"c’est une tragédie « à faire frémir » que le dramaturge allemand (1864-1918), grand pourfendeur d’hypocrisie bourgeoise et briseur de tabous sexuels, avait au départ rêvé d’écrire. Accouchant en 1894 de la Boîte de Pandore, une tragédie-monstre, qui exhibait les réalités sordides de l’inceste, de la prostitution et de la pédophilie. Une pièce si monstrueuse en effet pour l’époque qu’elle ne fut ni éditée ni jouée de son vivant. Si bien que l’indésirable auteur, constamment bridé par la censure, dut pendant plus de vingt ans, polir, désamorcer et scinder en deux parties la torpille (l’Esprit de la terre et la Boîte de Pandore, 1913). De façon que la scène puisse enfin s’en emparer en les réunissant sous le nom de Lulu."Sylvie Bertheuret pour l'émission "Les trois coups"