Je viens de terminer ce roman étonnant. Il est vraiment original et contemporain, et politique. Il pose des questions intéressantes qui nous touchent tous les jours et qui sont en prise directe avec l’actualité la plus brûlante. Les questions du genre, de l’écologie, des migrants, de la liberté.
Ça brasse large. C’est dû au cadre de l’histoire, un fantasme de phalanstère du bonheur, une maison idyllique entourée d’une nature luxuriante qui abrite des exclus de la vie normale, des fous, des vieillards, des anxieux, des handicapés sociaux.
Autour du gourou Arcadie, sorte de jouisseur prêchant l’amour et la liberté, tout ce petit monde se presse. Et Farah, enfant puis adolescente au physique hors normes, grandit, envoûtée par l’orateur, et bientôt l’amant généreux. Farah est un être hybride, inclassable, et passé le choc de ne pouvoir s’identifier sexuellement, son anomalie devient une force, une liberté de s’inventer, une capacité à ouvrir son champ de vision plus largement. C’est une des belles métaphores du roman.
Le style est pimenté, drôle, parfois lyrique, et irrigué de citations plus ou moins fidèles. C’est étonnant, parce que je ne savais pas que c’était la même romancière qui avait écrit Les garçons de l’été lu en juin dernier vu qu’elle avait utilisé un pseudonyme, mais j’ai retrouvé la même aisance ainsi qu’une tendance au trop plein d’explications. Au fond, on sent que l’auteure est plus occupée par son propos,ses idées, leur clarté, leur intelligibilité, que par les silences indispensables, selon moi, au récit.
Bref, c’est un livre super intéressant et qui secoue le cocotier mais je ne suis pas fan de l’écriture. Je suis sûre qu’il trouvera de nombreux adeptes par sa faculté à coller à l’air du temps.