Tribulations littéraires #1
Que dire au sujet de Captive, tome 1 ? Beaucoup de choses.
Je devrais sans doute commencer par : comment en suis-je arrivé à lire ce livre ? La réponse est : par curiosité. Parce que j’ai entendu parler de ce genre nouveau, la « Dark Romance ». Alors je vais en préambule commencer par la définition de ce genre littéraire. D'après Wikipédia, ce serait et je cite textuellement : « Sous-genre de la littérature sentimentale, elle entre dans la catégorie des romances « interdites », mettant en scène des relations parfois condamnées par la morale ou par la loi. »
Toujours d’après cet article de Wikipédia, les origines de ce genre remontent au très « fameux » 50 nuances de Grey que j’avais déjà lu à l’époque, par curiosité aussi : je voulais en comprendre son succès.
Je ne l’ai pas compris et la liste des défauts que j’avais pu relever était bien sommaire, mais si je devais donner mon avis de manière concise, je résumerais par : ce pourrait être une étude de cas sur tout ce qu’il ne faut surtout pas faire – en tout cas, lorsqu’on parle d’un roman. Je pense important de la préciser car à l’origine, c’était une simple fanfiction sur fanfiction.net.
Et c’est un détail très important : une histoire publiée sur ce genre de site, et de façon épisodique, l’approche est très différente de celle d’un roman. C’est différent, dans un cadre factuel : je ne suis pas là pour dire que c’est moins bien, mais que le format et les attentes ne sont pas les mêmes.
Mais je ne suis pas là pour faire la critique de cette trilogie, pas autant de temps après l’avoir lue. Non, aujourd’hui, je voudrais parler d’un autre livre, que j’ai lu en voulant m’intéresser à la Dark romance : Captive.
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Captive était à l’origine une histoire publiée sur Wattpad et je n’ai aucun mal à le croire : je m’en suis même fait la réflexion après quelques chapitres. L’histoire a clairement été écrite dans un format épisodique, et cela se ressent très clairement à la lecture. Il y a des enjeux qui semblent se créer au fur et à mesure du récit – il y a même un personnage qui disparait purement et simplement, avant que l’héroïne ne se pose finalement la question de ce qu’il devient vers la fin du livre. Des détails mentionnés, comme un personnage qui écrit beaucoup dans un journal, sans que cela n’ait jamais une seule utilité.
L’histoire souffre également d’un manque de recherche assez flagrant par moment.  Pour ne citer qu’un exemple : il n’y a pas d’aéroport à Monaco. En tapant « aéroport de Monaco » sur Google, les premiers résultats me disent d’office qu’il faut passer par l’aéroport de Nice pour accéder à Monaco. Cela ne m’a même pas pris une minute.
Et ça, c’est déjà un mauvais point pour moi : le manque de recherche. Écrire un livre, c’est du travail. C’est un travail, même. Ça ne s’improvise pas vraiment.
Pour ce qui est de l’univers, je n’ai pas trop compris l’intérêt de choisir un univers mafieux. C’est très mal représenté. L’histoire tourne autour d’un gang où l’héroïne y est une « Captive », mais cela se résume à des bols de céréales engloutit devant Teen Titans, du shopping, des soirées mondaines, et des missions à la Totally Spies. Il y a bien quelques courses poursuites, que j’ai trouvé dignes de celle que j’avais déjà lu dans 50 nuances de Grey (avec le fameux feu rouge grillé) et des coups de feu, quelques morts ici et là . Et surtout, surtout : jamais de garde du corps, et surtout pas pour Ash, qui est pourtant chef de gang : il vit seul. Pas de caméra. Pas d’hommes de main. Pas de gardes du corps. Pas de chiens de garde. La raison à ça est surtout que ça justifie que ça permette à lui et Ella de se rapprocher dans un espace confiné où il n'y a qu'eux.
Je vais être honnête : on aurait pu remplacer le mot « captive » par « soumise » et les histoires de gangs et de mafia par des histoires de riches héritiers qui s’ennuient que ça n’aurait pas fait tache à mes yeux. Le fait que ce sont des mafieux n’a pas vraiment de réel intérêt dans l’histoire, et ne semble qu’être là pour justifier que Asher est un bad boy, qu’il est riche comme Crésus, et surtout, qu’il tue des gens et que des gens veulent le tuer.
Passons à l’héroïne. Elle, ou plutôt Ella, est belle mais n’en a pas conscience. Ella est une fausse ingénue, comme Anastasia « Ana » ou Isabella « Bella » avant elle (et honnêtement, à titre personnel : ça m’insupporte).
Mais Ella a aussi beaucoup souffert, et c’est un point qui m’a beaucoup fait tiquer dès le début : l’univers se veut très sombre sans trop s’appesantir sur la gravité des choses. Elle a été violée par plusieurs hommes. J’ai peine à croire qu’elle n’a souffert de rien physiquement. Ne serait-ce que les IST ? Rien. Elle va physiquement bien. Dommage de mentionner ce qu’elle subit uniquement pour justifier le fait qu’elle ne laisse personne la toucher, sans approfondir le sujet. En fait, j’irais même plus loin : dommage qu’il faille attendre la fin de ce premier tome pour qu’elle dise enfin le fond de sa pensée sur le sujet. Les seules fois avant cela où son traumatisme est évoqué seront évidemment pour mettre en valeur Asher, qui lui sert de « pansement ».
Ce qui a bien sûr quelque chose de grotesque à première vue : il est puéril, irresponsable, colérique, dangereux et toxique. Il la blesse, l’humilie et j’en passe. Alors bien sûr, cette histoire entre eux n’a rien de saine… Mais je suppose que la définition de la Dark Romance est après tout respectée ici : ce n’est pas une histoire que la morale approuve, parce qu’Ella se cramponne au seul qui, à un moment donné, lui a donné des miettes d’affection quand elle était en détresse.
Le plus gros point noir pour moi est le fait que l’hĂ©roĂŻne soit dans le gang des Scott. Purement et simplement. On ne cesse de nous dire Ă quel point elle ressemble physiquement Ă un personnage qui a fait beaucoup de mal Ă ce clan : j’ai donc du mal Ă gober le fait que dès le dĂ©but de l’histoire, ils n’aient rien trouvĂ© Ă redire au fait qu’elle reste non seulement avec eux, mais que ce soit en plus avec le personnage qui en avait le plus souffert. IncomprĂ©hensible. Â
L’histoire en elle-même souffre de beaucoup trop de défauts pour moi, et le seul point positif que j’arrive à lui trouver pour le moment est que le livre a visiblement donné le goût de la lecture à des adolescentes / jeunes adultes, notamment parce que l’écriture est au moins fluide à lire.