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Alyte, jeune têtard, affronte la mort dans un monde absurde, mais trouve espoir et solidarité dans la fraternité animale.
Alyte
Petit crapaud deviendra grand héros. Alyte : À mi-chemin entre la fable écologique et le documentaire animalier, Jérémie Moreau a su trouver le dosage parfait pour capter notre attention.
do you ever cry bc you love your friends so much
ive been in such a shit mood all day lmao the discord group is the only thing thats made me feel better

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IV
L'Alyte accoucheur, Alytes obstericans
L'alyte accoucheur est appelé à tord crapaud accoucheur, pourtant ce n'est nullement un crapaud au sens strict étant donné qu'il ne fait pas partie du genre Bufo. Il est classé parmi l'étrange famille des Discoglossidés.
Les Discoglossidés sont des anoures primitifs, ressemblant à un mélange entre la grenouille et le crapaud. Ils ont une langue épaisse et circulaire mais sont incapable de la projeter pour attraper leurs proies.
L'Alyte accoucheur détient nombres de particularités étonnantes. C'est un petit batracien verruqueux terrestre mesurant entre 40 et 50 mm de long, les femelles étant plus grandes que les mâles. Il possède une rangée de petites glandes rousses sur les flancs. Malgré son aspect granuleux, cela ne l'empêche pas d'être relativement doux. Il aime la chaleur et l'humidité, on le retrouve donc dans des zones bien ensoleillées caché entre les pierres. Son chant énigmatique ressemble à un bruit de flûte ou de cloches, ce sont des sifflements aigus, comme des "biip…biip" mélodieux, tellement agréable et mystérieux les soirs d'été ! ===>
Le chant s'écoute quand la nuit pointe son nez et est extrêmement difficile à localiser, semblant sortir de chaque pierres.
"Régulièrement s'échappe de lui une goutte sonore, une note triste. Elle ne semble pas venir de terre : on dirait plutôt la plainte d'un oiseau perché sur un arbre. C'est le gémissement obstiné de toute la campagne ruisselante de pluie. Un aboiement de chien, un bruit, un claquement de porte le font taire. Puis il reprend : ou ! ou ! ou ! Mais ce n'est pas cela. Il y a une consonne ayant cette syllabe, je ne sais quelle consonne de gorge, une h un peu aspirée, un peu le bruit de la bulle qui vient de crever à la surface d'une mare… C'est autre chose encore. C'est le soupir d'une petite âme. C'est infiniment doux. Et comme jamais personne ne lui répond, aucune âme soeur, il finit par se taire tout à fait…" voici comment décrit Jules Renard le chant de l'alyte dans son Journal.
On liera également dans "La vie des Crapauds" de Jean Rostand que Lastate a cru pouvoir identifier trois notes différentes dans son chant : mi, ré, ut ou fa dièse, sol, la. La note que produit l'Alyte dépendrait de son âge et de sa corpulence.
C'est le mâle qui chante pour attirer la femelle. La reproduction se déroule la nuit et est très brève. Elle a lieu sur la terre ferme, c'est le seul anoure d'Europe à procéder ainsi. Cette période s'étend de mars à septembre mais peut également varier. C'est maintenant que l'ont va comprendre la singularité la plus caractéristique de l'espèce, car ce sont les mâles qui prennent en charge l'élevage des oeufs que les femelles leurs confient.
Pendant la reproduction, après toute la parade nuptiale, le mâle stimule le cloaque de la femelle en y introduisant le bout de ses pattes arrières. La femelle va ainsi pondre entre 40 et 60 oeufs en filet que le mâle récupère avec ses pattes arrières. La fécondation n'ayant pas lieu dans un milieu aqueux, le mâle arrose les oeufs de son urine ou sont mélangés ses spermatozoïdes. Il pourra porter les oeufs de 3 ou 4 femelles ! Par la suite, le mâle part se cacher dans des galeries souterraines chaudes ou l'humidité peut atteindre 80 à 90%. Il ira régulièrement tremper les oeufs dans l'eau pour les hydrater. Cette période dure de 3 à 6 semaines. Arrivé à maturité, les oeufs seront déposés dans un coin d'eau ou les têtards pourront éclore et se développer. Paradoxalement, comparé à la petite taille des adultes, les têtards des Alytes sont les plus gros des espèces indigènes d'Europe et peuvent atteindre 90 à 100 mm.
Comme le Crapaud, l'Alyte sécrète au moins deux poisons. L'un est granuleux et est sécrété par ses petites pustules et ses paratoïdes peu développés, et l'autre est muqueux à l'odeur alliacée sécrété par d'invisibles glandes réparties sur tout le tégument. Un petit spécimen possède de quoi foudroyer un lapin. La couleuvre constitue son principal prédateur. Quand à lui, il se nourrit d'araignées, de scarabée, de cochenilles, de lombrics, de larves de papillons, de myriapodes, de limaces etc... Pendant la période de reproduction beaucoup ne se nourrissent pas, mais cela n'est pas systématique comme chez le Crapaud commun.