Vendredi
Martin-pêcheur
Un âne s’appelait Martin, – Comme plus d’un à la foire – Il trottinait de bon matin Dans les marais du bord de Loire, Car ce matin, Martin s’apprêtait à pêcher. Or, dans cet art étant profane, Le baudet préparait sa canne, Quand un martin-pêcheur vint pour les empêcher : « Pêcheurs du dimanche ! Dit l’oiseau bleu, Et roux un peu, À la canne blanche. Je ne peux laisser Maître Aliboron Juste par plaisir voler mon poisson ! » « Martin il s’appelle, Lui précise-t-elle. Pardonne avec bon coeur Son âme de pécheur. » « Tu me demandes donc de me mettre au régime Car ton Martin pécheur serait mon homonyme ? » « Mais non, mais non, mais non ! » Lui répond cette canne Que Maître Aliboron A pourtant pris pour cane. À la rigueur, en les prononçant mal, Deux noms peuvent correspondre, Mais seul l’âne va confondre Une copie avec l’original.




















