Yves Saint Laurent, de Jalil Lespert
Mitigée je suis, concernant ce film sur la vie d'un de mes modÚles. Plongeons si vous le voulez bien sans plus tarder dans le vif du sujet.
On ressent bien la sensibilité exacerbée du personnage d'Yves Saint Laurent, qui était quelqu'un trÚs à fleur de peau, c'est certain. "Habiller les femmes" étant son objectif principal, son passage à l'hÎpital ainsi que son "licenciement" de chez la grande maison Dior l'ont beaucoup affecté. Cependant, le film ne s'axe pas tellement sur cela, ce qui aurait pourtant pu donner quelque chose en plus au film.
Yves Saint Laurent s'axe majoritairement sur l'homosexualitĂ© du protagoniste. Ses aspects frivoles, volages. Mais peut-on rĂ©ellement dĂ©finir un Homme simplement Ă sa sexualitĂ© ? Non, je ne pense pas. Car dĂ©finir YSL, c'est dĂ©finir sa vision du monde, de la mode, sa vision de la femme, qu'il dĂ©nude, qu'il habille. Qu'il vĂȘt tout en la mettant Ă nu. L'hommage est beau, c'est indĂ©niable. Tranches de travail et tranches de vie, tout y passe. Mais pas assez Ă mon gout. Il manquait ce petit quelque chose qui aurait fait de ce film un vĂ©ritable chef d'oeuvre.
YSL, personnage sensible et sensuel n'a pas été assez présenté. YSL, connard arrogant et prétentieux non plus. En revanche, YSL catin parisienne a été exagérée.
Il est bon de mettre le doigt sur sa "descente aux enfers". Mais dans ce cas, pourquoi ne pas le faire jusqu'au bout et retracer sa mort, aussi peu glorieuse soit-elle ? Quitte à déprimer le spectateur, autant faire ça bien !
Globalement, je le répÚte, le film est bon. Touchant, abominablement bien scénarisé, et musicalement divin. Seulement, une fois encore, les problÚmes de la sexualité et de sa mort ont été respectivement exagérés et passés sous silence.
Pour finir, on fĂ©licitera le jeu des acteurs qui Ă©tait parfait. Pierre Niney (Seigneur, qu'il est beau...) nous offre un Yves Saint Laurent criant de rĂ©alisme, aussi bien au niveau de ses gestes, de ses mimiques, du ton de sa voix et de sa façon de s'exprimer, trĂšs effĂ©minĂ©e. Enfin, Guillaume Gallienne, dans le rĂŽle de Pierre BergĂ©, l'amant d'YSL, est un personnage qui finit par ĂȘtre dĂ©boussolĂ©, dĂ©passĂ© mĂȘme par le comportement de diva d'Yves Saint Laurent, un personnage qui ignore s'il l'a trop protĂ©gĂ©, ou si au contraire, pas assez.
Car pour remettre un petit contexte dans ce flot de paroles, Yves Saint Laurent est un personnage qui finit par découvrir, à ses risques et périls, les vices de la vie parisienne, lui, enfant d'Oran, enfant de la guerre, mais aussi, un des pÚres fondateurs de la Haute Couture française.















