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@nicolasdautrec

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Je reviens
Cela faisait longtemps que je nâĂ©tais plus passĂ© par ici. Le silence nâĂ©tait pas un oubli, ni un simple dĂ©tour. Il y a des moments oĂč il faut disparaĂźtre un peu, se retirer du bruit, laisser retomber ce qui sâagite en surface.
Je reviens. Pas tout Ă fait le mĂȘme.
Il a fallu ralentir, encaisser, regarder en face ce quâon Ă©vite trop facilement quand tout va vite. Se retrouver seul, sans dĂ©cor, sans Ă©chappatoire. Se confronter Ă soi-mĂȘme, sans dĂ©tour, sans indulgence. Ce nâest jamais confortable. Mais câĂ©tait nĂ©cessaire.
Les mots reviennent avec autre chose derriÚre eux. Moins de façade, plus de fond.
Deux manuscrits sont en train de prendre forme. Le premier nâest pas un rĂ©cit, mais une sĂ©dimentation. Une accumulation lente de mes errances, des rĂ©sidus laissĂ©s par les routes, les sentiers, et les dĂ©rives maritimes. Entre mer et montagne, les pensĂ©es se dĂ©cantent. Câest un carnet de bord brut, celui dâun homme qui tente de mettre un peu dâordre dans le chaos des paysages ; et dans le sien.
Le second est plus sombre. Plus frontal. Une plongĂ©e dans cette tension sourde, cette lassitude lucide face Ă lâhumain. Pas un cri, pas une posture ; plutĂŽt une dissection froide, presque clinique, de ce qui use, de ce qui déçoit, de ce qui finit par Ă©loigner.
De nouvelles publications arrivent donc dans les jours qui suivent.
#Ecriture #Manuscrit #texte #Auteur #AutoEdition #NicolasDautrec
Les vagues hurlent des secrets, des mots en lambeaux.
Les rochers, sentinelles, gardent les souvenirs,
Des Ăąmes Ă©garĂ©es, des cĆurs Ă dĂ©chirer.
La brume sâinstalle, voile de mĂ©lancolie,
Chaque crépuscule murmure une mélodie,
Les vents pleurent des lĂ©gendes, des ombres de lâoubli,
Les rĂȘves Ă©chouĂ©s, comme des coquillages, sâenfuient.
Mais au loin, dans l'or mourant du soir,
Folegrandre surgit, Ăźle spectre, mirage de la mer.
Silencieuse, elle flotte entre nuit et mémoire,
ĂphĂ©mĂšre et farouche, insaisissable repaire.
ĂcorchĂ©e par la tempĂȘte, la terre se dĂ©bat,
OĂč sont les rires dâautrefois, les promesses, les combats ?
Folegrandre, un miroir des tourments de lâexistence,
OĂč le temps sâĂ©puise dans une danse sans fin.
Les mots suintent, plaies béantes,
Chaque lettre un clou dans l'attente.
Le papier crie sous mes griffes,
Lâencre vomit des nuits fictives.
Ăcrire, câest crever sans mourir,
Un chant dâombre, un rĂąle Ă fuir.
La plume saigne, le vide étreint,
Un pacte noir, sans lendemain.
HĂ©, toi, mon salaud, vieil alcolo, premier matelot !
Tâas larguĂ© lâamour dans le caniveau ?
Tâas la gueule dâun vieux port fatiguĂ© de ses marĂ©es.
Les pavés se souviennent encore de tes nuits délabrées.
Tes veines battent le rhum. Tes silences sentent le goudron.
Tâes plantĂ© sur le pont, sous un ciel dĂ©gueulasse, la clope qui crame, et lâamer en carafe.
Tâes lĂ , mon salaud, vieil alcolo, Ă refaire le monde avec des mots qui cognent dans le vide.
Tu te rĂȘves corsaire, mais tâes quâun vieux radeau, un rade en bout de quai, un whisky tiĂšde, une clope Ă©crasĂ©e.
Les embruns tâont pris lâĂąme, et dans tes yeux, yâa plus dâĂ©clats. Que des vagues mortes, des coups dâalcool, des coups bas.
Tâas des tempĂȘtes dans la voix, et le dĂ©sastre sous la peau.
Tâes quâun Ă©cho, un rĂąle, un salaud, vieil alcolo.
Le monde te regarde, mais toi, tu fixes le néant.
Quâest-ce que tu cherches ?
Quâest-ce que tu fuis ?
Un rivage ? Un pardon ?
Ou juste un dernier verre avant que tout parte Ă vau-lâeau ?

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La mer se cabre, féline, indomptée,
Ses griffes dâĂ©cume sur le sable plantĂ©es.
Le vent, moqueur, murmure Ă mon oreille
Des secrets d'abĂźme, des rĂȘves sans veille.
Les flots sont des larmes quâelle jette au ciel,
Dâun amour trop vaste, dâun cri irrĂ©el.
Les Ă©toiles sâeffacent, fuyant son courroux,
Et la nuit sâeffondre, tremblante Ă genoux.
Je mâavance, fragile, au bord du naufrage,
Sous les Ă©clats dâorage, ses Ă©clats de rage.
Sa voix, une sirĂšne, me pousse et mâentraĂźne
Dans son ventre dâombre oĂč sâĂ©touffe la peine.
Mais au creux des vagues, un soupir sâĂ©teint,
La mer, fatiguée, reprend son refrain.
Et moi, sur la grĂšve, naufragĂ© dâun rĂȘve,
Je contemple lâĂ©cume qui doucement sâachĂšve.
Beatnik chic,
AtmosphÚre électrique,
Nos corps magnétiques.
Mouvement rythmique,
FiÚvre mécanique.
Les draps se froissent, ballet cynique,
Soupirs aigus, orgasme mystique.
Instant tragique,
D'un amour lubrique.
Toujours addict
De ta peau cathodique.
Un doigt qui glisse, caresse hérétique.
Sous ma langue, orgasme volcanique,
Délire onirique.
Nos corps odeur narcotique,
FiĂšvre phallique,
PriĂšre paĂŻenne au bord du tragique.
Mon torse au lipstick,
Sauvage graphique.
Entre tes hanches, un chaos mythique.
On sâaime et meurt, explosion chimique.
Au bord du lit, le fric.
La lumiĂšre glisse, complice,
Sur la courbe de nos vices.
Ma langue trace des aveux
Sur ta peau en feu.
Tes ongles griffent mes nuits,
Chaque cri, un interdit.
Sous tes hanches, lâabĂźme,
Dans ta chair, le sublime.
Le désir, poison sucré,
Nous enlace, déchaßnés.
Et quand lâaube nous dĂ©vore,
Tu me tues encore, et encore.
Jâaime quand tu oses,
Quand tu fais trembler lâair,
Que tes reins en overdose
Dansent un clair-obscur vulgaire.
Quand ton souffle sâenroule,
Ălectrique, animal,
Que lâenvie se dĂ©roule,
Fulgurance fatale.
Jâaime quand tu dĂ©clames,
Tes désirs insolents,
Un brasier dans ton Ăąme,
Un chaos brûlant.
Je pense Ă toi, dont je ne sais rien,
Une ombre douce au bord du matin,
Un souffle léger, une lÚvre offerte,
Lâenvie brĂ»lante dâune porte ouverte.
Silence tendu, un baiser qui sâapprĂȘte,
Un goût sucré sur la bouche, muette,
En toi, un feu incertain.
Je pense Ă toi, dont je ne sais rien.

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La mer, elle, ne joue pas. Elle est belle parce quâelle est cruelle, sublime parce quâelle est indiffĂ©rente. Et le vent nâa pas besoin de flatter pour exister.
Il passe, arrogant, insaisissable, dĂ©chirant les voiles et les certitudes. Le marin le sait, ce nâest pas un compagnon, câest une force. On ne lâaime pas, on le respecte. Et câest lĂ tout le pacte : accepter sans jamais plier, lutter sans jamais croire quâon a gagnĂ©.
La mer nâa pas de mĂ©moire. Elle avale les gloires, efface les Ă©checs, et reprend toujours son souffle dâĂ©ternitĂ©. Elle ne tâattend pas, elle ne te regrette pas. Elle est lĂ , vaste, entiĂšre, comme un dĂ©fi posĂ© Ă ceux qui osent.
Le sel mord les lĂšvres, le froid cisaille les os, mais il y a dans cette douleur une vĂ©ritĂ© brutale, une leçon quâaucune terre ne peut donner. Parce quâĂ bord, il nây a pas de triche. Chaque erreur se paie, chaque victoire est arrachĂ©e au vide.
Et toi, petit homme, que crois-tu vraiment ? Que ta ruse suffira ? Que ta force fera flĂ©chir les vagues ? Non, la mer ne plie pour personne. Elle tâaccepte ou te rejette, mais elle ne tâappartiendra jamais.
Alors tu apprends Ă te taire, Ă Ă©couter le chant des haubans et le murmure du vent dans les voiles. Tu te fais humble, parce que face Ă elle, câest la seule attitude qui ne soit pas ridicule.
Je me glisserai sous ta couette,
Comme un souffle, une quĂȘte secrĂšte,
Ma bouche, avide, trouvera ta peau,
Chaque frisson, un chant nouveau.
Je mâattarderai dans tes vallĂ©es,
Suivant les chemins doux, salés.
Et sur tes seins glissant mes doigts,
Sous mes lÚvres, ton émoi.
Je descendrai, sur ton flanc,
Mes lÚvres traçant des chemins brûlants,
Sur tes reins, lâĂ©cho de mes baisers,
Le tremblement dâun dĂ©sir Ă creuser.
Ton ventre sâarque, une mer vivante, Sous ma bouche offerte et errante,
Ma langue écrit sur ton épiderme,
Un poĂšme humide, cru, et ferme.
Sous ta couette, lĂ , je demeure,
Captif, brûlant de ton odeur,
Ma bouche, amante, trace son lot,
D'extases lentes sur ta peau.
Je poserai ma barbe entre tes omoplates, Friche d'ambre oĂč mes lĂšvres s'Ă©garent. Un souffle tiĂšde, une fiĂšvre m'habitent. Sur ta peau fragile, un murmure sâinvite.
Sous lâarche du silence, lâombre sâimmisce, Mes doigts hĂ©sitent, puis tracent des prĂ©mices. Ă lâĂ©chine dressĂ©e, tes soupirs conspirent, Comme un vin trop mĂ»r que lâon aspire.
Chaque frisson, complice dâun naufrage Sur ta chair comme lointain rivage. Ma barbe Ă©parse y plante ses Ă©pines, Des herbes folles au bord des ravines.
Mes lĂšvres devancent, mes doigts accompagnent Chaque vertĂšbre comme une montagne. Je descends, conquĂ©rant indolent, Sous le frisson dâun effleurement lent.
De lâĂ©chine au creux, mon dĂ©sir sâincline, Vers ce val secret oĂč tout se devine, Ta peau comme un fleuve, mes gestes comme lâeau, Je descends encore, ton souffle en staccato.
Et toi qui frĂ©mis, entre veille et douce dĂ©route, Tu laisses ma barbe tracer cette route, JusquâĂ ce point oĂč tout se prolonge, LĂ oĂč la peau sâefface dans le songe
Cela fait longtemps que je ne me fais plus dâillusions sur la nature humaine.
Lâhomme est comme la mer par temps mauvais : instable, imprĂ©visible, prĂȘt Ă te noyer sans remords. Il parle de loyautĂ©, mais ses mots sâĂ©crasent comme des vagues contre des rochers, sans jamais laisser de trace.
Le vent et la mer, eux, ne mentent pas. Ils te prennent comme tu es, te heurtent sans détour, te laissent à ta solitude avec ce goût de sel.
Les hommes dĂ©guisent leur vide, mais lâocĂ©an, lui, te montre la vĂ©ritĂ© nue : une immensitĂ© froide oĂč rien ne compte, pas mĂȘme toi.
Les stations balnéaires hors saison se bercent de mélancolie.
Roi glorifié, le silence rÚgne sans merci.
Le vent qui s'engouffre entre les immeubles souffle des promesses brisées, des murmures de mémoires.
Les volets grincent, et les bancs solitaires pleurent des larmes de nostalgie.
Dans la nuit qui s'étire, les façades grises chantent une mélodie d'oubli, une rhapsodie d'ombres qui s'enfuient sur le pavé mouillé.
Les lumiĂšres ternes dessinent des rĂȘves Ă©phĂ©mĂšres, et les ombres des palmiers dansent sur le sable froid des souvenirs Ă©chouĂ©s.
Les mains dans les poches des manteaux, les badauds s'emmitouflent, les cĆurs lourds de tristesse alors que les vagues chuchotent des secrets oubliĂ©s.
Les stations balnéaires hors saison portent le fardeau des jours heureux et des rires envolés.
đ· : moi

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Ă Sacha.
Le blues roulait sur nos nuits tardives des accords perdus, des notes captives, des guitares Ă©corchĂ©es, des voix rĂąpĂ©es qui venaient dâailleurs.
Un ailleurs qui collait Ă tes rĂȘves, Ă nos silences tressĂ©s de rires.
Il y avait toujours un riff qui traĂźnait, dans le creux de nos silences. Des accords bleus comme des souvenirs, qui vibraient dans lâair, entre deux Ă©clats de rire.
Le blues, câest ton pays. Pas celui quâon quitte, mais celui quâon emporte dans les veines, dans les mains, dans la voix. Une terre lointaine qui joue toujours en majeur.
Et nous, bercĂ©s par lâĂ©cho dâun refrain, cherchant lâinfini au creux d'un verre de vin. Nous vivions comme des loups, des nomades de l'instant, les mots jetĂ©s en vrac, des promesses sans attaches.
Chez Taras, les plats avaient le goût de cette amitié, celle qui sent l'iode d'une pluie d'été. Celle qui rafraichit l'herbe haletante de la lourdeur précédent l'orage.
Toulouse tâa repris sous ses platanes, ses rues sĂšches sous un soleil hautain, comme un chant lointain dans le soufle du dĂ©sert.
Tu as repris la route, un soir sans adieu. Pas de grand solo, pas de rappel. Juste une note suspendue qui sâĂ©teint comme un souffle quâon nâattendait pas, comme un grain de sable dans le drapĂ© d'un coin de dune.
Je suis resté ici, à compter les ombres qui me parlent de toi, la nuit.
Ton rire résonne encore dans les corridors de chaque refrain, dans le drapé de chaque écho.
Il reste des ombres de blues dans le bleu de tes yeux, les voix du delta sâaccrochant au vent qui se dilate.
Elles passent sur moi comme des promesses, mais lâĂ©cho sâefface, et je ne trouve souvent, que des brisures de toi dans ces jours qui me blessent.
Je passe devant chez Taras, parfois. Le parfum des plats flotte sur moi, et dans lâair, il y a nos rires et cette musique.
Un peu de toi, un peu de nous, un peu d'avant
Sur un chemin dâombre, le matin sâallonge,
Les champs noyĂ©s de brume, la forĂȘt qui prolonge.
Aucun bruit, si ce nâest le cri Ă©touffĂ©
Des feuilles mortes sous un pas effacé.
Le ciel, une toile dâun gris Ă©garĂ©,
Sans couleur, sans éclat, juste un souffle voilé.
Un air froid caresse les branches endormies,
Le promeneur, seul, trace sa mélancolie.
Un corbeau sâĂ©lĂšve dans lâair suspendu,
Se perd dans lâabsence dâun soleil inconnu.
Le silence sâĂ©paissit, complice et fidĂšle,
Compagnon dâerrance sous lâaube irrĂ©elle.
Chaque dĂ©tour est un rĂȘve sans fin,
Chaque pas, une fuite loin du commun.
LĂ , hors du temps, sous un ciel immobile,
Le monde nâest plus quâun murmure docile.
Les ronces sâaccrochent, les fougĂšres sâeffacent,
Sous ses doigts qui frĂŽlent lâĂ©toffe de lâespace.
Et quand le jour sâĂ©veille, sans promesse ni couleur,
La grisaille demeure, douce sĆur du marcheur.
đ· : moi