Rendez-vous en terre inconnue : Globeshakers Project chez les Chipayas en Bolivie
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 AprĂšs une nuit passĂ©e dans le train, nous sommes enfin arrivĂ©s Ă Oruro, principale ville de la rĂ©gion, dâoĂč nous sommes partis en van jusquâau principal village des Chipayas. La principale difficultĂ© fut de mettre tous les instruments ainsi que les gros sacs sur le van, mais nous avons finalement rĂ©ussi. Quelques heures plus tard, aprĂšs un trajet sur la route puis sur une piste, et aprĂšs avoir traversĂ© des villes et des villages de plus en plus isolĂ©s, nous sommes enfin arrivĂ©s Ă notre destination. En arrivant, nous sommes accueillis par Lucas, membre de lâONG italienne ASPEm (Association solidaire pour les pays Ă©mergents), qui sera notre principal contact sur place et qui nous sera dâune trĂšs grande aide pour nous intĂ©grer au village. Nous avons pu loger Ă lâhĂŽtel du village, câest-Ă -dire un ensemble de petit logement avec un bĂątiment central pour les repas, le tout ayant Ă©tĂ© construit et financĂ© par lâUnion EuropĂ©enne afin de favoriser le tourisme dans la communautĂ© Chipaya. Toutefois, nous Ă©tions les seuls occupants de cet hĂŽtel, et dâaprĂšs son livre dâor, cela faisait mĂȘme plusieurs mois quâaucun touriste nâĂ©tait venu.
               Image 1 : Notre hÎtel chez les Chipayas
 Notre programme sur place devait ĂȘtre de faire 9 longs ateliers dans 3 Ă©coles pendant nos 2 semaines de sĂ©jours sur place. Nous nâen ferons finalement que 7, la seconde Ă©cole, situĂ© dans le second village des Chipayas ne pouvant nous accueillir. Le premier jour, nâayant pas dâatelier, nous en avons profitĂ© pour visiter le petit village des Chipayas, composĂ© de sa place principale, avec une Ă©cole primaire, une mairie et quelques commerces situĂ©s dans des habitations ainsi que de quelques rues en terre bordĂ©es de maisons, dont quelques-unes Ă©taient en ruines. MalgrĂ© lâisolation apparent du village, la plupart des Ă©quipements sont dâassez bonne qualitĂ©. Par exemple, le village comportait Ă©galement un gymnase ainsi quâun collĂšge. Câest dans ce collĂšge que nous avons fait nos premiers ateliers.
         Image 2 : La place principale du village, avec lâĂ©cole primaire
            Image 3 : Une rue du village aux abords de la place
   AprĂšs un rĂ©veil assez-tĂŽt le matin et un petit dĂ©jeuner trĂšs copieux (comme lâensemble de nos repas sur place), nous nous rendons en avance au collĂšge Urus Andino afin de planifier avec le directeur ainsi que le professeur de musique/ trompettiste / chef dâorchestre de la fanfare nos trois jours dâateliers. Tout dâabord, comme chaque lundi, une petite cĂ©rĂ©monie est organisĂ©e, comportant un lever du drapeau Bolivien mais aussi un temps dâexpression pour les Ă©lĂšves, avec par exemple un sketch sur la rivalitĂ© entre Bolivie et Chili fait par quelques jeunes Ă©tudiants. A cette occasion, les Ă©lĂšves mettent leur tenue traditionnelle. Câest Ă©galement Ă cette occasion que nous nous prĂ©sentons, en faisant un petit concert et en nous prĂ©sentant, dans un espagnol qui restait encore assez approximatif (Ă part Lucas, nous nâavons rencontrĂ© personne parlant le moindre mot dâanglais dans tout le village). A cette occasion, nous nous sommes rendu compte que jouer Ă plus de 4 000 mĂštres dâaltitude Ă©tait trĂšs difficile, peut-ĂȘtre mĂȘme plus que ce Ă quoi nous nous attendions. AprĂšs cet Ă©vĂšnement, nous avons pu faire un atelier avec une classe dâĂ©lĂšves, oĂč nous avons travaillĂ© sur le chant et le rythme, ainsi quâune dĂ©couverte des instruments. Pour cela, nous avons repris lâun des canons les plus classiques qui est enseigné : « Vent frais, vent du matin », que nous avons pour lâoccasion traduit en espagnol, « Viento frĂo ». Cette traduction et cet atelier a Ă©tĂ© une assez franche rĂ©ussite, et nous avons ainsi gardĂ© ce canon pendant tout notre sĂ©jour en AmĂ©rique du Sud.
      Image 4 : Cérémonie de lever du drapeau au collÚge Urus Andino
                  Image 5 : Un atelier au collÚge Urus Andino
   Les deux jours suivants, nous avons pu refaire le mĂȘme atelier, mais cette fois avec dâautres Ă©lĂšves. En effet, nous pensions que comme nous nâallions rester que deux semaines, il nâĂ©tait absolument pas possible de faire une action sur la durĂ©e, il Ă©tait plus logique et plus intĂ©ressant dâessayer de proposer une premiĂšre initiation et une premiĂšre dĂ©couverte dâune musique et dâune culture diffĂ©rente de la leur, afin de peut-ĂȘtre faire en sorte que quelques Ă©lĂšves sâintĂ©ressent de plus prĂšs Ă la musique et Ă la possibilitĂ© de faire dâutiliser leur corps pour faire de la musique ou de lâart plus globalement. En plus de ces ateliers, nous avons pu Ă©changer avec la fanfare de lâĂ©cole, composĂ©e dâĂ©lĂšves jouant de la trompette, des sortes de tuba ou des percussions. Ils nâĂ©taient donc pas habituĂ©s aux trombones ou encore moins aux saxophones, trĂšs inhabituels pour une fanfare. Ă la suite dâune demande du professeur de musique, autodidacte, Benjamin a Ă©galement pu faire un cours de thĂ©orie musicale aux diffĂ©rents membres de la fanfare. Malheureusement, par manque de temps, nous nâavons pas pu organiser un Ă©vĂšnement ou enregistrer un morceau avec cette fanfare.
                     Image 6 : Exercices de rythme au collÚge Urus Andino
    LâaprĂšs-midi, lorsque nous ne faisions pas dâateliers, nous nous sommes occupĂ©es de diffĂ©rentes maniĂšres : comme il Ă©tait difficile de jouer Ă une telle altitude, les notes Ă©tant changĂ©es et lâendurance nâĂ©tant pas au rendez-vous, seuls nos percussionnistes Tim et Adel ont pu ĂȘtre enregistrĂ©es, mais de nombreuses rĂ©pĂ©titions ont tout de mĂȘme Ă©taient effectuĂ©es. Enfin, lâactivitĂ© principale de la fin de lâaprĂšs-midi Ă©tait un match de football contre des Ă©lĂšves ou des adultes, Lucas nous Ă©tant souvent dâun trĂšs grand secours. De plus, ce fut Ă©galement lâoccasion pour beaucoup de se reposer et de profiter dâun air ainsi que dâun ciel absolument pur, ce qui nous a permis de voir Ă©normĂ©ment dâĂ©toiles. Les journĂ©es Ă©taient cependant assez courtes, la tempĂ©rature chutant drastiquement lorsque la nuit tombait, il a ainsi gelĂ© plusieurs fois la nuit, et les tempĂ©ratures ressentis Ă©taient bien en-dessous de 0. Heureusement, tous ces problĂšmes de froid disparaissaient lors de nos repas, trĂšs copieux et servis par des hĂŽtes extrĂȘmement gentils. En partant, si nous Ă©tions pour la plupart de ne plus manger en entrĂ©e de chaque repas une soupe de quinoa, nous Ă©tions tous trĂšs tristes de devoir quitter ceux qui nous ont autant aidĂ©s pendant deux semaines.
                               Image 7 : Match de football endiablé
              Image 8 : Ciel étoilé au-dessus de notre hÎtel
   Cependant, une petite Ă©quipe composĂ©e dâEwan, Edmond, Selim et Valentin est allĂ©e Ă Oruro le mardi afin de rĂ©gler plusieurs affaires importantes, comme acheter des vĂȘtements chauds pour ceux qui en manquaient, des bouteilles dâeau potable pour tous ou des cartes SIM de tĂ©lĂ©phone pour pouvoir communiquer plus facilement. En effet, si quelques personnes avaient achetĂ© auparavant une carte SIM, elles Ă©taient toutes liĂ©es Ă un opĂ©rateur qui nâavait aucun rĂ©seau chez les Chipayas (en rĂ©alitĂ©, seul un opĂ©rateur avait un tout petit peu de rĂ©seau, mais cela Ă©tait suffisant pour ce que nous souhaitions faire), et nous avions besoin dâun peu de rĂ©seau, pour contacter nos familles et surtout pour contacter lâONG du PĂ©rou et finaliser notre logistique pour Lima, notamment pour le logement sur place. Cette petite aventure fut assez mouvementĂ©e, et mĂ©rite donc dâĂȘtre racontĂ©e. Nous nous sommes donc levĂ©s Ă 3 heures du matin afin de prendre un van qui allait nous emmener jusquâĂ Oruro, le trajet durant environ 4 heures. En arrivant sur la place principale, nous remarquons quâil nây a pas un van qui attend, mais 6 ! Chacun Ă©tait opĂ©rĂ© par une entreprise diffĂ©rente, nous avons eu des difficultĂ©s Ă trouver notre van, mais nous avons finalement rĂ©ussi. Il Ă©tait finalement totalement rempli, chaque siĂšge ou strapontin Ă©tant occupĂ© par un adulte ou deux ou trois enfants, certains en tenue de ville, dâautres en tenues traditionnelle. AprĂšs un trajet dans la nuit bolivienne, nous sommes finalement arrivĂ©s trĂšs tĂŽt le matin, aux alentours de 7 heures, Ă lâune des places du marchĂ© de la ville, situĂ©e Ă quelques kilomĂštres du centre-ville. Comme tous les magasins Ă©taient fermĂ©s, nous avons dĂ©cidĂ© de marcher jusquâĂ la partie commerciale de la ville oĂč nous souhaitions trouver ce que nous cherchions. AprĂšs un petit dĂ©jeuner dans un des quelques lieux ouverts Ă cette heure, nous avons attendu jusquâĂ lâouverture des magasins pour acheter ce que nous souhaitions : cartes SIM, chaussettes, adaptateur, bonnets, fruits, bouteilles dâeau potable etc. dans les diffĂ©rents magasins ou vendeurs de rue, et nous avons Ă©galement pu organiser la suite de notre voyage, en rĂ©servant notre premiĂšre auberge de jeunesse Ă Lima et en recontactant notre ONG partenaires. Ensuite, nous avons pu nous promener dans la ville, qui nâa que trĂšs peu dâĂ©lĂ©ments remarquables. La principale attraction dâOruro est son carnaval, qui nâĂ©tait pas Ă cette pĂ©riode de lâannĂ©e. AprĂšs cette journĂ©e bien remplie Ă explorer la ville, nous avons fini par repartir vers la place oĂč nous avait dĂ©posĂ© le chauffeur le matin, oĂč nous avons attendus avec dâautres Chipayas, pour la plupart avec de nombreuses affaires achetĂ©es pendant la journĂ©e, le van qui allait nous ramener jusquâau village. Ce van Ă©tait une nouvelle fois bien plein, et avec cette fois-ci beaucoup dâaffaires sur le toit : en comptant les enfants, nous Ă©tions 18 pour 14 places. Et Ă lâendroit oĂč lâon sortait de la route pour prendre la piste, alors quâil nous restait une heure de route et que personne nâĂ©tait descendu, 3 nouvelles personnes sont montĂ©es avec nous dans le van, restant debout ou prenant des enfants sur leurs genoux. Finalement, aprĂšs ce pĂ©riple, nous avons finalement pu revenir jusquâĂ lâhĂŽtel rapporter toutes nos denrĂ©es au reste du groupe.
       Image 9 : La piste en terre partant du village menant à Oruro
   AprĂšs nos trois jours dâateliers avec le collĂšge Urus Andino, nous devions partir le jeudi faire nos ateliers avec une Ă©cole primaire, situĂ©e dans un village diffĂ©rent. Cependant, nous nâavons pas pu y aller le jeudi ou le vendredi, et nous nâavons donc fait quâun seul atelier le lundi suivant. Le jeudi, les Ă©coles Ă©taient fermĂ©es, et nous avons pu participer Ă une « fĂȘte » organisĂ©e par le village et les douanes nationales, entre autres pour sensibiliser Ă la contrebande et aux importations et exportations illĂ©gales. A cette occasion, nous avons notamment pu jouer devant une trĂšs grande partie du village, qui nous a chaleureusement accueillis. Comme Ă chaque occasion spĂ©ciale, et pour certains comme quasiment chaque jour, une grande partie des Chipayas Ă©taient habillĂ©s dans leur tenue traditionnelle assez unique. Nous avons aussi pu nous balader dans les diffĂ©rents stands et rencontrer un petit plus la population Chipaya, mĂȘme si la barriĂšre de langue restait assez importante. De plus, aprĂšs cette fĂȘte, nous avons fait un dernier atelier au collĂšge avec les Ă©lĂšves qui le souhaitaient, et qui Ă©taient venus nombreux alors quâils nâavaient pas Ă©cole ce jour-lĂ . Etant donnĂ© le nombre dâĂ©lĂšves, ce dernier atelier fut plus informel et centrĂ© sur des jeux de rythmes et de crĂ©ativitĂ©. Enfin, nous avons profitĂ© du vendredi pour travailler au niveau musical ou sur dâautres projets, et nous avons Ă©galement pu organiser un week-end avec Lucas dans le parc national de Sajama.
              Image 10 : Concert sur la place principale du village Chipaya
             Image 11 : PrĂ©sentation dâinstruments au collĂšge Urus Andino
   Ainsi, aprĂšs ces deux jours, nous sommes partis samedi matin jusquâau parc national de Sajama, situĂ©s Ă quelques heures de route du village. Ce parc national contient notamment le Nevado Sajama, point culminant du pays Ă 6542 mĂštres dâaltitude. Nous sommes donc partis en van, mais aprĂšs une trentaine de minutes de route, celui-ci sâarrĂȘte, et lorsque le chauffeur ouvre le capot, beaucoup de fumĂ©e blanche en sort. Sâil nâa pas voulu lâavouer, nous avons compris quâil avait dĂ©cidĂ© par Ă©conomie dâutiliser de lâeau comme liquide de refroidissement, et comme la nuit prĂ©cĂ©dente avait Ă©tĂ© particuliĂšrement froide, cette eau avait gelé ! Finalement, aprĂšs plus dâune heure dâattente, un second vĂ©hicule est venu et nous avons transfĂ©rĂ© toutes nos affaires vers celui-ci, et nous avons continuĂ© notre route vers le parc national. Le trajet fut assez long, notamment car le chauffeur ne savait pas bien plus que nous comment aller jusquâĂ ce parc national, et a aussi passĂ© plusieurs dizaines de minutes pour trouver la « station-essence » dâun village sur la route en demandant aux quelques passants croisĂ©s oĂč elle Ă©tait. Cette « station-essence » Ă©tait en rĂ©alitĂ© une maison comme les autres, sans la moindre enseigne, mais son propriĂ©taire possĂ©dait dâinnombrables bidons remplis dâessence. Nous avons pu atteindre la zone du parc en dĂ©but dâaprĂšs-midi, et nous avons pu dĂ©poser nos affaires Ă notre hĂŽtel. Nous avons donc dĂ©cidĂ© de passer le reste de la journĂ©e Ă nous balader dans le petit village, puis Ă faire une petite randonnĂ©e dans les contreforts du Nevado Sajama, dâoĂč nous avions dĂ©jĂ une trĂšs belle vue sur toute la zone. AprĂšs ces efforts, nous sommes allĂ©s alors que la nuit tombait Ă une source thermale, lâautre particularitĂ© du parc national. MĂȘme sâil faisait nuit lorsque nous sommes arrivĂ©s, nous avons Ă©tĂ© autorisĂ©s, aprĂšs nĂ©gociations, Ă aller nous baigner dans cette source, trĂšs chaude, notamment par rapport au froid glacial qui nous attendait Ă lâextĂ©rieur. En rentrant, nous avons cherchĂ© oĂč manger, avant de finalement trouver le magasin oĂč travaillait le propriĂ©taire, situĂ© de lâautre cĂŽtĂ© du village par rapport Ă lâhĂŽtel, et nous avons finalement rĂ©ussi Ă manger. Le lendemain, nous sommes partis en expĂ©dition afin de grimper le dĂ©but de lâescalade du Nevado Sajama. Cette randonnĂ©e fut trĂšs Ă©prouvante, notamment Ă cause de lâaltitude, mais a permis dâavoir une trĂšs belle vue de lâensemble du parc. AprĂšs un second repas dans le magasin/restaurant du propriĂ©taire de lâhĂŽtel, nous sommes finalement repartis jusquâau village des Chipayas, que nous avons atteint sans nouvelle pĂ©ripĂ©tie.
Image 12 : Randonnée dans le parc Sajama (Nevado Sajama enneigé en fond)
               Image 13 : Vue de hauteur (drone) du parc de Sajama
   AprĂšs ce Week-end mouvementĂ©, nous sommes donc allĂ©s le lundi au second village Chipaya, encore plus isolĂ© que le premier. Par exemple, nous avons dĂ» plusieurs fois descendre du van qui nous emmenait pour passer certains passages de la piste, car le vĂ©hicule ne pouvait pas le faire avec autant de chargement. Cet atelier fut trĂšs intĂ©ressant, mĂȘme si les Ă©lĂšves Ă©taient bien plus timides que ceux du collĂšge dâUrus Andino. CâĂ©tait notamment le cas des filles de lâĂ©cole, qui pour certains nâont tout simplement pas voulu participer Ă lâatelier proprement dit malgrĂ© nos nombreuses invitations. Tout dĂ©part, pour nous prĂ©senter, nous avons fait un petit concert avec prĂ©sentation des diffĂ©rents instruments, avant de nous sĂ©parer en trois groupes, un avec les plus ĂągĂ©s et deux avec les enfants les plus jeunes, et nous avons essayĂ© de les initier au corpo-rythme ainsi quâau chant, notamment en canon, avec des jeux et avec la chanson « Viento frĂo ». MalgrĂ© quelques soucis de timiditĂ©, nous avons rĂ©ussi Ă faire ce que nous souhaitions, et le traditionnel essai dâinstruments Ă la fin de lâatelier fut une grande rĂ©ussite, les enfants Ă©tant trĂšs heureux de pouvoir en essayer un ou deux. Nous sommes donc ensuite rentrĂ©s Ă notre logement, en passant cette fois-ci et en nous arrĂȘtant Ă des dunes proches du village afin de prendre quelques photos et de faire quelques figures dignes des plus grands cascadeurs.
          Image 14 : Atelier de rythme avec de jeunes enfants Chipayas
  Forts de notre expĂ©rience du jour prĂ©cĂ©dent, nous avons fait nos trois derniers ateliers avec lâĂ©cole primaire situĂ©e sur la place principale du village sans encombre, car nous avions rĂ©ussi Ă assez bien dĂ©finir nos objectifs ainsi que sâil Ă©tait possible de faire avec des enfants de cet Ăąge. Ainsi, pendant ces trois jours, nous avons eu des groupes dâenfants diffĂ©rents, que nous avons essayĂ© de sĂ©parer par classes et/ou Ăąges mĂȘme si les groupes Ă©taient finalement trĂšs mĂ©langĂ©s. Nous commencions par quelques morceaux ainsi quâune prĂ©sentation des instruments, avec un Ă©chauffement collectif, avant de nous sĂ©parer en plus petits groupes afin de faire chant, rythme et jeux Ă©ducatifs. A la fin des ateliers, nous essayions de nous regrouper pour faire une activitĂ© en commun, et si possible de rejouer un morceau ou deux, avant de les laisser essayer nos instruments, partie bien sĂ»r prĂ©fĂ©rĂ©e des enfants.
            Image 15 : PrĂ©sentation dâinstruments Ă des enfants Chipayas
   Finalement, vendredi matin, nous avons remerciĂ© trĂšs chaleureusement nos hĂŽtes aprĂšs un dernier petit-dĂ©jeuner, nous avons rangĂ© nos affaires et les avons entassĂ©es une nouvelle fois sur le toit du van, avant de quitter ce lieu et cette atmosphĂšre unique, hors de lâespace et du temps, pour aller Ă la capitale du pays La Paz, oĂč nous allions rester une journĂ©e avant de repartir vers le PĂ©rou. Lucas nous a accompagnĂ© Ă La Paz, sa mission avec les Chipayas Ă©tant Ă©galement fini et souhaitant faire son rapport Ă la direction de lâONG, situĂ©e Ă©galement Ă La Paz. AprĂšs une journĂ©e entiĂšre de transport, et une petite difficultĂ© Ă trouver notre hĂŽtel, nous sommes finalement arrivĂ©s Ă la capitale Ă©conomique du pays. Le samedi, nous avons ainsi pu rencontrer dâautres membres de lâONG avec qui nous avons pu dĂ©briefer notre action et Ă©changer sur notre expĂ©rience sur place. Nous avons profitĂ© du reste de la journĂ©e pour visiter cette ville entiĂšrement en pente, le traditionnel mĂ©tro souterrain Ă©tant dans cette ville remplacĂ© par des funiculaires flambants neufs, trĂšs pratiques et trĂšs jolis mais dĂ©tonnant un peu avec le reste de la ville, visiblement moins riche : par exemple, une trĂšs grande majoritĂ© des bĂątiments sont en briques nues, et beaucoup semblent encore en partie en construction. Le centre-ville en lui-mĂȘme est trĂšs joli, avec plusieurs belles rues et Ă©galement des Ă©glises assez remarquables, datant de lâĂ©poque coloniale. Une des particularitĂ©s de la ville est son cĂ©lĂšbre « MarchĂ© aux sorciĂšres », lieu en rĂ©alitĂ© assez touristiques vendant toutes sortes de produits Ă©sotĂ©riques, de la poudre magique aux fĆtus de lama ! Nous avons pu profiter de cette derniĂšre soirĂ©e en Bolivie pour voir une derniĂšre fois Lucas, qui nous a accompagnĂ© et grandement aidĂ© pendant ces deux semaines, et que nous ne remercierons jamais assez.
    Image 16 : Photo de groupe aprÚs notre dernier atelier au village Chipaya
En effet, le lendemain dimanche, il Ă©tait dĂ©jĂ temps dâaller jusquâĂ lâaĂ©roport de La Paz, dâoĂč nous nous sommes envolĂ©s vers lâune des derniĂšres grandes Ă©tapes de notre voyage : Lima et le PĂ©rou !