“Il y a une porte fermée. Je dois passer devant pour accéder au salon. Derrière, ça pousse, ca frappe, ça gratte. Ca grogne. Parfois, le silence. En tout cas, je n’ouvre jamais la porte. Je ne sais pas ce qui est le mieux entre le bruit et le calme. Au moins quand il frappe, je sais où elle est.A chaque fois qu’elle s'arrête pendant plusieurs jours, je suis partagée entre l'espoir qu'elle soit morte, et la terreur qu'elle soit sortie. Ne pas savoir ce qu'elle est est plus insupportable encore. Des écoutes attentives, certaines nuits, quand il m’est impossible de dormir à cause de son tapage, m’ont permis de déterminer qu'elle est massive, rampante, et peut être blessée. Sinon, comment une chose de sa taille et de sa force ne pourrait-elle pas exploser la porte de bois en un coup ?Certaines fois, ses interventions sont plus plaintives qu'agressives, et je ressens de la peine pour elle. Je compatis à son enfermement. Après tout c'est la seule chose qui se rapproche d'un autre être vivant ici. Mais je comprends à nouveau bien vite qu’elle est séquestrée pour une raison, lorsque ses hurlements et grognement reprennent de plus belle, jusqu’à faire trembler les murs de la maison. “