Marchandage.
Il y a des soirs où mon esprit s’accroche encore. Comme un enfant qui tire sur la manche d’un adulte déjà parti. Je me surprends à murmurer : « Et si… ». Et si tu avais changé un peu plus tôt ? Et si j’avais été plus patiente, plus douce, plus forte ? Et si nos chemins pouvaient encore se croiser autrement ?
C’est étrange, ce besoin de refaire l’histoire alors que les pages sont déjà tournées. Mon cœur sait que la porte est close, mais mon esprit s’amuse à chercher une clé imaginaire, comme pour repousser la morsure de la perte.
Pourtant, je le vois bien : toi, plus léger, plus sociable, plus apaisé. Tu sembles enfin respirer, trouver ta place, presque briller. Et ça me fait mal, parce que c’était ce que j’attendais quand nous étions encore « nous ». Alors la petite voix en moi se demande : « Le problème, c’était moi ? »
Mais au fond, je sais. Tu n’as pas changé grâce à mon absence, mais parce que la rupture t’a forcé à affronter ce que tu fuyais. Ce n’est pas moi qui étais le poids, c’est ton chemin qui devait s’écrire ailleurs. Je n’étais qu’un chapitre. Important, certes, mais pas éternel.
Alors j’essaie, doucement, de remplacer mes « et si » par des « maintenant ». Maintenant, que choisis-je pour moi ? Maintenant, de quoi ai-je besoin ? Maintenant, quelle vie puis-je bâtir sans attendre que tu sois celui que j’espérais ?
Il y a encore des soirs où le marchandage revient frapper à ma porte. Mais je lui ouvre de moins en moins. Je préfère me tenir au seuil de ma propre histoire, même inachevée, plutôt que d’attendre qu’on vienne m’y rejoindre.











