Chillâin Taiwan
Part 01 - parce que câest quand mĂȘme plus classe de faire une trilogie, et que de toute façon il y a beaucoup de choses Ă dire !Â
A propos de Taiwan.Â
LâĂźle de Taiwan, äžèŻæ°ć, se situe Ă lâouest de la Chine continentale (et non pas dans le Gers..), 23 Millions dâhabitants rĂ©partis majoritairement sur la cĂŽte Ouest (cĂŽtĂ© dĂ©troit de Taiwan), ayant pour capitale Taipei - ć°ććž.Â
Câest le petit point rouge, alors oui lâĂźle fait un peu (beaucoup) petite face Ă la Chine continentale, mais elle fait partie des 05 dragons asiatiques depuis les annĂ©es 1990 du fait de son dĂ©veloppement Ă©conomique exponentiel. Donc câest pas non plus un gros tas de cailloux !Â
Les traces de dĂ©veloppement humain remontent Ă bien longtemps avant JC (je vous parle dâun temps que plus personne ne peut connaitre, -30.000 ans environ). LâĂźle a vĂ©cu en autarcie jusquâau XVIe-XVIIe siĂšcle puisque TaĂŻwan ne devient officiellement gouvernĂ© par la Chine quâĂ partir de 1683. Sâen suit lâarrivĂ© des EuropĂ©ens avec tout ce que lâon connait comme bienfaits...Â
En 1542, une expĂ©dition portugaise en route vers le Japon aperçut pour la premiĂšre fois l'Ăźle, Ă 180 kilomĂštres des cĂŽtes chinoises. Face aux falaises luxuriantes qui transperçaient l'azur, les marins ne purent que s'exclamer : « Isla formosa ! », « La belle Ăźle ! ». VoilĂ la lĂ©gende qui explique l'origine du nom qu'on donna Ă cette terre Ă l'Ă©poque : Formose. En 1895, Ă la suite de la dĂ©faite face au Japon dans la Guerre sino-japonaise, la Chine signe le traitĂ© de Shimonoseki, par lequel elle cĂšde lâĂźle. TaĂŻwan en profite pour dĂ©clarer son indĂ©pendance en mai 1895 sous le nom de RĂ©publique de TaĂŻwan (pas du tout opportunistes..) mais ne rĂ©siste que quelques mois. TaĂŻwan fera ainsi partie pendant 50 ans de lâempire colonial japonais, jusquâĂ lâarrivĂ©e en 1945 des AmĂ©ricains.Â
Mais câest surtout aprĂšs 1945 que lâhistoire de Taiwan prend une autre tournure que celle de Chine continentale. Rappelons-nous, il rĂšgne en Chine un climat de guerre civile depuis lâavĂšnement de la RĂ©publique en 1911. Avec la guerre, les communistes de Mao et les nationalistes de Tchang KaĂŻ-chek semblent sâĂȘtre alliĂ©s, mais dĂšs 1945 la lutte reprend. Les nationalistes rĂ©cupĂšrent Taiwan dĂšs 1945, instaurant un rĂ©gime de terreur (loi martiale, tout ça..). Avec la dĂ©faite face aux Communistes, Tchang KaĂŻ-chek sâinstalle dĂ©finitivement Ă Taiwan en 1950, devenant le prĂ©sident de la RĂ©publique de Chine, dont la capitale provisoire est Taipei. Lâobjectif est Ă©videmment de rĂ©cupĂ©rer la Chine continentale. Mais, les annĂ©es passent, Taiwan perd son aura et sa place au niveau internationale au profit de la RĂ©publique Populaire de Chine, Ă©tant relĂ©guĂ©e au rang de puissance de 2eme voir 3eme rang. La dĂ©mocratie sâinstalle, parfois difficilement, et Taiwan devient une vraie dĂ©mocratie en 2005, depuis 2016 une femme a Ă©tĂ© Ă©lue prĂ©sidente de la RĂ©publique de Chine (et ça claque).Â
Promenades dans Taipei
La capitale, ć°ććž en Chinois simplifiĂ©, ou èșććž en Chinois traditionnel, est situĂ©e au Nord de lâĂźle. Le nom veut littĂ©ralement dire, dâailleurs, âville du Nordâ. La ville comprend 2,6 millions dâhabitants intra-muros et 6,8 dans lâaire urbaine - câest beaucoup... La ville s'Ă©tend dans l'Ă©troite vallĂ©e en cuvette du fleuve Tamsui et de ses deux principaux affluents, les riviĂšres Keelung et Xindian.Â
En 1709, le paysan Chen Lai-chang de Chuanchou, en Chine, posa la premiĂšre pierre dâune ferme Ă Takala, le centre actuel de Taipei. Ă partir de cette date, le nombre de colons ne cessa dâaugmenter : principalement le long du fleuve Tamsui, câest de cette Ă©poque que date la fondation de la ville.Â
Ă joie, il y a un mĂ©tro !! Et des bus qui fonctionnent !! Et surtout, des vĂ©los, et câest plat ! Bref la ville parfaite quand il nây fait pas 40 degrĂ©s. Câest une ville qui mâa beaucoup surpris, moi qui nâavais vu que des grosses agglomĂ©rations (un peu) bordĂ©liques dâAsie du Sud-Est. Ici tout est calme, dĂ©jĂ , et puis surtout aĂ©rĂ©, organisĂ©. Bref, câest vraiment Ă cheval entre le joyeux bazar dâAsie du Sud-Est et la rigueur quâon connait au Japon ou Ă la CorĂ©e. De grandes avenues structurent la ville. Ce qui est aussi frappant câest quâon est rapidement dans la verdure, grĂące aux diffĂ©rents parcs nationaux qui lâentourent.
Evidemment, la ville est polluĂ©e, mais le gouvernement est en pleine bataille, et tout donne lâimpression quâil gagne.Â
Depuis Elephant mountain, on aperçoit ici la skyline de la ville, avec la fameuse 101 (qui avait la tĂȘte dans les nuages ce soir lĂ ). Pas de spoil je reviendrais dessus aprĂšs !
Taipei et les nights markets.Â
Câest une tradition, en Asie, dâavoir des marchĂ©s de nuit ! Câest lĂ oĂč lâon peut trouver de la nourriture locale (stinky tofu... Haaaaaaaaaa), des petits bricoles Ă acheter, etc... Bref on peut vraiment y dĂ©couvrir lâambiance dâun pays. Taipei possĂšde de nombreux marchĂ©s nocturnes dont les plus importants sont : Shilin, Rahoe, Shia, Jingmei, etc...Â
Quand les taiwanais aiment un marchĂ© de nuit, ils lâappellent gĂ©nĂ©ralement ç±éʧ (renao). Ce mot, composĂ© des caractĂšres âchaudâ et âbruyantâ mais agrĂ©able, signifie «vivant» ou « animĂ© avec du bruit ». Câest trĂšs bien rĂ©sumĂ© lâambiance qui y rĂšgne ! Ăa fourmille de badauds, touristes, locaux et vendeurs, qui cherchent tous la bonne affaire ou assouvir le besoin (primaire) de consommer et acheter, non pas des conneries, mais tout ce quâil y a de plus kikoo et kawaĂŻ, parce que vous voyez, enfin, âitâs soooo cuuuuuuuuuuuteâ.Â
Combien de fois ai-je entendu cette phrase pour justifier lâachat de chaussettes panda / chaton / petit-animal-kawaĂŻ. Jâavoue avoir cĂ©dĂ© Ă la tentation. On trouve aussi toutes sortes de gadgets : etiquettes Ă bagage, pins, aimants, stylos, perches Ă selfie, protection de tĂ©lĂ©phone, etc... Il y a aussi des t-shirts, et des vĂȘtements en tout genre. Bref on est loin de nos marchĂ©s locaux qui vendent des produits du terroir. En sâenfonçant un peu dans le marchĂ©, on arrive rapidement Ă la nourriture (qui est, dans ce pays, primordiale).Â
La spĂ©cialitĂ© des spĂ©cialitĂ©s de Taiwan câest les dumplings / dim-suns / BouchĂ©es Ă la vapeur /Â è±Źèæ°Žé€. Il y a mĂȘme un restaurant Ă©toilĂ© au Michelin dont câest sa spĂ©cialitĂ© : Din Tai Fung, dans le centre commercial de la Taipei 101. Je nây suis pas allĂ© pour une raison trĂšs simple, la moyenne dâattente pour une table est dâ1h30.
Taipei 101
On la voit partout, câest un peu comme notre Tour Eiffel, mais en plus haute, et plus solide. On ne peut pas la manquer avec ses 509,2 m de hauteur - classĂ© 5eme plus grand gratte-ciel du monde. Sa forme Ă©voque Ă©videmment le bambou, autre symbole du pays. Câest le monument qui illustre le plus lâaspect dĂ©finitivement moderne de la ville, il y a 300 ans de cela, ce nâĂ©tait quâun large champs de riz. Aujourdâhui câest lâune des agglomĂ©rations les plus dynamiques dâAsie.Â
Taipei 101 comporte 101 Ă©tages (d'oĂč son nom) et 5 niveaux de sous-sols. La tour sert de symbole pour le TaĂŻwan moderne depuis son inauguration. Des feux d'artifice y sont lancĂ©s chaque annĂ©e pour le Nouvel An. Petite fun facts de cette tour, elle possĂšde lâascenseur le plus rapide du monde : 16,83 m/s soit 60,6 km/h. Il met 37 secondes pour aller au 89e Ă©tage (jâai testĂ© et approuvĂ©, on ne sent mĂȘme pas le petit chatouillement...).Â
Ses caractĂ©ristiques combinĂ©es Ă la soliditĂ© de ses fondations font de Taipei 101 un des bĂątiments les plus stables jamais construits. Ses fondations sont renforcĂ©es de 380 pieux enterrĂ©s Ă une profondeur de 80 m Ă 100m sous terre. Evidemment car la tour doit rĂ©sister Ă des typhons et des tremblements de terre. Bref câest une masse qui sâĂ©lĂšve haut dans le ciel, et pour ça câest assez impressionnant. Autre fun fact : lors de vents trĂšs violents, les derniers Ă©tages pourraient se dĂ©placer de trois mĂštres et rien ne casserait.Â
Du haut de la tour, juste avant le rĂ©trĂ©cissement de lâantenne, on a la possibilitĂ© dâembrasser la ville Ă 360 degrĂ©s grace Ă 3 Ă©tages consacrĂ©s Ă la tour, un observatoire de la ville et un musĂ© sur la culture taĂŻwanaise. 3eme fun fact : Des messages publicitaires ou parfois plus personnels comme des demandes en mariage ornent le haut de la tour, de nuit.Â
Taipei, ville de mémoire
Jâaime donner des titres un peu mystĂ©rieux! La ville compte deux mĂ©moriaux pour 2 personnalitĂ©s importantes pour la Chine et pour lâĂźle. Le premier est dĂ©dier Ă©videmment au fondateur / pĂšre de la nation taĂŻwanaise : Tchang KaĂŻ-chek.Â
ĂdifiĂ© sur une esplanade de prĂšs de 25 hectares, le mĂ©morial de Tchang KaĂŻ-Chek se trouve au centre de Taipei. Il a Ă©tĂ© Ă©rigĂ© avec des dons faits par des Chinois du monde entier en hommage au prĂ©sident dĂ©funt. A lâintĂ©rieur se trouve une statue en bronze du prĂ©sident gardĂ©e par deux soldats en uniforme de parade. Toutes les heures a lieu la relĂšve de la garde, lâoccasion dâun peu dâanimation dans ce lieu qui inspire le respect Ă une personnalitĂ© qui nâa pas toujours Ă©tĂ© trĂšs tendre. Mais bon, nous avons la mĂȘme chose aux Invalides !
La statue est tournĂ©e vers la Chine continentale, symbolisant lâespoir dâune rĂ©unification entre les 2 pays. Car, mĂȘme si pour la Chine continentale Taiwan câest la Chine, la question est plus dĂ©licate pour les TaĂŻwanais, qui sont trĂšs fiers de leur indĂ©pendance et de leurs libertĂ©s. Fun Fact du lieu, L'horloge indique 23h50, l'heure de sa mort le 9 avril 1975.Â
De part et dâautre de lâesplanade se trouve, Ă gauche le théùtre national et Ă droite la salle de concert nationale. Au milieu on voit la porte imposante qui marque lâentrĂ©e du site. Le mĂ©morial est inaugurĂ© le 5 avril 1980, soit 5 ans aprĂšs la mort de l'ancien chef d'Ătat. Du fait des relations tendues avec le voisin communiste, et du changement de politique intĂ©rieure comme extĂ©rieure, le site sâest appelĂ© de 2007 Ă 2009 National Taiwan Democracy Memorial Hall, ou MĂ©morial National de la DĂ©mocratie TaĂŻwanaise. Ce changement traduit une volontĂ©, aujourdâhui, des pouvoirs dâadoucir la vague nationaliste qui monte, et qui sâintensifie depuis les histoires des Ăźles en mer de Chine (et plus rĂ©cemment avec mister Trump). La place, elle, devant le mĂ©morial, sâappelle dĂ©jĂ Place de la LibertĂ©. (Cf article du Monde sur la polĂ©mique)
Les jardins qui ceinturent le mĂ©morial sont aussi trĂšs agrĂ©ables ! On peut notamment sâessayer Ă marcher nu-pied sur des pierres, symbolisant les souffrances des martyres de la RĂ©publique de Chine, et ça fait mal aux pieds...Â
Le 2nd monument est dĂ©diĂ© au pĂšre de la Chine moderne, et de la RĂ©publique de Chine de 1911: le docteur Sun Yat-Sen. L'imposant bĂątiment aux Ă©lĂ©ments d'architecture chinoise classique voit le jour en 1972. Depuis, il est considĂ©rĂ© comme l'un des symboles de la ville.Â
A lâintĂ©rieur, on y trouve aussi une statue imposante de 17 tonnes de bronze Ă lâeffigie du docteur. Toutes les heures, les visiteurs assistent Ă la relĂšve de la garde. Se tient, dans la partie basse, la salle des documents historiques du docteur Sun Yat-sen qui retrace l'histoire du rĂ©volutionnaire Ă travers manuscrits, photos et dossiers.
Tout comme le jardin de lâautre mĂ©morial, celui de Sun Yat-Sen vaut le dĂ©tour, notamment un cadran solaire et de 23 stĂšles de granit se dressent pour rappeler le message de ceux qui ont renversĂ© les idĂ©es de la Chine impĂ©riale. Câest aussi lâun des meilleurs endroit pour faire des photos de la 101. les TaĂŻwanais y viennent enfin pour y tester leurs cerfs-volants.Â
Taipei et les temples
Alors Ă©videmment, comme toute ville qui se respecte, on trouve un nombre incalculable de temple dans la capitale. Mais, certains valent le coup dâĂȘtre vus, câest notamment le cas de celui dĂ©diĂ© Ă Confucius et celui de Longshan. Ces 2 temples sont situĂ©s sur la rue Talung, Ă lâOuest de la ville.Â
Le temple de Confucius de Taipei honore Confucius, le plus grand philosophe et maĂźtre de tous les temps, ainsi que plusieurs autres philosophes. Confucius apprĂ©ciait la sobriĂ©tĂ©, caractĂ©ristique que lâon retrouve apparemment dans le temple qui lui est consacrĂ©, enfin tout est relatif. Câest lĂ oĂč viennent se recueillir tous les Ă©tudiants de la ville avant les examens. Jây ai moi-mĂȘme eu une pensĂ©e trĂšs, trĂšs forte, pour mon examen de finance... Il est composĂ© de 3 enceintes, une fait le tour de tout le complexe, lâautre, plus petite, fait le tour du temple et des jardins, la 3eme enserre le temple.Â
Ici lâentrĂ©e dans les jardins qui prĂ©cĂ©dent la 3eme enceinte. Jâai cherchĂ© Ă rapporter un de ces petits Confucius mais malheureusement câĂ©tait un peu lourd dans la valise... A part ces petites statues modernes, aucun portrait nâest visible dans ce temple, il fut ordonnĂ© que tous les portraits de Confucius soient remplacĂ©s par des plaques commĂ©moratives sous la dynasties Ming, les artistes nâarrivant pas Ă se mettre dâaccord sur la façon de peindre la tĂȘte du maĂźtre.Â
Et voilĂ lâentrĂ©e de la 3eme enceinte, derriĂšre se trouve la cours et le temple en lui-mĂȘme. Les colonnes, les portes et les fenĂȘtres sont inhabituelles, car elles ne comportent aucune inscription. On raconte quâen choisissant de ne rien Ă©crire, les hommes prouvent que personne nâose exhiber ses connaissances littĂ©raires devant le maĂźtre - aka Confucius.Â
MĂȘme Ă lâintĂ©rieur du temple, on ne trouve aucune statues mais juste des inscriptions sur le maitre. Un temple dĂ©diĂ© aux philosophes, ça fait rĂȘver !Â
Pour accĂ©der au temple de Longshan, il suffit de traverser la route. On y accĂšde par un large jardin chinois, oĂč se trouve de nombreuses sculptures de dragons, de saints et de sages, parfois Ă moitiĂ© cachĂ©es par la vĂ©gĂ©tation luxuriante.Â
Longshan est le plus vieux temple de Taipei. Il est utilisĂ© par les habitants du quartier aussi bien comme point de rencontre social que comme lieu de vĂ©nĂ©ration.Â
Le temple contient des statues en bronze, des sculptures sur bois et des sculptures sur pierre dâune finition exceptionnelle. Il attire quotidiennement des flots ininterrompus de touristes et de fidĂšles. Il est le temple le plus visitĂ© de Taipei. Construit il y a 254 ans, le temple de Lungshan est consacrĂ© Ă la dĂ©esse de la misĂ©ricorde, mais les croyants y vĂ©nĂšrent Ă©galement de nombreuses autres divinitĂ©s. Lâendroit est idĂ©al pour en apprendre davantage sur les dieux chinois.
Depuis sa construction, le temple a fait lâobjet de plusieurs rĂ©novations. Le plan du temple est un carrĂ© intĂ©grĂ© dans un carrĂ©. La Fun fact de ce temple, câest que, du fait des diffĂ©rents rĂ©novations, les pierres posĂ©es dans la cour intĂ©rieure racontent leur propre histoire.
Le musée du Palais
Taipei regorge de musĂ©es, notamment celui sur lâeau potable (oui oui, celle-lĂ mĂȘme), mais celui quâil faut aller voir est le MusĂ©e du Palais. Le MusĂ©e national du Palais est distinct du MusĂ©e du Palais qui se trouve dans la CitĂ© interdite Ă PĂ©kin. Ces deux Ă©tablissements ont pourtant une origine commune car ils se partagent un mĂȘme fonds de collections sĂ©parĂ©es par les alĂ©as de la guerre civile chinoise.
SituĂ© dans la fond dâune vallĂ©e, Ă 30 min (bien comptĂ©es) du centre-ville, le musĂ©e compte plus de 665 000 piĂšces dâart dont plusieurs collections de la CitĂ© Interdite de PĂ©kin y sont exposĂ©es. Lâhistoire dit que les collections impĂ©riales ont effectuĂ© un pĂ©riple fantastique de plus de trente-deux ans et de plus de dix mille kilomĂštres entre leur dĂ©part dĂ©cidĂ© de PĂ©kin en 1933 face Ă l'invasion japonaise et leur entreposage Ă Taipei en 1948 dĂ©cidĂ© pour Ă©chapper Ă l'insurrection communiste. Le dĂ©part des piĂšces pour TaĂŻwan a toujours fait l'objet de controverse avec la Chine continentale. Celle-ci perçoit ce dĂ©placement comme un vol, le gouvernement taĂŻwanais argumente sur le fait que ces objets auraient Ă©tĂ© dĂ©truits durant la RĂ©volution culturelle. Quoi quâil en soit ce musĂ©e regorge de trĂ©sors.Â
Ici des coupes servant au culte des ancĂȘtres ou pour les cĂ©rĂ©monies du pouvoir fĂ©odal.Â
Ici un exemplaire du traitĂ© signĂ© entre la France et la Chine sur les frontiĂšres de lâIndochine. Il faut savoir que la Chine impĂ©riale, et le monde Chinois, nâavait pas la mĂȘme reprĂ©sentation du territoire que lâOccident - notamment en ce qui concerne le principe des frontiĂšres. Ce nâest pas un mal, mais surtout une façon interessante dâapprĂ©hender le territoire. Ce qui se trouvait loin de PĂ©kin Ă©tait considĂ©rĂ© comme en-dehors, mais pas exclu par une ligne bien marquĂ©e. Avec lâarrivĂ©e des puissances occidentales, tout a changĂ©. Depuis PĂ©kin a bien revu sa leçon et sâamuse avec les frontiĂšres (mer de Chine, tout ça..).Â
Ici la piĂšce maĂźtresse du musĂ©e, le fameux chou en jadĂ©ite datant de la dynastie Qing. Cela peut nous sembler Ă©trange, mais câest une piĂšce exceptionnelle. Pour quâune sculpture en jadĂ©ite ait une grande valeur, la pierre doit avoir une couleur unie. Ici ce nâest pas le cas, elle possĂšde mĂȘme des fractures et des ondulations naturelles. Ce qui fait que le Chou de jadĂ©ite est si exceptionnel, câest quâun maĂźtre sculpteur anonyme sâest servi des faiblesses de la jadĂ©ite, les deux couleurs, les fissures et les ondulations, pour produire un chou des plus rĂ©alistes. Cette piĂšce est aussi composĂ©e de symboles, notamment celui du chou mais aussi, en haut Ă droite on voit un criquet - symbole de prospĂ©ritĂ©.Â
Le musĂ©e possĂšde aussi de larges rayons consacrĂ©s Ă la calligraphie, un art plus que respectable dans la Chine impĂ©riale. Ici un chat qui illustre une page sur le rire en Chine. Les Ćuvres du musĂ©e proviennent de la collection impĂ©riale mandchoue. Presque tous les grands maĂźtres de la calligraphie chinoise y sont reprĂ©sentĂ©s.Â
A part tous ces monuments, lâintĂ©rĂȘt de Taipei est aussi de sây promener Ă pied, ou en vĂ©lo. Chaque quartier a son Ăąme, certains sont plus commerciaux, dâautres rĂ©sidentiels, certains sont hypster, dâautres industrieux, etc...Â
Ici une avenue du quartier ultra-commercial de Ximen, on y trouve toutes les grandes marques internationales (apparemment le plus grand H&M dâAsie), et des petits magasins locaux. Câest impressionnant car tout fourmille, ça sort des petites ruelles pour entrer dans un centre commercial, puis repart, etc... Bref ça vie et ça bouillonne. Alors quâĂ 2 rues de ça, on trouve aussi le quartier plus historique de Wuanhua. Il reconstitue ce quâĂ©tait Taipei du temps de lâoccupation japonaise, des petites maisons de brique alignĂ©es.Â
Du cĂŽtĂ© de la Taipei 101, on trouve aussi le quartier dâaffaire avec le World Trade Center de Taipei (en gros un palais des expositions), la maire de Taipei, de larges avenues et encore des centres commerciaux.Â
Quelques promenades autour de Taipei
Comme je lâai dit plus haut, les alentours de Taipei sont facilement accessible via les bus ou mĂȘme le mĂ©tro et le train. Ainsi, en 30min il est possible dâaller voir le Pacifique, boire du thĂ© Ă Maokong, marchĂ© sur les traces des volcans de Yangmingshang ou sur lâor de Keelung.Â
Le parc gĂ©ologique de Yehliu,Â éæłć°èŽšć Źć
Pour se rendre Ă Yehliu, il faut prendre le bus Kuo-Kuang n°1815. Le trajet dure environ 1h20, le bus passe de la ville Ă la montagne en quelques instants. On dĂ©bouche enfin sur le Pacifique, qui nâĂ©tait pas trĂšs calme ce jour-lĂ . Le parc se situe sur une pointe qui plonge dans le pacifique. Câest un lieu unique au monde oĂč lâaction conjuguĂ©e de lâĂ©rosion marine et du vent a créé des formes tout Ă fait singuliĂšres et tourmentĂ©es.
Pour arriver au parc, il faut dâabord monter une petite coline, puis aprĂšs avoir dĂ©passer les arbres, on fait face Ă la Nature Ă lâĂ©tat pure; vent et eau ont jouĂ© aux artistes, et donnĂ© Ă ce lieu un aspect magique.Â
VoilĂ une forme que les locaux nomment bougie de la mer. Le substrat plus friable a étĂ© enlevĂ©, nettoyĂ© par la mer et le vent laissant apparaitre une roche beaucoup moins tendre, qui, elle, a Ă©tĂ© polie par les Ă©lĂ©ments.Â
Ici les locaux ont surnommĂ© ces formes les rochers gingembre. Ici encore câest une question de roche plus ou moins solide. Le bas est fait dâun calcaire beaucoup plus friable que le haut.Â
A cotĂ© de ça on trouve aussi des formes plus torturĂ©es par lâĂ©rosion marine et du vent, comme ce rocher. Â
AprĂšs avoir avoir longĂ© la partie basse de la pointe, il est possible de sâaventurer dans les hauteur et monter voir le phare. Câest une promenade vraiment agrĂ©able car peu de touristes y vont et la vue en vaut la peine.Â
Au loin, on aperçoit la ville de Yehliu et le dĂ©but du parc.Â
On peut redescendre en longeant la falaise, mais la route Ă©tant fermĂ©e Ă cause dâĂ©boulement, jâai du reprendre le mĂȘme chemin pour rentrer me mettre au sec.Â
Pour finir sur ce parc, voilĂ la âpiĂšce maĂźtresseâ, appelĂ©e tĂȘte de Nefertiti en raison de sa ressemblance avec le fameux buste de Berlin.Â
Maokong, èČç©ș
Le parce se situe Ă 30min de la ville en tĂ©lĂ©phĂ©rique (avec cabine transparente Ă lâaller, ĂŽ joie...). On se retrouver rapidement dans les hauteurs surplombant Taipei, au calme et entourĂ© des fameuses plantation de thĂ© Oolong.Â
Le nom Maokong fait rĂ©fĂ©rence, selon une premiĂšre thĂ©orie, aux trous dâeau que lâon trouve dans la riviĂšre aux pieds de la montagne, çșç©ș ou jiĂąu-khang.Â
Une 2eme thĂ©orie annonce que câĂ©tait un lieu sans chat, èČéą, bĂą-bÄ«n. Sous lâoccupation japonaise, ce lieu est devenu un parc pour les habitants de la ville, plus encore aujourdâhui, les TaĂŻwanais viennent y respirer lâair frais et boire du thĂ© le week-end.Â
Ici une plantation de thĂ©, qui, comme beaucoup dâautres, sont en escalier et parcourent la montagne. Le thĂ© cultivĂ© ici est unique, il porte le nom dâOolong, et a un goĂ»t trĂšs prononcĂ©, voir fumĂ©. On peut assister Ă une cĂ©rĂ©monie traditionnelle du thĂ© dans le village Ă cĂŽtĂ© de lâarrivĂ©e du tĂ©lĂ©phĂ©rique.Â
Cette promenade dans les montagnes nous a menĂ© jusquâĂ un temple taoĂŻste, puis nous avons rejoint Taipei via le tĂ©lĂ©phĂ©rique. Il nous a bien fallu 1 demie journĂ©e pour apprĂ©cier la beautĂ© du lieu, et surtout le calme !Â
Jiufen, Ă la recherche de lâorÂ
La petite ville de Jiufen, äč仜, est situĂ©e sur un flanc de montagne Ă 1h30 de Taipei. Jiufen, Ă©tant isolĂ©e de la cĂŽte par les collines, est longtemps demeurĂ©e inconnue de la population taĂŻwanaise. On raconte quâautrefois, seules 9 familles vivaient dans ce village, dâoĂč son nom « Jiufen » qui signifie « 9 parties ». On y a dĂ©couvert de lâor, ce fut la ruĂ©e mais aujourdâhui seul les traces de ce passĂ© subsistent. Avant que dâaller dĂ©couvrir la ville, nous avons dĂ©cidĂ© de descendre vers le Pacifique Ă la rencontre des golden waterfalls, ou chutes dâeau dorĂ©es.Â
AprĂšs avoit longuement admirĂ© ces chutes, qui sont belles, il faut le reconnaitre, nous avons pris un bus local pour nous ramener Ă Jiufen, en montant par les petites routes de montagne (avec un bus, câest chaud mais ça passe...). La ville est littĂ©ralement accrochĂ©e au flanc de la montagne. Comme nous Ă©tions un Samedi, nous avons du affronter une marĂ©e humaine dans les rues Ă©troites.
Les TaĂŻwanais sont surtout Ă la recherche dâauthenticitĂ© et, Ă©videmment, de nourriture locale. Câest un peuple que jâapprĂ©cie de plus en plus !Â
La ville compte encore quelques anciens bĂątiments en bois de lâĂ©poque de la ruĂ©e vers lâor. elle est aussi connue pour son théùtre et ses masques de couleurs vives.Â
La ville a surtout le meilleur point de vue de lâĂźle sur le Pacifique et sa cĂŽte. MĂȘme si le beau temps nâĂ©tait pas au rendez-vous, la vue reste Ă©poustouflante.Â
AprĂšs avoir dĂ©gustĂ© un thĂ©, et nous ĂȘtre promenĂ© dans les magasins de dinette, nous avons pris un bus direct pour Taipei, ce qui change du train puis du taxi de lâaller !Â
Câest fini pour Taipei et ses environs. Evidemment il y aurait encore plein de choses Ă voir : le parc naturel du Yangmingshan et ses fumeroles, les sources dâeau chaude, etc... Mais en 15 jours jâavais dâautres choses Ă voir !Â
Direction le Sud, stay tuned !Â











