Journal sept juin
Depuis deux semaines j’ai retrouvĂ© la boule d’angoisse qui me laissait jusqu’alors un peu de rĂ©pit. Elle s’est installĂ©e dans mes cĂ´tes, se contorsionne de tout cĂ´tĂ©, je la sens qui vibre en moi. Souvent elle s’étire et s’étend, prend la forme d’un haricot qui prend sa place dans l’abdomen bousculant les organes sur son passage. Il y en a du monde dans mon ventre. Au niveau du pubis j’ai deux enclumes bien symĂ©triques qui se balancent d’avant en arrière. A cause de ça je perds souvent l’équilibre en marchant dans la rue. C’est en cela que la vie est difficile vous savez tout ça n’est pas qu’une histoire de maladie mentale et tout ça n’est pas dans ma tĂŞte. Je sens bien dans ma gorge une couronne d’épine qui enserre mes cordes vocales. Je sens bien dans mon ventre ce nĂ©ant qui se creuse un peu plus chaque jour. Le nĂ©ant, c’est ça le pire. Je le sens se prĂ©lasser en moi, et ronger doucement tout autour. Je n’aurai jamais d’enfant il se ferait bouffer avant mĂŞme de naĂ®tre. Je la sens cette douleur qui vient mouiller mes yeux ça n’est pas dans ma tĂŞte. J’ai les mains qui tremblent sans raison, le coeur qui s’affole sans raison, je ne respire plus très bien. Je ne me souviens pas d’un moment oĂą le vide n’était pas lĂ . Je ne me souviens plus. Il faut toujours qu’il se fraie un chemin, qu’il se terre entre deux organes avant de tout envahir. Je ne suis plus femme. Je suis un corps qui se bat contre le vide.Â











