Je suis très fière de cette sÊrie de photo.
Depuis que je voyage par moi-mĂŞme, il y a ce paradoxe qui mâobsède.
Nous, pour la plupart, vivons comme si la Terre nous devait quelque chose. Nous puisons les ressources, nous ĂŠliminons des espèces, nous dĂŠtruisons des ĂŠcosystèmes pour construire des centres commerciaux, des parkings, âŚ
Nous sommes devenus le seul centre dâintĂŠrĂŞt sur cette planète. Notre visage doit ĂŞtre partout, en toute circonstance, pour montrer ce que lâon mange, le sport que nous faisons, le pays que nous avons visitĂŠ.
Jâai vu tellement de monde se prendre en selfie au lieu dâadmirer lâincroyable paysage qui sâoffrait Ă eux. Comme si lâimportant ĂŠtait juste de prouver que ÂŤÂ jâĂŠtais lĂ Â Âť.
Toute cette impression de puissance est très superficielle. Elle existe car nous avons le pouvoir sur la nature dans les zones les plus citadines. Cependant, dès que lâon sâĂŠloigne, très rapidement, nous redevenons un minuscule mammifère, très mal armĂŠ pour la survie.
Depuis plusieurs annĂŠes, jâessaie dâexplorer des coins reculĂŠs et de faire converger la tendance actuelle du selfie dans un rapport plus ĂŠgalitaire avec la Terre. Je ne bannis pas le narcissisme, je souhaite que lâon soit plus discret, pour remettre Ă lâhonneur la beautĂŠ incroyable dâune falaise, lâaura troublante dâune forĂŞt ou encore le mystère dâun monument antique.
Si cette sĂŠrie -TINY HUMANS - est dans mon esprit depuis quelques annĂŠes, ce nâest que cet ĂŠtĂŠ, lors de mon voyage en Inde, que jâai rĂŠussi Ă lui faire prendre forme.Â
Celle ci nâest pas finie, mais en voici la première partie.