Rosa Rosa Rosam...
Pour rassurer un lecteur avisé, non, mon inspiration ne s'est pas tarie. J'ai juste pris sur moi d'arrêter de tirer sur le convoi d'ambulances métaphorique composé de toutes les petites tares franco-françaises. Tares qui "massaï" au quotidien de leur outrecuidante et ostentatoire omniprésence, autant dans mon environnement professionnel, que dans la presse, l'actualité radiophonique et dans mon navigateur internet. Ce qui constitue d'ailleurs un viol caractérisé de ma tranquilité relative.
Je voulais donc passer pour autre chose qu'un réactionnaire, incapable de tempérer ses insupportables humeurs, tel le twittos de base s'insurgeant de la défaite de son équipe en ligue des blaireaux, de l'origine (douteuse selon ses critères de nazi...nationaliste de village de bord de départementale, qui ne connaîtra l'exotisme qu'à travers les plaques d'immatriculation étrangères de voitures qui traversent à fond la caisse ces anonymes bourgades oubliées de tous) des finalistes de Miss France, ou encore de la dernière éviction de son candidat favori des anges-marseillais de la télé-realité à St-Trop. "Cé brandji et k-sha ki oréo [essayez de vous mettre dans la peau du correcteur automatique du téléphone d'un de ces individus] du sortirent au dernier votes" d'après un twittos anonyme, dont nous tairons ici le nom. Petite digression, je payerais cher si on proposait un show ou tous ces demeurés devraient séjourner et survivre en Sibérie. "Envoie par sms au 8 45 45 le prénom du candidat qui devra entrer dans la grotte de l'ours noir pour récupérer un indice mystère qui offrira à son équipe un bonus de confort".
Voilà j'ai encore perdu le fil. Endirai ke je commence à avoir la capacité de consentrassion d'un supporter de ribery sous paracétamol. Doux Jésus, c'est ça ! J'ai reçu une salve de mails, enfin de courriels, tellement bourrés de fautes, que j'ai senti fondre la rigueur de mon verbe et de mes lettres. Comme une motte de beurre abandonnée au soleil du midi un 14 juillet. Même si les expéditeurs sont des collaborateurs pour qui j'ai beaucoup de respect, j'ai senti la moutarde me monter au nez. Et, plutôt que d'envoyer une réponse assassine et moqueuse, j'ai préféré quitter le bureau. En même temps, il était 15heures. Et mes aïeux ne sont pas morts face à l'allemand pour que je fasse des journées de 7heures. Donc, plutôt que me mettre à dos leur compagnie, aussi aimable que leur prose est dévastée, j'ai fui. Tel un soldat français de bleu vêtu face aux mitraillettes de l'allemand camouflé dans son uniforme aux couleurs des plaines du nord. J'ai la métaphore germanique ce matin dis-donc!
Mais en réfléchissant, car oui, ça m'arrive, je me suis posé une question. Outre un apparant et outrageux manque de respect à notre langue maternelle, qu'est ce qui se cache derrière ce phénomène ? J'ai mené un rapide travail de mémoire, qui vaut ce qu'il vaut, et j'ai constaté qu'en plus de 10 ans d'activité professionnelle dans des entreprises de calibre divers, le pourcentage de fautes par email avait quasiment doublé. Et que le phénomène s'était étendu massivement à des catégories professionnelles et sociales autrefois à l'abri de cette descente dans les abîmes de l'horreur linguistique. J'ai peut-être un début d'ebauche de réponse, mais ce n'est guère encourageant.
Qu'est ce qui a changé dans le quotidien du citoyen lambda ces 15 dernières années ? Qu'est ce qui a pénétré en masse les foyers de france et de Navarre, reléguant au second plan les jeux de société, les soirées autour du feu, la lecture et toutes ces activités si caractéristiques d'une certaine forme d'oisiveté, mais pourtant si fondamentales au maintien du lien social, de la culture, de la langue au travers de l'échange oral et épistolaire?
Je laisse le lecteur faire ses propres recherches sur youtube, mais j'ai une grosse piste: le smartphone, et par corollaire, un accès débridé à internet, et au fléau que sont devenus les réseaux sociaux.
Je m'attarderai plus tard à résumer dans les grandes lignes les effets pervers de ces outils révolutionnaires.
Pour revenir au sujet initial, un court extrait de la prose disgracieuse que j'ai reçu :
"si ce dernier (en parlant d'un outil d'inventaire) comporte encore des informations non présentent dans..."
Et je vous épargne la disgrâce du mail en langue de Wayne Rooney. J'en saigne encore des yeux.
Je vais replonger dans la torpeur léthargique si caractéristique de la vie en entreprise, et je promets de ne pas émerger avant le prochain solstice. D'ici là, j'espère que gilets jaunes et crs se seront éliminés mutuellement, laissant ainsi la place à une société plus juste et moins basse du front.















