Visite de la Cantoche
Compte rendu de lâentretien Ă la Cantoche le vendredi 16 octobre 2020 oĂč nous avons Ă©tĂ© accueilli par Mathis, Jean-Yves et Soulou.Â
La Cantoche est nĂ©e de lâidĂ©e de deux personnes en 2016. Au dĂ©but, câĂ©tait un lieu Ă©phĂ©mĂšre qui proposait une cuisine simple, peu cher et locale. En novembre 2018, ils ouvrent le bar permanent, puis en juin 2019 la cuisine est proposĂ©e Ă la carte.
Le parcours de Mathis : aprĂšs un BTS informatique, il change de cursus et commence la cuisine Ă 24 ans Ă lâĂ©tranger pendant 3 ans. Il se forme ensuite Ă Lyon avec une formation adulte aprĂšs avoir eu son CAP cuisinier. I travaille dans quelques restaurants Ă Lyon, en lâoccurrence dans lâune des brasseries de Paul Bocuse. Il voyage ensuite pour le travail en Pologne et en RĂ©publique TchĂšque, câest grĂące Ă ces expĂ©riences quâil propose une cuisine influencĂ©e de ses voyages. En rentrant en France, il intĂšgre un poste de Chef de cuisine dans un ESAT Ă Bainville-sur-Marne â Ătablissement et service dâaide aux travailleurs - puis il a commence Ă la Cantoche, oĂč il a commencĂ© en tant que bĂ©nĂ©vole puis devient chef.
Jean-Yves a commencĂ© par un CAP cuisine sur deux ans, puis a travaillĂ© en tant que commis de cuisine. Cela fait un mois quâil travaille Ă la Cantoche.
Soulou fait partie dâun ESAT et il est Ă la Cantoche depuis un mois pour aider Ă la cuisine.
PrĂ©sentation du lieu : la Cantoche est un restaurant associatif solidaire, qui accueille des bĂ©nĂ©voles en cuisine, en salle et aussi sur dâautres pĂŽles appelĂ©s des cercles : le cercle dâanimations, le cercle finance et employeurs. La Cantoche nâa pas de systĂšme hiĂ©rarchique, câest une gouvernance partagĂ©e avec un systĂšme horizontal. Tout le monde peut prendre une dĂ©cision selon le cercle auquel ils sont affiliĂ©s. Au niveau de la cuisine, qui est vĂ©gĂ©tarienne, ils travaillent avec des produits locaux, bio, de saisons et aussi issus du commerce Ă©quitable comme pour les Ă©pices comme la vanille et le cafĂ©.
Ils travaillent avec des producteurs de maraichers aux alentours : Charlie et Fix basĂ©s prĂšs de Toul et Mirabio, qui les livrent en fruit et en confitures, une ferme de fromage. Au niveau des matiĂšres sĂšches, ils commandent sur une plateforme qui sâappelle PBL (Paysans Bio Lorrain), une sorte de grosse coopĂ©rative bio.
La Cantoche accueille des bĂ©nĂ©voles au quotidien, qui peuvent accĂ©der Ă un planning en ligne et participer Ă la cuisine ou au service en salle. Le chef et un ou deux bĂ©nĂ©voles, prĂ©parent chaque jour dĂšs 9h le menu qui est composĂ© dâune entrĂ©e, un plat et un dessert. Comme le but est dâĂ©viter au maximum les dĂ©chets alimentaires, sâil reste des denrĂ©es de la veille, ils les rĂ©utilisent le lendemain ou les transforment en un autre plat.
La crĂšmerie qui vient de la ferme Fonteney â au marchĂ© de Vandoeuvre - est la denrĂ©e qui nĂ©cessite le plus de surveillance.
LâĂ©tĂ© passĂ©, ils ont organisĂ© un atelier de verrine avec des lĂ©gumes lacto-fermentĂ©s.
Une de leurs collĂšgues a effectuĂ© des tests de lacto-fermentation de lĂ©gumes dans les bocaux conservĂ©s dans la cave. Le principe est de dĂ©couper les lĂ©gumes assez fins Ă la mandoline, type carotte par exemple, et de faire un mĂ©lange eau et sel â en y ajoutant si on le souhaite des aromates. Le tout est conservĂ© au sec et Ă lâabri de la lumiĂšre. Cette prĂ©paration peut ĂȘtre conservĂ©e environ 6 mois et a un intĂ©rĂȘt par rapport aux conservations classiques qui, elles, nĂ©cessitent de la place au frais. Cette technique influence Ă©galement le goĂ»t. Comme ils savaient quâils allaient fermer cet Ă©tĂ© la Cantoche, et quâil leur restait des lĂ©gumes, câĂ©tait Ă©galement lâoccasion de tester ce type de conservation. Ils attendent de tester entre eux le rĂ©sultat de cette expĂ©rimentation pour par la suite lâutiliser dans des salades. Mais aujourdâhui, par soucis dâhygiĂšne, ils ne savent pas si les bocaux peuvent ĂȘtre proposĂ©s aux clients, donc ils vont contacter un laboratoire vĂ©tĂ©rinaire et alimentaire.
Les autres conservations dont Mathis nous a parlĂ© est la confiture et les fruits sirop, Ă©galement dans des bocaux aussi conservĂ©s Ă la cave. Pour les fruits en sirop, ils utilisent de lâeau et du sucre, puis les pochent. Notamment les mirabelles, qui sont procurĂ©es localement. Si on nâutilise pas autant de sucre que de fruits, il faut faire attention Ă la conservation.
Tous les mardis ils se fournissent Ă lâAMAP du CD 54 â conseil dĂ©partemental. Pour le pain, ils se le procurent au moulin du petit poucet.
Les restes alimentaires sont soit consommĂ©s par lâĂ©quipe de bĂ©nĂ©vole et de salariĂ©s (ils sont 4/5 Ă dĂ©jeuner aprĂšs chaque service), soit ils utilisent une cellule de refroidissement qui permet de redescendre rapidement en tempĂ©rature un produit pour Ă©viter la prolifĂ©ration de bactĂ©ries. Le lendemain les plats sont rĂ©chauffĂ©s rapidement (pour Ă©galement Ă©viter la formation de bactĂ©ries) puis consommĂ©s.Â
On lui a aussi demandĂ© sâil connaissait des personnes sur Nancy qui travaillent sur la conservation des aliments. Il connait Franck Magot, qui est un traiteur en bio qui travaille aussi la viande et qui rĂ©pond aussi Ă des Ă©vĂšnements (mariage...)
Il nous a Ă©galement Ă©voquĂ© le traiteur Les fermiers dâici qui fait dĂ©jĂ des bocaux et qui a lâidĂ©e dâouvrir une conserverie et pourquoi pas vendre ses bocaux dans lieu type biocop.







