Il y a quelques semaines c’était la première fois que j’allais voir Pépé. Depuis sa mort je n’étais jamais allé là où il se repose. J’ai honte. Je ne lui ai jamais dit au revoir. Je n’avais aucune fleur. Les seules que j’ai trouvées étaient sauvages. Sauvage comme la vision qu’il m’a inculquée. Pépé était un grand homme. Il était architecte, à ses heures perdues archéologue. Il peignait, il écrivait des poèmes et des mots d’amours à Mamie. Il était passionné des cathares. Il voulait d’ailleurs que papa et maman, si j’avais été un garçon, m’appellent Trancavel (tranche gorge en français), un prénom Cathare pas fameux. Pépé était un artiste, un penseur, un homme à l’écoute. Pépé était un grand homme, à qui je n’ai jamais eu le temps de poser un milliard de question. Comment on fait pour peindre au couteau ? Dit Pépé c’est joli si je fais rimer fleurs avec pleurs ? Pourquoi les cathares étaient végétariens ? Dit Pépé pourquoi Mamie boit maintenant que tu n’es plus là ? Dit Pépé, pourquoi papa adore la tarte aux pommes ? C’est parce que c’est la dernière chose que tu as mangée ? Dit Pépé pourquoi tu n’es plus là pour moi ?
Merci à pépé Francis de m’avoir inculqué la passion de l’histoire de l’art, du design, et de l’illustration.












