À la découverte d’une famille littéraire assez exceptionnelle... (Partie 3/3)
En 1845, Charlotte découvre par hasard les poèmes d’Emily. Elle est subjuguée, et tente de la convaincre de les publier. Anne montre les siens ; très vite, les trois sœurs sélectionnent leurs poèmes — plusieurs seront piochés parmi leurs poésies de Gondal et Angria. Une fois les pièces sélectionnées, Charlotte se met en quête d’un éditeur. C’est finalement Aylott & Jones qui acceptera de les publier, mais uniquement à compte d’auteur. Poems de Currer, Ellis et Acton Bell paraissent en 1846. (C’est Emily qui a insisté pour qu’elles utilisent des pseudonymes.) À la fin de l’année, Charlotte annonce aux éditeurs que chacun(e) des Bell a terminé un roman : Le Professeur pour Charlotte/Currer, Wuthering Heights pour Emily/Ellis, et Agnes Grey pour Anne/Acton. Wuthering Heights et Agnes Grey sont acceptés par l’éditeur Newby, mais Le Professeur est rejeté. La même année, alors qu’elle accompagne son père qui se fait opérer de la cataracte, Charlotte commence Jane Eyre. Elle le propose cette fois à l’éditeur Smith, Elder & Co., qui l’accepte.
En 1847, les trois romans sont publiés. Jane Eyre connaît un succès retentissant. En 1848, il connaît sa troisième édition tandis qu’Anne publie La Recluse de Wildfell Hall. Cependant, Newby a vendu le manuscrit à un confrère américain, en faisant croire qu’il s’agissait d’une autre œuvre du célèbre Currer Bell. Anne et Charlotte partent pour Londres afin de dissiper tout malentendu, et de prouver que les trois frères Bell sont bel et bien trois, et surtout... trois sœurs.
Quelques mois plus tard, Branwell, rongé par l’alcool, l’opium et la tuberculose, meurt. Fin 1848, Emily tombe à son tour malade, et rejoint son frère sous terre le 19 décembre. En janvier 1849, c’est au tour d’Anne de tomber malade. En mai, pensant qu’un changement d’air lui ferait du bien, Charlotte et son amie Ellen Nussey partent avec Anne au bord de la mer, à Scarborough. Anne y décède le 28.
« Tout est fini. Branwell — Emily — Anne ont passé comme autant de rêves. »
Charlotte rentre à Haworth, seule survivante de la fratrie Brontë. En proie à une violente dépression, elle termine malgré tout son roman Shirley. En 1852, elle commence Villette, un roman autobiographique inspiré de son expérience à Bruxelles. La même année, Arthur Bell Nicholls, le vicaire de Patrick Brontë, la demande en mariage. Patrick réagit violemment, et Charlotte écrit une lettre de refus à Arthur. En 1853, ce dernier démissionne. Plus tard, Charlotte entreprendra une correspondance avec lui... avant de décider de le revoir. Ils se marient en 1854. En 1855, Charlotte, enceinte, tombe malade. Elle meurt le 31 mars.
Au cours de ces trois billets, j’ai essayé de résumer tant bien que mal la vie de la famille Brontë. Si tu es intéressé(e) et que tu veux en savoir plus, je te conseille trois biographies : Les Brontë de Jean-Pierre Ohl, Les sœurs Brontë. La force d’exister de Laura El Makki, et Emily Brontë. Une vie, de Denise Le Dantec.
Quant à leurs romans, tu peux notamment les retrouver en édition Archipoche. En 2018, ils les ont tous réédités dans une édition collector, avec des couvertures magnifiques. Je te conseille vivement Jane Eyre, Wuthering Heights, et La Recluse de Wildfell Hall.