Il y a une douleur prĂšs de mon coeur
me rappelant la mer en hiver,
Qui ne sâoffre quâau funeste comme le clown ne sâoffre quâau rire,
DĂ©faite quâelle est au grĂ© des flots sombre et gris
Elle est malade, regardez-lĂ
Elles est malade,
Elle emprunte à mes amours leur goût tristelin
Il y a des vagues de tristesse qui meurent et
SâĂ©chouant dessinent sur le sable,
la toile de mon malheur,
ma derniÚre écume de toi,
ton nébuleux portrait
Il y a de ces petites réminiscences,
En chaque pierre précieuse,
De tout ce que tu mâas laissĂ©,
Là dans ce sable gris et froid détonne ces rubis,
Des mégots de cigarettes à jamais rougeoyant,
dâavoir tes lĂšvres embrassĂ©.
Il y a dans cette mer en hiver,
mon océan de chagrin qui se cache,
Des noyés, des baigneurs esseulés,
lĂ dans cette mer en hiver que je nâose plus troubler, se reposent tous les galets que tu mâas ramassĂ©.
Mais je suis sans galet et je suis sans repos,
spectateur qui contemple un cimetiĂšre, et sâefforce dâimaginer,
en autant de fantĂŽmes,
tout ce que le mer avait dâĂ©tĂ©
Elle est malade, regardez-lĂ ;
Elle est malade,
De tout ce quâelle a eu dâautomne,
De tous les vents contraires qui éclaboussent,
Et qui en cet hiver renversent de mes joues,
Des larmes qui nâont plus le gout de rien,
Donnant Ă lâeau son gout tout tristelin,
Et rappelle prĂšs de mon coeur,
Nos souvenirs dâĂ©tĂ©, la mer endeuillĂ©e.










