique de 1877 ou le Palaeotype de 1869), et quâil a Ă©tĂ© rĂ©visĂ© plus dâune vingtaine de fois depuis sa crĂ©ation en 1888, la plus rĂ©cente datant de 2005.
LâAPI est, comme son nom lâindique, un alphabet : un symbole va donc reprĂ©senter un son, que ce soit une consonne ou une voyelle. Il nâexiste cependant pas dâordre alphabĂ©tique pour lâAPI : plutĂŽt quâen liste, les lettres sont classĂ©es dans deux tableaux Ă double-entrĂ©e (un pour les consonnes, lâautre pour les voyelles). Il est important de noter Ă©galement que chaque lettre ne possĂšde quâune prononciation, et que chaque son nâest reprĂ©sentĂ© que par une seule lettre.
ThĂ©oriquement tout du moins : nous y reviendrons peut-ĂȘtre dans le futur, mais il existe une diffĂ©rence entre la notation phonĂ©tique (dite « entre crochets »), qui correspond Ă la transcription phonĂ©tique exacte dâun mot, quelle que soit la langue concernĂ©e, et la notation phonologique (dite « entre barres obliques »), qui est une transcription lĂ©gĂšrement simplifiĂ©e et relative Ă une langue qui permet notamment la production dâallophones ; la notation phonologique Ă©tant par dĂ©finition plus large dans ses possibilitĂ©s que la notation phonĂ©tique, on retrouve Ă©galement dans la littĂ©rature anglophone les termes de narrow transcription « transcription Ă©troite » pour la notation entre crochets et broad transcription « transcription large » pour la notation entre barres obliques. Par exemple, le mot anglais tolerate « supporter » peut sâĂ©crire /ËtÉl.É.ÉčeÉȘt/ en transcription large, tandis quâune rĂ©alisation en notation phonĂ©tique sera plutĂŽt notĂ©e [ËtʰÉËlÉÉčeÉȘtÊ].
Revenons maintenant aux lettres de lâAPI : elles peuvent chacune ĂȘtre dĂ©crites par quatre termes, le premier Ă©tant le type de son (consonne ou voyelle). Ensuite, pour les voyelles, on dĂ©crira la lettre par :
son degrĂ© dâaperture : une voyelle ouverte nĂ©cessitera une ouverture du canal vocal importante pour ĂȘtre rĂ©alisĂ©e, tandis quâune voyelle fermĂ©e se fera avec la langue trĂšs proche du palais ; entre ces deux extrĂȘmes, on trouvera les voyelles prĂ©-ouvertes, mi-ouvertes, moyennes, mi-fermĂ©es et prĂ©-fermĂ©es, toutes dĂ©notant un rapprochement de la langue vers le palais plus important que la prĂ©cĂ©dente ;
son point dâarticulation : une voyelle antĂ©rieure sera produite avec la langue Ă lâavant de la bouche, tandis quâune voyelle postĂ©rieure sera rĂ©alisĂ©e avec la langue le plus loin possible Ă lâarriĂšre de la bouche ; la plupart des voyelles produites dans les langues sont antĂ©rieures ou postĂ©rieures, mais il existe certaines voyelles centrales, avec la langue situĂ©e entre lâavant et lâarriĂšre de la bouche, et quelques rares voyelles quasi-antĂ©rieures et quasi-postĂ©rieures ;
son caractĂšre de rondeur : une voyelle peut soit ĂȘtre arrondie, câest-Ă -dire que les lĂšvres sont arrondies pour la produire, soit ĂȘtre non-arrondie, câest-Ă -dire que les lĂšvres ne sont pas arrondies pour la produire (ce qui semble Ă©vident).
Pour un mĂȘme degrĂ© dâaperture et un mĂȘme point dâarticulation, il existe deux voyelles qui diffĂšrent seulement par leur caractĂšre de rondeur : comparez les voyelles [i] et [y], qui correspondent en français aux sons notĂ©s « i » et « u », et vous constaterez quâelles partagent le mĂȘme degrĂ© dâaperture (fermĂ©es) et le mĂȘme point dâarticulation (antĂ©rieures), mais que [i] est non-arrondie lĂ oĂč [y] lâest. On appellera donc [i] la voyelle fermĂ©e antĂ©rieure non-arrondie et [y] la voyelle fermĂ©e antĂ©rieure arrondie.
Quant aux consonnes, on pourra décrire la lettre par :
son mode dâarticulation : il existe 14 modes dâarticulations diffĂ©rents pour une consonne, que nous allons devoir dĂ©crire car leur nom ne dĂ©crit pas forcĂ©ment explicitement leur rĂ©alisation : * nasale : Ă©coulement du flux dâair par la cavitĂ© nasale, pratiquement toujours accompagnĂ© dâune occlusion brusque et temporaire du canal buccal ; * occlusive : fermeture du canal vocal et un relĂąchement soudain de ce blocage ; * fricative : rĂ©trĂ©cissement fort du canal vocal sans pour autant le fermer totalement, donnant une impression de friction auditive ; * spirante : rapprochement modĂ©rĂ© des organes phonateurs qui ne va pas jusquâĂ produire le bruit caractĂ©ristique de friction des fricatives ; on parle parfois (surtout en littĂ©rature anglophone) dâapproximante ; * roulĂ©e : vibrations multiples et rapides entre le lieu dâarticulation et la langue ; on parle aussi de trillĂ©e * battue : proche dâune occlusive, il nây a cependant pas ici de pression de lâair ; elle peut Ă©galement ressembler Ă une roulĂ©e mais « ne roulant quâune seule fois » ; * toutes les modes dâarticulations dĂ©crits pour lâinstant sont centraux, câest-Ă -dire que lâair passe par le centre du canal vocal ; les fricatives, spirantes et battues ont Ă©galement un Ă©quivalent latĂ©ral : lâair passe par les cĂŽtĂ©s du canal vocal plutĂŽt que par le centre ; * tous les modes dâarticulation dĂ©crits plus haut sont pulmoniques, câest-Ă -dire quâil y a un Ă©coulement dâair entre les poumons et le canal vocal par les cordes vocales ; il existe 5 types de consonnes non-pulmoniques, câest-Ă -dire oĂč lâair va ĂȘtre stockĂ© dans un temps entre les lĂšvres et les cordes vocales, puis relĂąchĂ© sans que les cordes vocales ne sâouvrent et que lâair ne vienne des poumons ; il sâagit des occlusives injectives ou implosives (rĂ©alisĂ©es avec un abaissement de la glotte lĂ©gĂšrement avant lâocclusion, donnant lâimpression que lâair « rentre » dans la bouche), des occlusives et fricatives Ă©jectives (rĂ©alisĂ©es avec une remontĂ©e du larynx, donnant lâimpression que lâair est « expulsé » de la bouche), ainsi que des clics centraux et latĂ©raux ; dans le cas des clics, on va souvent omettre le terme de consonne pour les dĂ©crire, et le remplacer de ce fait par clic.
son point dâarticulation : il existe 12 points dâarticulations diffĂ©rents pour une consonne, classĂ©s depuis les lĂšvres puis en remontant jusquâĂ la glotte : * bilabiale : utilisant les deux lĂšvres ; * labio-dentale : utilisant les dents de la mĂąchoire infĂ©rieure contre la lĂšvre supĂ©rieure ; * dentale : utilisant la pointe de la langue contre les lâarriĂšre des dents ; * alvĂ©olaire : utilisant la pointe de la langue contre les alvĂ©oles, rĂ©gion de la bouche entre les dents et la partie dure du palais ; * palato-alĂ©vĂ©olaire ou post-alvĂ©olaire : faisant un point de pression de la langue entre les alvĂ©oles et le palais dur ; * rĂ©troflexe : pour lesquelles la pointe de la langue se recourbe vers lâarriĂšre de la bouche ; * palatale : faisant un point de pression de la langue contre le palais dur ; * vĂ©laire : faisant un point de pression de la langue contre le velum, le palais mou Ă lâarriĂšre de la bouche ; * uvulaire : faisant un point de pression de lâarriĂšre de la langue prĂšs de la luette ; * pharyngale : faisant un point de pression de lâarriĂšre de la langue au niveau du pharynx ; * Ă©piglottale : faisant un point de pression au niveau du pharynx avec lâĂ©piglotte ; * glottale : faisant un point de pression au niveau de la glotte.
sa phonation : une consonne peut soit ĂȘtre sonore, câest-Ă -dire que les cordes vocales vibrent pour la produire, soit ĂȘtre sourde, câest-Ă -dire que les cordes vocales ne vibrent pas pour la produire.
Pour une mĂȘme maniĂšre et mĂȘme point dâarticulation, il existe en gĂ©nĂ©ral deux consonnes qui diffĂšrent seulement par leur phonation : comparez les consonnes [Ê] et [Ê], qui correspondent en français aux sons notĂ©s « ch » et « j », et vous constaterez quâelles partagent la mĂȘme maniĂšre dâarticulation (fricatives) et le mĂȘme point dâarticulation (palato-alvĂ©olaires), mais que [Ê] est sourde lĂ oĂč [Ê] est sonore. On appellera donc [Ê] la consonne fricative palato-alvĂ©olaire sourde et [Ê] consonne fricative palato-alvĂ©olaire sonore.
Certaines consonnes possĂšdent Ă©galement deux points dâarticulation, qui nĂ©cessitent donc des points de pression simultanĂ©s : comme [w] ou « consonne approximante labio-vĂ©laire voisĂ©e ». Il existe Ă©galement pour les voyelles comme pour les consonnes des diacritiques permettant de modifier lĂ©gĂšrement la lettre : nasalisation, labialisation, voisement, dĂ©voisement, aspiration, rhotacisation (modifier la prononciation pour la rapprocher dâun [r])âŠ
Ainsi, mĂȘme sans connaĂźtre le symbole dâune lettre, si lâon connaĂźt sa description de lâAPI on peut bien la reproduire phonĂ©tiquement. Apprendre Ă le lire peut aider Ă©normĂ©ment et accĂ©lĂ©rer la lecture du rendu phonĂ©tique, mais jâespĂšre au moins quâĂ partir de maintenant vous comprendrez son fonctionnement. On se retrouve la semaine prochaine pour un article un peu moins « liste de dĂ©finitions » et plus informatif, mais il fallait passer par ces explications !
Un épisode de la série Avez-vous déjà vu ... ? qui s'amuse avec l'identité des lettres : les consonnes veulent devenir des voyelles.
elle sonne encore
Les voyelles vivent bruyamment entre la mort des consonnes, vous savez.

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