L’influence du genre dans l’accès à l’éducation
Malgré la convergence du niveau d’études entre les femmes et les hommes, des différences marquées persistent dans l’orientation scolaire et universitaire. Ainsi, la nette progression des résultats scolaires chez les filles ne s’est pas accompagnée d’une généralisation de la mixité des filières. Les filles restent sousreprésentées dans certaines classes, notamment au sein des établissements d’excellence ou des écoles scientifiques. Pour les formations les plus élevées et les plus exigeantes, les filles ne représentent par exemple qu’une minorité des effectifs des classes préparatoires aux grandes écoles. A l’université, si les étudiantes sont majoritairement présentes en Licence et en Master toutes filières confondues, elles sont moins nombreuses à rédiger une thèse de doctorat. De même, dans l’enseignement professionnel, les filles sont quasiment absentes des spécialités de la production, de la sécurité et de l’agriculture. Elles occupent en revanche une place déterminante au sein des filières médicosociales et esthétiques. L’INSEE constate, à ce titre, que les formations suivies en apprentissage sont largement sexuées. De manière générale, depuis l’entrée en vigueur de la loi du 5 mars 2014 relative à la formation professionnelle, « les centres de formation d’apprentis [...] favorisent la mixité au sein de leurs structures sensibilisant les formateurs, les maîtres d’apprentissage et les apprentis à la question de l’égalité entre les sexes et en menant une politique d’orientation et de promotion des formations qui met en avant les avantages de la mixité. Ils participent à la lutte contre la répartition sexuée des métiers » Pour autant, ces dispositifs sont encore récents et n’ont pas encore conduit à la mixité au sein des filières. Les résistances sont majeures. La fermeture de certaines écoles de coiffure et d’esthétique aux garçons, qui a fait l’objet d’une décision du Défenseur des droits le 3 décembre 2015, vient illustrer la prégnance des stéréotypes de genre. Les stéréotypes jouent également un rôle majeur dans l’orientation scolaire puisqu’ils contribuent à l’autocensure des garçons et des filles dans leurs choix scolaires. De fait, ces dernières se dirigent moins spontanément que les premiers vers les filières les plus sélectives et les plus valorisées. L’anticipation d’un certain fonctionnement de la famille les pousse également à des choix de compromis réduisant leurs ambitions. Surtout, l’Education nationale elle-même contribue à renforcer indirectement les inégalités entre les filles et les garçons. Les discriminations se reflètent notamment dans les outils pédagogiques, les pratiques éducatives et la socialisation scolaire. En effet, d’après France Stratégie, le sexisme de la littérature éducative ou des programmes scolaires ainsi que les attitudes enseignantes affaiblissent l’ambition scolaire des filles. Ainsi, le rapport précise que « la mise en scène de la place des filles et des garçons, des femmes et des hommes dans la société, reste normée et traditionnelle ». Les inégalités liées au genre sont reproduites au sein d’une école perméable aux stéréotypes. Cette ségrégation dans l’orientation se traduit par une ségrégation professionnelle qui a des répercussions sur la carrière et les salaires des femmes. A diplôme équivalent, les filles s’insèrent moins bien que les garçons et occupent des postes plus précaires et souvent moins rémunérateurs.















