What the fuuuuuuuuuck!!! AprĂšs quoi courons-nous ?! Ou plutĂŽt pourquoi ne courons-nous plus ?! Pourquoi est-il devenu tabou de crier ?! Que nous est-il arrivĂ© en quelques dĂ©cennies pour que nos instincts se soient ainsi rendus devant le politiquement correct, le socialement correct, le moralement correct ?! Mais bordel Ă cul, regardons-nous ! Pas plus tard qu'hier, je me suis extasiĂ© devant un pommeau de douche Ă deux vitesses ! Mais mec, les pommeaux, tu devrais les bouffer, les tordre, les lancer dans de vastes prairies au soleil couchant, les tisser, les nouer, les tresser, en faire des champs de mĂ©tal, les faire briller comme jamais tu n'as vu briller, les sublimer, leur donner vie, une vie que tu ne vis pas, une vie que nous croyons tenir tranquille, Ă plat sur des Ă©crans, nous la touchons du doigt, on la drag, on la drop, on la maĂźtrise, on la redĂ©marre, on la met Ă jour, mais ne nous trompons pas, nous sommes ridicules, nous n'agitons mĂȘme plus nos bras, mais le bout de nos phalanges, trop lisses pour prendre le volant, trop fragiles pour nous maintenir au-dessus du vide, trop prĂ©servĂ©es pour claquer fort, trop entraĂźnĂ©es aux selfies, trop faibles pour ne pas nous mentir, je veux partir ! Un jour, je le ferai, et je mourrai. Je fondrai sous la chaleur du monde, je me mĂȘlerai aux riviĂšres, le courant me portera, puis en vapeurs je m'Ă©lĂšverai, et ainsi va la vie, des millions de gouttes de moi retomberont sur la ville, les arrĂȘts de bus mexicains, les dĂ©partementales, les tombes, les jardins et tes chaussures en daim !