1994-2009 : les annĂŠes Couac
      (retranscription de lâinterview du 21/12/2017 avec Gilles Corre)
Propos recueillis par m_r1k, pour @couacarchiveâ
Interview disponible Ă lâĂŠcoute ici >> https://soundcloud.com/dadalevrai/1994-2009-les-annees-couac-interview-gilles-corre-pour-couacarchive
ÂŤ Comment es-tu arrivĂŠ dans la rĂŠdacâ du Couac ? Âť
ÂŤ En fait avant ça, je travaillais dĂŠjĂ un petit peu pour le Journal de Mickey : je faisais des scĂŠnarios et des jeux essentiellement. Jâai dĂť rentrer en 92 chez Disney Hachette Presse. Le responsable des jeux, Jacques Lelièvre Ă lâĂŠpoque, mâavait dit quâils comptaient faire une nouvelle rubrique dans Super Picsou GĂŠant, et quâils avaient besoin de quelquâun pour lâillustrer. Moi au dĂŠpart quand je suis arrivĂŠ chez Disney, je dessinais. Jâai donc participĂŠ Ă la première rĂŠunion, ĂŠtant lĂ pour dessiner, dessiner les Canards. Au dĂŠbut câĂŠtait surtout Donald, Picsou, mais dâune façon tout Ă fait classique. Au dĂŠbut du Couac, câĂŠtait pas très dĂŠlirant pour moi. Pourtant le contenu ĂŠtait rigolo ; y avait les petites annonces, de lâhoroscope et des choses comme ça, mais moi je me chargeais juste des dessins - y en avait pas beaucoup - qui illustraient le journal avec les canards quoi Âť
ÂŤ Jacques Lelièvre, nâĂŠtait-ce pas celui qui faisait les petites illustrations et strips en fin de Journal de Mickey ou de Mickey Parade / Poche ? Âť
ÂŤ Euh oui, enfin chez Mickey il ĂŠtait surtout responsable des jeux, mais câest vrai quâil dessine aussi ; il faisait aussi des petits strips, des dessins. Au dĂŠbut du Couac - si je me souviens bien - il sâoccupait du rĂŠdactionnel. Et puis après entretemps il a laissĂŠ tomber parce quâil ĂŠtait accaparĂŠ par dâautres choses. Lui il dessinait pas dans le Couac par contre. Âť
ÂŤ Tu as ĂŠtĂŠ responsable pendant longtemps il me semble de Ma vie, par Popop ? Âť
ÂŤ Ah oui ! En fait un jour on en avait faite une par hasard dans un des numĂŠros, câĂŠtait une sorte de parodie de BD censĂŠe ĂŞtre dessinĂŠe par Popop. Au dĂŠpart c'ĂŠtait pas du tout une rubrique rĂŠgulière ; j'en ai faite une, et puis on a eu l'idĂŠe de la ressortir un an après. A partir de ce moment-lĂ , j'en ai fait une dans chaque numĂŠro, soit au moins une soixantaine Ă peu près. Ăa marchait bien, et en soi ça nous faisait rigoler, tout simplement. Au dĂŠbut on savait pas si ça faisait rigoler les lecteurs, mais l'idĂŠe qui ĂŠtait marrante, c'est que les personnages Disney doivent ĂŞtre dessinĂŠs d'une certaine façon, il y a des règles. LĂ , on avait contournĂŠ le truc parce que comme c'est Popop qui raconte sa propre histoire, ce nâĂŠtait pas grave si c'ĂŠtait mal dessinĂŠ. Ăa permettait aussi de parler de tout un tas de sujets un peu dĂŠbiles puisque c'ĂŠtait sous couvert de ÂŤÂ c'est Popop qui raconte. 
 Avec les fameux oreillers en plumes de thon ? 
ÂŤÂ Alors oui, câest Ă cette ĂŠpoque-lĂ quâon a inventĂŠ les oreillers en plume de thon. Je ne sais pas si c'est dans une BD de Popop ou dans un des numĂŠros, mais on a aussi inventĂŠ le MayĂśland. On l'a ressorti souvent celui-lĂ . Ă force on finissait par avoir quelques running gags comme ça. 
 Comme la machine à cafÊ, ou bien le dÊnommÊ Philippe Laglue (de Tours) ? 
ÂŤÂ Philippe Laglue en fait, il existe - enfin il existe - c'est un dessinateur quoi (rires). Il sâagissait en fait de Philippe Larbier, qui a lui aussi dessinĂŠ pour le Couac Ă ses dĂŠbuts. Il est seulement restĂŠ dans les premiers numĂŠros. De mon cĂ´tĂŠ au bout d'un moment, j'ai glissĂŠ sur le rĂŠdactionnel, mais dessinais donc aussi en parallèle. Il y avait donc besoin Ă ce moment-lĂ de quelqu'un d'autre. Câest donc Philippe Larbier, qui ĂŠtait dessinateur chez Disney (il faisait des ĂŠnigmes et des histoires de Mickey) qui a alors commencĂŠ Ă dessiner des petits cabochons, enfin des⌠ce qu'on appelle des âculs-de-lampeâ quoi, des tĂŞtes, des personnages pour agrĂŠmenter le Couac. Et puis c'est pareil, lui aussi après il est parti vers autre chose, mais donc on a inventĂŠ le personnage de Philippe Laglue Ă l'ĂŠpoque oĂš il ĂŠtait lĂ Â ! Parce que lui il habitait en rĂŠalitĂŠ vraiment Ă Tours, et on imaginait qu'effectivement y avait qu'un seul lecteur ; et c'est lui qui Ă chaque fois envoyait une lettre, et on lui rĂŠpondait. 
 Le personnage Êtait donc relativement fidèle au vrai Philipe finalement ? 
ÂŤÂ Une fois ou deux je crois que je l'avais dessinĂŠ - enfin on l'avait dessinĂŠ -, mais on le dessinait avec un cache, donc on le voyait jamais, mais dans mon esprit c'ĂŠtait lui ouais. D'ailleurs â et lĂ je m'adresse aux fans du Couac qui ont vu le passage de Tours Ă Carpentras - Philippe Larbier avait rĂŠellement dĂŠmĂŠnagĂŠ Ă Carpentras, et on l'ava pour faire un clin dâĹil on lâavait mis dans un numĂŠro. Le personnage ĂŠtait devenu Philippe Laglue (de Carpentras). Mais franchement ça c'ĂŠtait juste pour nous faire rigoler nous. 
 Beaucoup de private jokes donc ? 
Oui oui, bon j'en ai oubliĂŠ un paquet, mais y en avait effectivement beaucoup qui d'un numĂŠro Ă un autre se rĂŠpondaient entre elles.
ÂŤÂ Je me souviens d'un numĂŠro oĂš vous prĂŠsentiez la rĂŠdacâ, avec notamment la machine Ă cafĂŠ qui ĂŠtait un personnage Ă part entière. 
 Oui ! Et puis y avait le rÊparateur, y avait des aliens aussi si je me souviens bien ! 
ÂŤÂ Câest lâimage que jâai mise en tĂŞte du blog, c'ĂŠtait marrant, elle m'avait fait rire. 
ÂŤÂ Oui oui, absolument ! Oui c'est ça, câest le grand dessin oĂš y a tout le monde lĂ , exact Âť
 Tout à l'heure tu me disais que vous pouviez faire un peu ce que vous vouliez, que c'Êtait pas trop censurÊ par rapport à aujourd'hui ; jusqu'oÚ pouviez-vous aller dans les Couacs ? Quelles Êtaient les limites en fait ? 
ÂŤÂ Bah les limites, c'ĂŠtait les limites Disney, c'est-Ă -dire dĂŠjĂ , dans le langage employĂŠÂ ; il fallait qu'on fasse attention quand mĂŞme on pouvait pas trop partir dans l'argot ou des mots plus orduriers. Les sujets impossibles chez Disney, c'est tout ce qui est violence, sexe. On pouvait rigoler avec Daisy qui essaye un maillot de bain Ă la rigueur, mais on pouvait pas aller beaucoup plus loin. L les seules limites qu'on avait c'est que ce soit âtout publicâ. Par contre, oĂš on avait une vraie libertĂŠÂ qui ĂŠtait de partir dans des choses très absurdes, qui ne sont pas vraiment la marque de fabrique de Disney en gĂŠnĂŠral. Je me souviens qu'on avait fait un Couac oĂš on avait fait comme si Popop avait mĂŠlangĂŠ les fiches, on avait aussi fait un numĂŠro qui parlait des bĂŠbĂŠs comme si c'ĂŠtait des ordinateurs ; par exemple on expliquait comment les rĂŠparer, ou comment repĂŠrer quand un bĂŠbĂŠ buguait, des choses comme ça⌠c'ĂŠtait complètement idiot quoi. Et lĂ on n'avait pas de limite, on pouvait partir dans des trucs très très dĂŠlirants. 
 Et vous ne vous disiez pas que vous alliez très loin des fois ? 
ÂŤÂ Alors en fait le problème quand on travaille dans un journal, c'est qu'on connaĂŽt pas l'âge des lecteurs. Et les lecteurs ça allait peut-ĂŞtre de 7-8 ans Ă 12-13 ans, je sais pas, donc on se disait toujours qu'y avait des lecteurs de 12 ans qui comprendraient mais peut-ĂŞtre pas ceux de 7-8 ans. D'un autre cĂ´tĂŠ, on ne peut pas non plus trop y penser parce que sinon⌠on fait rien du tout (rires). Oui en fait c'est ça qui ĂŠtait bien, c'est que franchement, on ĂŠtait relu bien sĂťr, on avait notre rĂŠdacteur en chef (Jean-Luc Cochet), qui s'occupait notamment de tout ce qui ĂŠtait bande-dessinĂŠe dans les publications Disney, mais il ĂŠtait aussi rĂŠdacteur en chef du Couac, donc on amenait articles et dessins, hop il maquettait tout ça, et⌠il nous a jamais censurĂŠ, enfin j'ai pas le souvenir. Par contre peut-ĂŞtre que parfois il nous disait âah oui ça, peut-ĂŞtre que les enfants ne vont pas comprendreâ. 
 N'Êtait-ce pas alors une sorte d'Êcriture un peu contrainte le fait de devoir Êcrire tout public, vous poussant ainsi à vous rabattre dans l'absurde, ce qui aurait plutôt ÊtÊ bÊnÊfique au final ? 
 Non, je pense que c'Êtait naturel. Personnellement j'aime bien ça [l'absurde]. En fait ce qu'on faisait en pratique c'est qu'on faisait une rÊunion ; y avait donc Philippe qui faisait les dessins, Franck Muller qui Êtait dessinateur aussi (il continue d'ailleurs à travailler chez Disney), Didier Le Bornec qui Êtait scÊnariste de BD, mais avec qui je faisais le texte du Couac. 
ÂŤÂ Câest bien celui qui faisait Michel Souris ? 
ÂŤÂ VoilĂ câest ça, celui qui a fait les histoires avec Michel Souris. Donc Didier et moi on s'occupait des textes. Parce quâen fait moi comme dessins, sur les dernières annĂŠes du Couac, je ne faisais plus que la BD de Popop, et sinon je m'occupais surtout des textes. Et puis quand on faisait une rĂŠunion donc, on dĂŠconnait beaucoup ! On notait des tas d'idĂŠes, et c'est souvent Ă ce moment-lĂ que ça partait un peu dans l'absurde. Je pense dâailleurs que c'est pour ça que les Couacs ĂŠtaient très absurdes : si on avait fait les choses chacun dans notre coin, ça aurait pas ĂŠtĂŠ pareil, mais lĂ du coup quand on partait et qu'on rigolait autour d'un sujet, forcĂŠment quand on tire sur la ficelle on trouve des trucs marrants, et au bout dâun moment ça devient de plus en plus absurde. Enfin, on avait que dix pages, donc on ne pouvait pas tout garder non plus. 
 Quel serait ton numÊro prÊfÊrÊ ? 
ÂŤÂ Bah je parlais du Mayoland ; câest vrai quâon s'ĂŠtait vraiment amusĂŠs Ă faire celui-lĂ . Y avait des ennemis qui faisaient du ketchup je crois, c'ĂŠtait n'importe quoi⌠Y avait des gisements de mayonnaise d'un cĂ´tĂŠ et des gisements de ketchup de l'autre et les deux pays se faisaient la guerre, alors ça c'ĂŠtait idiot (rires). Non mais bien-sĂťr y en a plein d'autres, je me souviens qu'on en avait fait un pour les tous petits qui s'appelait âPouicâ. 
ÂŤÂ Pouic oui, âle plus mignon des petits cannetonsâ ! 
 Voilà c'est ça, et celui-là Êtait vraiment dÊbile aussi. Pour faire simple, y en avait des moyens, et y en avait des ratÊs (rires), et puis y en avait des vraiment rÊussis je pense. 
 Tu disais que des fois vous Êtiez amenÊs à travailler un peu dans l'urgence ? 
ÂŤÂ Ah bah oui, c'ĂŠtait mĂŞme souvent ça. MĂŞme si c'ĂŠtait que tous les deux mois, très souvent on faisait la rĂŠunion du Couac très peu de temps avant de rendre pour que tout le monde soit dispo - c'ĂŠtait toujours le problème - donc parfois on faisait la rĂŠunion et puis on avait Ă peine quelques jours pour faire nos textes, les dessins et tout ça. A titre dâexemple, la BD de Popop je devais la faire en une heure Ă tout casser, je sais pas, enfin c'ĂŠtait toujours très très rapide. Et du coup finalement c'est pas mal quoi, quand on ne rĂŠflĂŠchit pas trop. C'ĂŠtait très spontanĂŠ le Couac, c'est ça qui ĂŠtait bien, mais on peut le faire parce que c'est un journal. Aujourd'hui c'est vrai que dans la BD, dans l'ĂŠdition, on fait des albums qui restent et tout, donc on fait plus attention Ă ce qu'on fait. Dans la presse, c'est pas pareil. Ăa veut pas dire qu'on bacle, c'est pas du tout ce que je veux dire ; c'est simplement qu'on travaille vite, et c'est pas grave si on est un peu Ă cĂ´tĂŠ de la plaque : le prochain numĂŠro sera mieux. 
 Question fatidique : pourquoi cet arrêt du Couac ? 
ÂŤÂ Je ne sais pas. Enfin y a eu un changement de direction du Super Picsou, et donc changement de rĂŠdaction comme ça arrive souvent dans les journaux. De toutes façons Ă partir du moment oĂš on change de rĂŠdac'chef dans un journal, y a toujours de trucs qui sautent. Surtout les choses qui sont lĂ depuis longtemps, ce qui ĂŠtait le cas quand mĂŞme du Couac. Et puis peut-ĂŞtre aussi quâon avait fait le tour de la question ; après tout ça a durĂŠ 15 ans, ce qui est plutĂ´t pas mal pour une rubrique dans un journal ! Câest pas moi qui ai dĂŠcidĂŠ de lâarrĂŞter, câest venu de la rĂŠdaction du Super Picsou. Ce qui est un peu dommage - enfin moi je reconnais que je lis plus trop Super Picsou â câest quâil aurait fallu que ce soit remplacĂŠ par autre chose, par une autre rubrique. 
ÂŤÂ Jâai lâimpression quâil y a moins de pages depuis, certaines pages se sont perdues. 
ÂŤÂ Bah, le problème dâun journal, câest que câest plus facile de mettre dix pages de BD de plus que de faire une rubrique comme ça, parce quâĂ lâĂŠpoque quand on faisait le Couac â câest plus le cas aujourdâhui, les enfants nâĂŠcrivent plus aux journaux â mais Ă lâĂŠpoque ouais, au dĂŠbut des annĂŠes 2000 franchement, la secrĂŠtaire elle venait nous voir rĂŠgulièrement et elle disait ÂŤ ah jâai reçu tant de lettres pour le Couac . Bon y avait des gamins qui ĂŠcrivaient pour dire ÂŤÂ dans Super Picsou ce que je prĂŠfère les histoires de Donald ou de Picsou , mais y en avait aussi plein qui ĂŠcrivaient en disant ÂŤÂ moi, ce que je prĂŠfère câest le Couac . CâĂŠtait sympa parce quâon avait un retour sur ce quâon faisait. Maintenant câest vrai que dans les enfants qui lisent Super Picsou je pense que peu ĂŠcrivent encore au journal. 
 Maintenant cela marcherait peut-être avec les rÊseaux sociaux qui sait ? 
ÂŤÂ Oui peut-ĂŞtre. Y a encore un peu dâenfants qui ĂŠcrivent chez Mickey parce quâils font des dessins, et pour quâils soient publiĂŠs dans le journal ils envoient un courrier quoi, mais câest sĂťrement plus rare quâauparavant. 
 Une dernière question : quels sont tes projets actuels ? 
ÂŤÂ Ah bah moi le gros de mon travail câest ma sĂŠrie ÂŤÂ Les Profs  chez Bamboo, jâen suis au tome 20 dĂŠjĂ Â ! Câest que je ne travaille plus du tout dans les journaux, dans la presse. Je ne fais presque plus que de la BD maintenant. Jâai bien dâautres projets en cours, indĂŠpendants de cette sĂŠrie, et puis je travaille encore un petit peu dans le Journal de Mickey parfois. Si je fais encore quelque chose dans Picsou ? Mais oui, je fais encore une petite BD qui sâappelle Magicland. LĂ aussi ça fait un certain temps, ça doit faire une quinzaine dâannĂŠes que je fais ça avec Yannick. Câest une petite BD-jeux quâon trouve Ă la fin du journal, mais je ne fais plus que ça dans Super Picsou. Par contre le Magicland a bien maigri ; il est passĂŠ de 6 pages Ă 4, et Ă 3 donc faut le savoir quâil y est encore (rires). En le feuilletant des fois on peut très bien ne pas tomber dessus ! 
 Toujours avec la petite sorcière, son dragon et son balai ? 
ÂŤÂ Absolument ! Bon bah alors du coup on continue ça je ne sais pas jusquâĂ quand, mais câest vraiment pour le plaisir. 
ÂŤÂ On en parle vite fait parce que tu as dĂť ĂŞtre impliquĂŠÂ : lâadaptation des Profs au cinĂŠma ? 
ÂŤÂ Ah bah jâai pas travaillĂŠ dessus directement, mais oui on a ĂŠtĂŠ consultĂŠ, on a ĂŠtĂŠ invitĂŠ, on a eu le scĂŠnario, on a donnĂŠ notre avis⌠si si bien sĂťr ouais. Ah bah câĂŠtait intĂŠressant, ça ĂŠvidemment. Quand on est adaptĂŠ au cinĂŠma câest un vrai plaisir. CâĂŠtait diffĂŠrent de la BD, mais câest pas grave parce que moi câest ça qui mâintĂŠressait ; câest le cĂ´tĂŠ justement adaptation, câest que ce soit pas la mĂŞme chose, et lĂ -dessus je trouve que câĂŠtait rĂŠussi. 
Propos recueillis par m_r1k, pour @couacarchiveâ
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