Les faire-part de décÚs
A lâoccasion de la mise Ă jour de mon ouvrage sur les descendants dâAlexis DEQUIDT et de Reine AMMEUX, jâai consultĂ© de nombreux faire-part de dĂ©cĂšs sur le site Libra Memoria.
Jâavais publiĂ©, dans mon ouvrage, dâanciens faire-part datant des annĂ©es 1917 Ă 1964. Ils sont pour la plupart encadrĂ©s dâun large bandeau noir et la famille du dĂ©funt y est dĂ©crite dans le dĂ©tail. Les couples sont dĂ©nommĂ©s Monsieur et Madame suivi du prĂ©nom du mari puis des noms de famille du mari et de lâĂ©pouse (ex : Monsieur et Madame Alexis DEQUIDT-STAES). Les enfants, mĂȘme trĂšs jeunes, sont appelĂ©s Mademoiselle ou Monsieur, ainsi : Mesdemoiselles Paulette et Colette DEQUIDT, Monsieur Paul DEQUIDT qui avaient respectivement 16, 14 et 8 ans Ă la mort de leur grand-pĂšre Paul DEQUIDT, le 13 mars 1953.
Sur le faire-part dâIgnace DEQUIDT, mort pour la France, dĂ©cĂ©dĂ© le 22 fĂ©vrier 1917 suite aux blessures reçues au combat du bois dâAvocourt, prĂšs de Verdun, il est indiquĂ© que « des pains seront distribuĂ©s aux pauvres ». Il en est de mĂȘme sur celui de Justine DEGRAVE, Ă©pouse dâAlexis DEQUIDT (le fils aĂźnĂ© d'Alexis DEQUIDT et de Reine AMMEUX), dĂ©cĂ©dĂ©e le 11 novembre 1920.
A partir des annĂ©es 1940, les familles choisissent plutĂŽt de faire un don au Bureau de Bienfaisance. Celui-ci se chargera dâapporter une aide aux plus pauvres ou aux vieillards selon le souhait Ă©mis par la famille du dĂ©funt.
De nos jours, les familles proposent parfois à leurs parents et amis de faire des dons à un organisme de recherche sur une maladie bien définie (probablement celle dont souffrait le défunt) ou à une association humanitaire.
Curieusement, jâai lu sur un faire-part rĂ©cent que « des dons pourront ĂȘtre faits en soutien Ă la famille »Â
Jusque dans les annĂ©es 1980, il Ă©tait Ă©galement de tradition de distribuer des images mortuaires durant lâoffice religieux, avec parfois la photo du dĂ©funt.
Il faut attendre les annĂ©es 1970 pour voir disparaĂźtre le large bandeau noir sur les faire-part qui sera remplacĂ© par une bande grise rehaussĂ©e dâune croix, sur le cĂŽtĂ© gauche.
A la fin des annĂ©es 1990 le faire-part peut ĂȘtre entourĂ© dâun simple liserĂ© gris ou pas, avec une croix ou mĂȘme le clocher de lâĂ©glise du dĂ©funt, parfois rehaussĂ©s dâune petite dĂ©coration en couleur comme un Ă©pi de blĂ©, une colombe ou encore quelques fleurs. Et maintenant, il est possible dâajouter la photo du dĂ©funt.
Au fil du temps, il y a eu une évolution dans la présentation des différents membres de la famille du défunt sur le faire-part. Exit les Monsieur, Madame, Mademoiselle. On lit maintenant, par exemple, ThérÚse et Michel FIERS-DEQUIDT et les jeunes enfants sont dénommés par leur simple prénom.
Les faire-part des Flandres et plus généralement de toute la partie nord de la France donnent trÚs souvent de nombreux détails sur la famille du défunt et ils sont, à ce titre, trÚs intéressants pour les généalogistes. Les faire-part du sud de la France informent du décÚs du défunt sans donner beaucoup de précisions sur la composition de sa famille.
Toutefois, il y a des faire-part fourre-tout oĂč tous les petits-enfants du dĂ©funt sont dĂ©nommĂ©s uniquement par leur prĂ©nom et rassemblĂ©s tous ensemble sur une ou deux lignes. Il est impossible de savoir quel couple a quels enfants. Ils peuvent ĂȘtre classĂ©s par ordre dâĂąge (du plus ĂągĂ© au plus jeune) ou en inscrivant dâabord les enfants du premier enfant puis ceux du deuxiĂšme et ainsi de suite. Dâautres faire-part, au contraire, donnent un dĂ©tail trĂšs prĂ©cis de la composition de leur famille. Voici un exemple de faire-part tel quâil devrait toujours ĂȘtre libellĂ© (les prĂ©cĂ©dents le sont Ă©galement, j'ai volontairement Ă©cartĂ© les faire-part qui ne donnent pas suffisamment de prĂ©cisions)  :
Jâai aussi vu, dans le cas, de familles trĂšs nombreuses quâil Ă©tait simplement noté : « son Ă©pouse, ses enfants, ses petits-enfants et arriĂšre-petits-enfants ». Est-ce de peur dâoublier quelquâun ou parce que la liste des noms ne tiendrait pas sur une seule page ?
Certains choisissent une communication rĂ©duite Ă sa plus simple expression, comme prĂ©cĂ©demment. Dâautres, au contraire, veulent officialiser et faire connaĂźtre au plus grand nombre ce que jâai interprĂ©tĂ© comme un enfant connu tardivement (nĂ© dâune autre femme avant le mariage du dĂ©funt).
Il arrive aussi que dans certains faire-part, des enfants ou beaux-enfants soient « oubliés ». Cela traduit sans doute une brouille dans la famille.
Il nâĂ©tait pas de coutume dâinscrire la profession du dĂ©funt sur les anciens faire-part de dĂ©cĂšs. La famille mettait plutĂŽt en avant sa participation active dans des confrĂ©ries religieuses. Ainsi, Paul DEQUIDT Ă©tait membre des confrĂ©ries de la paroisse dâOudezeele et administrateur du Bureau de Bienfaisance, Marie DEQUIDT, Ă©pouse de François COLPAERT, Ă©tait membre du Tiers-Ordre de St François. Quant Ă Monique GILLOOTS, Ă©pouse de Gabriel DELASSUS, elle Ă©tait membre de la chorale paroissiale.
Il Ă©tait Ă©galement mis en avant les participations Ă la guerre (mort pour la France comme Ignace DEQUIDT ou ancien combattant comme Albert LIEFOOGHE ou prisonnier de guerre) ainsi que les titres honorifiques comme chevalier du MĂ©rite Agricole ou mĂ©daille dâor de la Famille Française pour Germaine DEQUIDT, veuve dâHenri IOOS, qui a eu 12 enfants de 1897 Ă 1917.
De nos jours, la profession peut ĂȘtre inscrite comme pour mon oncle Cyr DEQUIDT ou AndrĂ© DEQUIDT, veuf de CĂ©cile SCHIPMAN ou ne pas lâĂȘtre comme sur le faire-part dâAndrĂ© DEQUIDT mariĂ© Ă ThĂ©rĂšse DEVILLERS ou encore sur celui de Francine DEPAPE-CAULIER.
Les faire-part se gardent prĂ©cieusement. Je me souviens que mon grand-pĂšre paternel, Cyr DEQUIDT, les accrochait sur un clou fixĂ© au mur de sa cuisine. Il en avait une grosse liasse. CâĂ©tait lâoccasion pour lui dâĂ©voquer avec mon pĂšre la mĂ©moire de tel ou tel dĂ©funt.
Les faire-part ne sont presque plus envoyĂ©s Ă domicile. Il est vrai quâil faut avoir les adresses prĂ©cises de toutes les personnes que lâon veut joindre et cela prend beaucoup de temps Ă les Ă©crire sur les enveloppes. De plus, aves les dĂ©lais postaux qui se sont allongĂ©s, le faire-part risque dâarriver chez son destinataire aprĂšs la date des obsĂšques. Il est, aujourdâhui, plus simple et pratique de faire une publication dans le journal local ou rĂ©gional.
Tous les dĂ©funts citĂ©s font partie des descendants dâAlexis DEQUIDT et de Reine AMMEUX. Voici le tableau montrant les liens qui les unissent.
















